L’anti-victimisation, une vertu républicaine ?




Première partie du dossier “Pleurnicher pour mieux régner…dans les médias: une opération marketing condamnée à réussir?” Cette première partie analyse la manière dont les discours sur la « pleurniche victimaire » tendent à opposer deux catégories de « personnes issues de la diversité » selon l’attitude que ces dernières adoptent vis-à-vis des « postures victimaires »

De gauche à droite : Hapsatou Sy, entrepreneuse, chroniqueuse sur la chaîne de télévision C8 (Groupe Canal+) et écrivaine, Sonia Mabrouk, journaliste à la radio Europe 1, sur la chaîne d’information en continu CNews (Groupe Canal+) et écrivaine, Christine Kelly, journaliste à CNews et écrivaine.

Les discours sur la « pleurniche victimaire » tendent à opposer deux catégories de « personnes issues de la diversité » selon l’attitude que ces dernières adoptent vis-à-vis des « postures victimaires » :

Il y a tout d’abord les (mauvaises) minorités pleurnicheuses qui interviennent dans les médias (quand elles y sont autorisées) pour y dénoncer les discours anxiogènes dont les personnes « issues de l’immigration » (postcoloniale) sont la cible. En septembre 2018, Hapsatou Sy, entrepreneuse et chroniqueuse sur la chaîne C8 (groupe Canal+) fera une entrée tonitruante dans cette première catégorie après avoir commis un sacrilège que les identitaires ne lui pardonneront jamais : attaquer publiquement, et à plusieurs reprises, Saint Éric (Zemmour), patron des défenseurs de la France éternelle et des dissidents (en carton-pâte) payés et promus par un « système » qu’ils sont censés combattre.
La deuxième catégorie est celle des (bonnes) « minorités visibles » considérées comme parfaitement « intégrées » voire « assimilées », non seulement parce qu’elles rejettent catégoriquement toute forme de « posture victimaire », mais aussi parce qu’elles n’hésitent pas à tordre le cou aux idées « politiquement correctes ». Dans cette deuxième catégorie, on retrouve deux (très) « courageuses » journalistes de la chaîne d’information en continu CNews (groupe Canal+) : Sonia Mabrouk (jadis présentée comme « l’étoile montante du journalisme français ») et Christine Kelly, ancienne membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel et journaliste à CNews
Toutefois, comme nous le verrons à travers l’exemple des « gilets jaunes », le virus de la « pleurniche victimaire » est d’autant plus pernicieux qu’il peut contaminer massivement des « Français de souche ». Même les très courageux résistants de la « France identitaire »[1] ne sont pas épargnés ! D’où la Grande Question : et si les plus grands « pleurnicheurs » ne sont pas forcément ceux que l’on croit ?

Fustiger les (mauvaises) minorités pleurnicheuses…

Le 16 septembre 2018, l’éditorialiste Éric Zemmour, auteur de plusieurs best-sellers et habitué des plateaux de télévision, était invité dans l’émission Salut les Terriens (C8, groupe Canal+) dans le cadre la promotion de son dernier ouvrage (Destin français), paru aux éditions Albin Michel la même semaine.

Une occasion rêvée pour l’éditorialiste de livrer une de ces prestations « politiquement incorrectes » particulièrement appréciées par ses fans et qui en ont fait un des plus redoutables débatteurs du paysage audiovisuel français.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il avait jadis reproché à Rachida Dati (ministre de la justice de 2007 à 2009) de ne pas avoir donné un prénom « français » à son enfant, Zemmour évoque une tradition multiséculaire dont il regrette la disparition: « Normalement, chez moi en tout cas, depuis une loi de Napoléon Bonaparte qui a été abolie depuis 1993 par les socialistes, on doit donner des prénoms dans ce qu’on appelle le calendrier, c’est-à-dire, les saints chrétiens. » Interpellé par une des chroniqueuses de l’émission qui lui signale « je m’appelle Hasaptou », Zemmour répond sèchement : « Eh bien, votre mère a eu tort !».

S’en est alors suivi un échange mémorable qui a été abondamment commenté sur les réseaux sociaux.

Hapsatou Sy : « Ah bon, ma mère a eu tort ? »

Eric Zemmour : « Elle a eu tort ! »

Hapsatou Sy : « Vous voudriez qu’elle m’appelle Marie… »

Eric Zemmour : «Oui…»

Hapsatou Sy : « Ou des prénoms qui ne lui inspirent absolument rien ? ».

