Accord de pêche « jugé scandaleux »: La représentation de l’Ue au Sénégal s’explique…




Le partenariat de pêche renouvelé entre le Sénégal et l’Union européenne (Ue) fait scandale depuis hier jeudi. ce vendredi, la représentation de l’Ue au Sénégal est sortie de son mutisme pour, dit-elle, faire des précisions. Pour elle, il s’agit d’un «accord de pêche transparent et réglementé».

«L’Accord de partenariat de pêche durable UE-Sénégal et son protocole de mise en œuvre garantissent un cadre légal, transparent, et assorti de contreparties gagnant-gagnant. Il participe à une meilleure gouvernance des océans et à la protection du secteur des pêches et des emplois qui en dépendent», indique la représentation.

Ressources ciblées

Mme Irène Mingasson, ambassadrice de l’Ue au Sénégal et ses services indiquent qu’il s’agit de s’assurer que les quotas de pêche alloués par le Sénégal aux bateaux européens correspondent à une ressource non ciblée par les pêcheurs sénégalais et disponible en quantité suffisante, en adéquation avec les principes d’une pêche durable et responsable. «Ces quotas concernent exclusivement des espèces bien déterminées (le thon et le merlu noir) et ne font pas l’objet de licences de pêches qui pourraient interférer avec la pêche artisanale sénégalaise», dit-elle dans un communiqué de presse parcouru par iGfm.

Faisant une petite comparaison, la représentation diplomatique indique que la pêche artisanale sénégalaise représente environ 400 000 tonnes débarquées par an alors que la pêche industrielle (nationale et étrangère) fait environ 100 000 tonnes. Et 25% des marins embarqués sur les navires européens sont de nationalité sénégalaise, dit-elle.

Le protocole en question

Quant au nouveau protocole qui fait débat, les représentants de l’Ue au Sénégal expliquent qu’il a été négocié en juillet 2019. «Ces négociations se sont appuyées sur une évaluation indépendante du protocole précédent (2014-2019) et les meilleurs avis scientifiques disponibles (sénégalais et européens), ainsi que sur des consultations menées avec les opérateurs et la société civile au Sénégal et en Europe. A la fin des négociations, le protocole d’accord doit encore être adopté par le Parlement européen, qui vient de donner son feu vert ce 12 novembre, puis par le Conseil des Etats membres de l’UE dans les prochaines semaines. Un processus de ratification est en cours en parallèle au Sénégal», argumentent-ils.

Les termes financiers

Sur le plan financier, Mme Irène Mingasson et ses services expliquent que le nouveau protocole représente un montant global de plus de 15,25 millions d’euros sur 5 ans, soit plus de 3 millions d’euros par an. Ce montant comprend une contribution financière annuelle de l’Ue de 1,7 millions, une autre de 1,35 million d’euros versé annuellement par les armateurs européens en contrepartie des licences, un appui sectoriel annuel de 900 000 euros par an à la bonne gouvernance dans le secteur des pêches du Sénégal etc.

5 ans pour 45 navires

De leur avis, la durée de 5 ans permettra «d’apporter la sécurité juridique pour les opérateurs et des garanties de financement stables pour le Sénégal, et l’accord apportera aussi une garantie d’emploi de marins sénégalais à bord des navires européens pour au moins un quart de l’équipage et des possibilités de pêches permettant de mener leur activité dans les eaux sénégalaises à maximum. «Ces 45 navires opèrent sur toute la longueur de la côte ouest-africaine, et ne sont donc pas concentrés au Sénégal», disent-ils.

Le Quota annuel

En ce qui concerne les quotas annuels, la représentation de l’Ue au Sénégal déclare que dans le nouveau protocole, qu’ils ont, plutôt, été revus à la baisse : à savoir 10 000 tonnes pour les thonidés (au lieu de 14 000 tonnes précédemment) et 1 750 tonnes de merlu noir (au lieu de 2 000 tonnes). Et des dispositions ont été introduites pour limiter les captures accidentelles d’oiseaux de mer et de mammifères marins. Surtout, le rôle des observateurs scientifiques a été renforcé.

Mais, ces termes de l’accord réussiront-ils à vraiment rassurer l’opinion ? Changeront-ils quelque chose au pillage continu des ressources halieutiques de ces dernières décennies et la situation catastrophique de la pêche au Sénégal, où les pêcheurs délaissent de plus en plus leur profession pour transformer leurs pirogues en embarcations vouées à l’immigration clandestine ?




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