L’ARMÉE DÉMENT ET ACCUSE DES PARTISANS DE JAMMEH




Une folle rumeur de coup d’Etat en Gambie circule depuis hier soir sur les réseaux sociaux. Ce présumé putsch aurait été orchestré par l’ancien chef d’état-major général de l’armée, Massaneh Kinteh, remercié récemment. Selon un enregistrement audio diffusé sur les réseaux sociaux, plusieurs autres dignitaires du régime seraient impliqués. Face à cette information pour la moins stupéfiante, le porte-parole de l’armée gambienne parle d’une « fausse information savamment orchestrée par des partisans de Jammeh ». Tandis qu’une source diplomatique du Sénégal en Gambie évoque « une fallacieuse rumeur peu probable ».

Tout est parti d’un enregistrement audio diffusé ce dimanche sur WhatsApp par un groupe de gambiens basés à l’étranger. L’alerte savamment orchestrée voudrait informer l’opinion que la hiérarchie de l’armée gambienne envisagerait de renverser le président Adama Barrow. A en croire l’alerte, dans ce plan ourdi depuis l’extérieur, Massaneh Kinterh, ancien chef d’état-major général de l’armée et plusieurs autres dignitaires du régime seraient impliqués. L’enregistrement évoque une prétendue cache d’arme dans un cimetière. Enfonçant le clou, l’audio signale qu’un véhicule rempli d’armes serait également entré en Gambie, en provenance de la Casamance voisine.

« Enfumage »

Une rumeur classique en Gambie qui rappelle de mauvais souvenirs sous les années de plomb de Jammeh où les putschs réels ou imaginaires foisonnaient.
Contacté ce matin, le porte-parole de l’armée gambienne, Lamin Sanyang, a démenti l’information. Pour lui, il s’agit ni moins ni plus d’une rumeur « non fondée, nulle et non avenue ». Il trouve d’emblée les coupables : des partisans de l’ex-président Jammeh basé à l’étranger sont à l’origine de cet « enfumage ».
Parmi ceux qui sont à l’origine de la fausse alerte, renseigne notre source figure Omar Sanneh, un ancien soldat de l’armée gambienne qui a trouvé refuge en Casamance en 2018. Une série d’arrestations avait été menée à l’époque après qu’un groupe de discussion sur WhatsApp entre soldats pour préparer un coup d’Etat avait été démantelé. Cette fausse alerte viserait-elle à semer la psychose en ce jour de reprise des auditions de la Commission vérité, réconciliation et réparations ?

Le porte-parole de l’armée indique que son institution ne se laissera pas distraire et rassure que la situation est sous contrôle. Par ailleurs, nos tentatives pour joindre le porte-parole du gouvernement sont restées vaines.