Eric Zemmour : « Absolument ! »

Hapsatou Sy : « Vous voudriez que je m’appelle comment ? »

« Corinne, ça vous irait très bien », finit par lâcher Zemmour, un brin moqueur, déclenchant ainsi les rires et les applaudissements du public. [2]

Bon, entre nous, je dois demander pardon à Hapsatou Corinne Sy, car, pour être tout à fait honnête, je dois avouer que sur ce coup, Éric Zemmour m’a quand même bien fait marrer ; ce qui est assez rare pour être signalé !

D’ailleurs l’éditorialiste soulève, certes sous une forme caricaturale et volontairement provocatrice, une problématique qui n’est pas tout à fait dénuée de fondement et résonne directement avec le vécu de centaines (de milliers ?) de personnes en France.

Ayant été habitué à voir mon nom très régulièrement écorché (je vais vous raconter un peu ma vie mais je vous rassure hein, ça sera très court^^)par des profs (à qui je ne jette absolument la pierre, bien au contraire !) ou, plus inquiétant, par des élus de la République, je me suis longtemps dit que si je m’appelais Benoit ou Bruno Mabille (plutôt que Bouna Mbaye), la vie en République serait, en effet, beaucoup plus facile.

Tout ça, c’était bien évidemment avant l’avènement du phénomène Kylian Mbappé ; ce génie du football dont le patronyme, très proche du mien, à deux lettres près (on n’est pas cousins, hein^^) est désormais mondialement connu. Et pour de bonnes raisons (je tiens à le préciser !). Merci Kylian ! En revanche, sur le prénom, l’interrogation subsiste d’autant plus que les anglophones continuent à le prononcer « Bawna » ; ce qui, quand on a un peu de culture historique, est assez agaçant…

Trêve d’humour (noir). Revenons à Hapsatou Sy.

Sur Twitter, le 16 septembre 2018, cette dernière annonce qu’elle songe à porter plainte contre Éric Zemmour : « Sur le plateau, explique la chroniqueuse de C8, j’ai subi des insultes graves ainsi que mes parents. Très affectée par la violence de la scène que j’ai eu à vivre et que vous n’avez pas vue ce soir, je réfléchis à quitter l’émission. »

Le 18 septembre, après avoir annoncé qu’elle allait « lâcher une bombe », Hapsatou Sy diffuse sur les réseaux sociaux, et malgré les risques encourus (les images étant la propriété de C8), une scène qui avait été coupée au montage de l’émission et dans laquelle la chroniqueuse exprimait son indignation face aux propos de son contradicteur d’un soir: «Jamais je n’ai entendu quelque chose d’aussi blessant parce que pour moi, qui aime ma France et ce pays, que ça vous plaise ou vous déplaise, je trouve que ce que vous venez de dire n’est pas une insulte à mon égard, c’est une insulte à la France !». La réponse cinglante d’Éric Zemmour tombera comme un couperet : « C’est votre prénom qui est une insulte à la France parce que la France n’est pas une terre vierge, c’est une terre avec une histoire et un passé. Les prénoms incarnent l’histoire de la France, votre prénom n’est pas dans l’histoire de la France ! ».[3]

Vu sous cet angle, la scène est en effet un peu (beaucoup ?) moins drôle (ça dépend pour qui, c’est vrai…)

Et on comprend mieux pourquoi Hapsatou-Corinne Sy tenait tant à rétablir son honneur face à un défenseur autoproclamé des bonnes vieilles traditions françaises ; un porte-voix de la « France profonde » dont le prénom semble néanmoins avoir été inspiré par un évêque suédois du 2e siècle, « Saint Éric, pour Éric IX, gendre du roi de Suède Smercher », qui est fêté le 18 mai, le même jour que les… Corrine 4

Toujours est-il qu’en cherchant à se défendre, Hapsatou Sy allait tendre le bâton pour se faire battre non seulement par Éric Zemmour, mais aussi et surtout par ses (très nombreux) soutiens inconditionnels. Ces derniers ne manquent jamais une occasion d’étriller les « minorités visibles » qui dénoncent régulièrement les discours racistes, et qui, pour les plus réfractaires d’entre elles, osent critiquer publiquement Saint Éric.

Le magasine Valeurs Actuelles, véritable repaire des zemmouristes qui dénonce très régulièrement les « postures victimaires » [5], à condition qu’elles n’émanent pas des personnalités très médiatisées que le magazine considère comme les « vrais » résistants antisystème (nous y reviendrons), se chargera de porter l’estocade contre Hapsatou Sy.

Le 21 septembre 2018, sous la plume de Raphaël Stainville, Valeurs Actuelles publie un article au vitriol contre Hapsatou Sy dans le but de révéler les non-dits d’une « véritable entreprise de victimisation à but lucratif ». [6] « La victimisation, écrit Rapahel Stainville, parfois, est un métier, une véritable entreprise de communication à but lucratif. Depuis quelques jours, Hapsatou Sy, l’une des chroniqueuses de l’émission les Terriens du dimanche, court de plateau en plateau, la larme à l’œil, pour dénoncer la violence d’Éric Zemmour à son encontre. »

Hapsatou Sy est ironiquement décrite par le journaliste comme « une nouvelle Rosa Parks (…) héroïne télévisuelle de l’anti-zemmourisme. » Interrogé par Valeurs Actuelles, certains participants à l’émission de C8 déclarent qu’ils sont déjà habitués au « terrorisme lacrymal » de la chroniqueuse. L’article se conclut en rappelant les « graves difficultés financières » [7]que Hapsatou Sy, « drapée dans sa posture de victime », aurait cherché à dissimuler ou combler (en cherchant, par exemple, à « monnayer » les images qu’elle a illégalement diffusées sur les réseaux sociaux), exerçant ainsi une forme de « chantage » à l’encontre de C8.

Pour mieux célébrer les (bonnes) minorités « anti-victimisation »

Fort heureusement, pour Valeurs Actuelles et les groupies du zemmourisme, il est possible de trouver, dans l’univers très fermé des médias mainstream, une autre catégorie de « minorités visibles » adhérant parfaitement aux valeurs de la République. Des personnalités publiques qui sont des modèles d’intégration et d’assimilation dans la mesure où elles ne sont pas, mais alors PAS-DU-TOUT, dans une quelconque « posture victimaire ».

C’est notamment le cas de Sonia Mabrouk, journaliste franco-tunisienne[8], qui présente plusieurs émissions sur la chaîne d’information CNews (Groupe Canal +) et la station de radio Europe 1. En 2017, Valeurs Actuelles la présentait comme « l’étoile montante du paysage audiovisuel français »[9]. Du très lourd, donc.

En mars 2017, Sonia Mabrouk accordait un entretien à Valeurs Actuelles dans le cadre de la promotion de Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille (Flammarion, 2017, « un livre d’entretiens avec sa grand-mère tunisienne » dans lequel elle aborde des sujets que personne d’autre avant la « journaliste vedette de Public Sénat et d’Europe 1 », n’avait osé traiter sérieusement : « identité, islam, terrorisme… » Dans le même article, on apprend que Sonia Mabrouk, qui fut « la première Tunisienne à présenter un journal télévisé en France »rompt radicalement avec « l’image communément admise de l’immigrée maghrébine » et « cultive une francophilie qu’on ne semble plus trouver que chez ceux qui ont vécu l’ailleurs ». Ses prises de position « courageuses » sur un certain nombre de sujets (citons, à tout hasard, l’identité, l’islam et le terrorisme) ont valu à Sonia Mabrouk des insultes particulièrement infamantes telles que « Arabe de service » ou « islamophobe». Contrairement aux minorités mal intégrées, Sonia Mabrouk, qui déclare appartenir à «une génération qui vient en France par choix et non par lien colonial » est non seulement cultivée, elle a également la « francophilie chevillée au corps ». C’est d’ailleurs ce qui expliquerait, d’après la journaliste, les nombreuses attaques dont elle fait l’objet : « on me reproche d’avoir fait des études et d’aimer mon pays ».[10] Doit-on en déduire que « l’image communément admise (on se demande par qui d’ailleurs^^) de l’immigrée maghrébine » est celle d’une personne qui, contrairement à Sonia Mabrouk, n’a pas fait d’études et déteste son pays ?

En 2018, Sonia Mabrouk élargira sa panoplie d’écrivaine en publiant un roman intitulé Dans son cœur sommeille la vengeance (aux éditions Plon pour ceux que cela intéresse^^).

Dans le cadre de la promotion médiatique de sa première œuvre de fiction, Sonia Mabrouk accordera un nouvel entretien à Valeurs Actuelles. La journaliste saisira l’occasion pour fustiger un traitement médiatique de l’information qui, selon elle, repose sur un deux poids deux mesures systématiquement défavorable aux catholiques : « Pendant trop longtemps, des émissions de télévision ont mis en avant les tenants de l’islam politique, des journaux de la presse écrite ont mis en exergue des gens au double discours, beaucoup de lumière a été mise sur ceux qui portent leur religion en étendard. En revanche, dès qu’il s’agit des catholiques, on fait comme s’ils n’existaient pas, comme s’ils étaient une minorité silencieuse… et, pis, on les rabaisse ! C’est une erreur condamnable, car ces valeurs chrétiennes peuvent constituer un projet contre l’islamisme. »[11] Face au déclinisme ambiant, Sonia Mabrouk a décidé de partir en guerre contre un certain nombre d’idées reçues et appelle les défenseurs des « valeurs et de la civilisation (judéo-)chrétiennes » à la remobilisation collective: « le déclin de la civilisation chrétienne n’est pas pour demain, contrairement à tous ceux qui affirment que tout est fichu et qu’une mort lente attend les valeurs judéo-chrétiennes… Je crois à l’inverse au sursaut, à la renaissance, à la continuité millénaire. (…) La civilisation chrétienne est forte grâce à ses valeurs. Elle survivra si les valeurs chrétiennes sont défendues et portées haut et fort par les chrétiens en France et ailleurs dans le monde. »[12]

En septembre 2019, c’est au tour de Paris Match d’interroger Sonia Mabrouk dans le cadre de la promotion de son troisième livre Douce France, où est passé ton bon sens ? (Plon) qui est présenté comme « un pamphlet contre les ravages du politiquement correct dans l’information » [13].

Dans cet entretien, la journaliste « piétine allègrement le politiquement correct » (rappel à ceux qui ne l’avaient pas déjà compris en lisant le chapeau d’introduction de l’article) et prévient que ses prises de position sur les thèmes qu’elle aborde dans son livre (médias, immigration, islam, politique) risquent de lui attirer quelques ennuis : « Nous avons tous peur lorsque nous disons ce que pensons. Il y a sans doute dans mon entreprise une forme d’inconscience. Si je réfléchissais aux conséquences, je travestirais mes idées, ce sont mes convictions profondes que je livre.» On ne peut en effet que s’incliner devant une initiative aussi courageuse qu’exceptionnelle. En effet, avant Sonia Mabrouk, il y avait seulement eu quelques dizaines d’articles, de chroniques et d’ouvrages qui, au cours de ces vingt dernières années, avaient vigoureusement dénoncé les « ravages du politiquement correct ». Dans cette interminable série, on peut notamment citer le livre du docteur en sociologie et essayiste québécois Matthieu Bock-Côté (L’empire du politiquement correct, éditions du Cerf) publié en mars 2019, quelques mois avant le livre de Sonia Mabrouk. D’ailleurs, l’article de Paris Match précise que quand Sonia Mabrouk déclare : « Le matin, au réveil, on se dit en se frottant les mains : “Qui va-t-on lyncher aujourd’hui ?” Dès que le choix est fait, c’est parti, on y va… », elle ne fait que rapporter « une réflexion dont son ami le journaliste québécois Mathieu Bock-Côté lui a fait part, et qui s’adapte parfaitement au climat français. » Entre amis, on s’échange les bons procédés, c’est bien connu hein : « je te tiens, tu me tiens, par la barbichette ». [14]

Sur l’immigration, Sonia Mabrouk s’insurge contre les « indignés sur commande » : « Qu’un pays ait peur du changement généré par le flot d’immigrés qui débarquent sur son territoire, c’est normal ! Chaque dirigeant doit pouvoir, pour garder l’équilibre chez lui, contrôler le niveau d’immigration qu’il juge acceptable et choisir la catégorie d’immigrants qu’il souhaite ». Face à un islam qui « montre des signes de fatigue », Sonia Mabrouk appelle à « christianiser l’islam et déculpabiliser le christianisme », une mission d’autant plus urgente que « la pérennité de la civilisation chrétienne permettra de préserver l’identité de la France ». [15]

Sous couvert d’en finir avec les « ravages du politiquement correct », Sonia Mabrouk ne fait qu’enfoncer un certain nombre de portes ouvertes.

Les propos de la journaliste franco-tunisienne sur l’immigration laissent en effet un arrière-goût de déjà vu, déjà lu, déjà entendu. En effet, des personnes issues de l’immigration qui s’attaquent à certains « non-dits » et autres « tabous » à propos de l’immigration, il y en a eu (beaucoup) d’autres avant Sonia Mabrouk (et nul doute qu’il y en aura beaucoup d’autres après elle).

Pour ne citer qu’un exemple, en 2009, un autre écrivain issu de l’immigration (sénégalaise cette fois-ci) avait été invité sur plusieurs plateaux de télévision pour y exposer ses idées « à contre-courant » sur l’immigration. Après avoir publié Soif d’Europe (éditions du Cygne, 2008), un récit autobiographique dans lequel il racontait comment il a rejoint clandestinement l’Europe à l’issue d’une périlleuse traversée en mer (dont il était le seul survivant !) et un calvaire qui aura duré plusieurs années, Omar Ba avait rencontré un certain succès suite à la publication en 2009 d’un essai intitulé Je suis venu, j’ai vu, je n’en veux plus (Max Milo,10 000 exemplaires vendus).

Les prises de position publiques de l’ex- immigré clandestin lui avaient valu des articles très élogieux dans la presse ainsi que plusieurs invitations sur les plateaux de télévision.[16] En 2010, le troisième livre d’Omar Ba (N’émigrez pas ! L’Europe est un mirage, JC Gawsewitch) était présenté, par son éditeur, comme « un texte à contre-courant des idées « bien-pensantes » sur l’immigration, le point de vue surprenant d’un immigré africain de 27 ans ». Dans sa croisade contre les « idées bien pensantes » sur l’immigration et les immigrés, le jeune écrivain sénégalais n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Omar Ba affirme que les Africains qui quittent tout pour venir en Europe perdent au change. Leur avenir est sur le continent noir.[17]L’immigration contribue à maintenir les populations africaines en position d’assistanat. (…) Omar Ba est contre les régularisations massives des sans-papiers, qui vont pousser de nombreux autres Africains à quitter leurs pays d’origine pour l’Europe en leur donnant de l’espoir, mais qui vont aussi priver les pays d’Afrique de leurs ressortissants. Au sujet des expulsions, il s’agit d’une sanction juridiquement approuvée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, cela ne devrait pas provoquer autant de remous. Pour Omar Ba, l’opinion publique choisit l’émotion (cas du renvoi des Afghans en décembre 2009). « Parfois il est salutaire de raccompagner l’étranger dans son pays », selon lui. (…) Selon Omar Ba, l’immigration ne doit pas être associée au racisme, c’est un problème socio-économique, à ne pas « racialiser » (ex : la chasse aux Camerounais menée en Guinée Équatoriale en mars 2004 : on a vu « des Noirs s’en prendre à d’autres » (…)»[18]. Voilà un manifeste qui aurait pu, qui aurait dû servir à en finir définitivement avec la « bien-pensance » sur les questions relatives à l’immigration!

Hélas, alors qu’il était en pleine ascension, l’édifice que le « courageux » Omar Ba avait construit autour de son personnage médiatique commença à s’effriter progressivement en 2009 avant de s’effondrer comme un château de cartes. Cette chute emporta sur son passage l’éphémère notoriété que le jeune essayiste de 27 ans avait acquise en tenant un discours qui , à l’époque, rompait radicalement « l’’image communément admise de l’immigré subsaharaien» (clandestin, qui plus est !).

En effet, au mois de juillet 2009, Benoit Hopquin, journaliste au quotidien le Monde, publiait une « contre-enquête sur un affabulateur » dans laquelle il révélait les nombreuses contre-vérités de celui qui « écume les plateaux de télévision et les radios, publie tribunes et entretiens, multiplie les conférences. »[19]. Selon Benoit Hopquin, l’épopée racontée par Omar Ba dans son livre Soif d’Europe. Témoignage d’un clandestin est « largement inventée. (…) Un récit à la première personne, truffé d’incohérences et d’anachronismes. Les descriptions des lieux, les noms des rues, les situations, en Libye, sur l’île italienne de Lampedusa, autour de l’enclave espagnole de Melilla, à Madrid, aux Canaries ou à Paris ne collent pas. Certains centres de rétention administrative n’existaient même pas au moment où il est censé les avoir fréquentés. La présentation des procédures espagnoles ou italiennes est fausse. » Mis face à ses contradictions, Omar Ba finit par faire quelques concessions : « Non, il n’a jamais été en Libye ni sur l’île italienne de Lampedusa. Non, il n’a jamais dormi dans les rues de Paris, n’a jamais été arrêté ni expulsé. Oui, il était bien étudiant à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, de 2001 à 2003. Oui, il est bien arrivé en France en 2003 avec un banal visa d’étudiant et a suivi pendant deux ans des cours de sociologie à l’université de Saint-Etienne. » Ses éditeurs se diront « surpris » (Max Milo) ou « embarrassés » (les éditions du Cygne) par les révélations sur le véritable parcours d’Omar Ba.[20]

Cette anecdote franco-sénégalaise a au moins le mérite de souligner que les discours « anticonformistes » sur l’immigration émanant de personnes elles-mêmes issues de l’immigration ne sont pas aussi rares et singuliers qu’on ne le prétend. Ceci explique sans doute peut-être pourquoi certains livres (comme celui de Sonia Mabrouk par exemple ?) n’ont pas rencontré le « buzz » et le succès éditorial espérés. Le recyclage du déjà-vu peut en effet susciter une forme de lassitude qu’il est parfois difficile de surmonter, même avec un coup de pouce de Valeurs Actuelles.

En Septembre 2019, Sonia Mabrouk accordait en effet une autre interview à Valeurs Actuelles (histoire de changer un peu^^) pour la promotion de son « pamphlet contre les ravages du politiquement incorrect dans l’information », mais aussi en réaction à « l’affaire Thuram »[21] qui avait inspiré au magazine un dossier sobrement intitulé « Les racistes anti-blancs ».

Dans le cadre d’un entretien très complaisant et sur fond de promotion éditoriale, Sonia Mabrouk se saisissait de la polémique suscitée par les propos de Thuram pour régler définitivement son compte à l’antiracisme : « L’antiracisme actuel est l’une des plus grandes perversions qu’il y ait dans notre débat public, politique et sociétal. C’est très difficile d’opposer des arguments à ces militants, parce qu’ils vous répondront toujours qu’ils sont l’antiracisme. Mais aujourd’hui, l’antiracisme est entièrement dévoyé, ils sont eux-mêmes devenus les porteurs et les vecteurs d’un autre racisme. Quand on dit “les Blancs”, on véhicule les germes d’un racisme installé.»[22] Ainsi, par un incroyable retournement, l’antiracisme est devenu le nouveau racisme. Cette rhétorique, qu’il faut savoir défendre quand on aspire à bénéficier d’une promotion de la part de Valeurs Actuelles, n’est pas tout à fait nouvelle. Au début des années 1950, le psychiatre, essayiste et militant anticolonialiste Frantz Fanon observait déjà qu’« assez inattendument, le groupe raciste dénonce l’apparition d’un racisme chez les hommes opprimés » [23]. Près de 70 ans après la publication du livre de Fanon, cette observation est plus que jamais d’actualité ; reste à déterminer qui, dans la France d’aujourd’hui, forme le « groupe raciste » et qui sont les « hommes opprimés »…

A la question « Pourquoi l’intégration a marché avec vous mais pas avec d’autres ? » Sonia Mabrouk dévoile les ingrédients d’une intégration réussie. L’intégration passe certes par l’éducation, l’amour des livres, mais aussi et surtout par le refus d’un autre travers, plus pernicieux : « Je n’ai jamais été dans une posture victimaire, même quand il y a eu des difficultés. Peut-être que j’en ai eu moins que les autres mais j’en ai eu quand même. Je ne les transforme pas en arguments pour dire : regardez, c’est la faute aux autres. Je me dis « qu’est-ce qui ne va pas chez moi pour avancer ? Peut-être que ce cocktail-là fait qu’on peut s’intégrer plus facilement adhérer aux lois de la République. » [24]

Alors, les (fil-le-s d’) immigrés récalcitrants, vous avez compris là ? Le problème, c’est que vous passez trop de temps à vous VIC-TI-MI-SER! Et ça fait beaucoup trop longtemps que ça dure ! On vous l’a dit et répété des milliers de fois, mais vous êtes têtus comme des mules…

Quoi ? Comment ? Vous en avez marre des racailles en col blanc qui passent leur temps à vous cracher dessus dans les médias ? Eh bien, il faudra apprendre à vous y faire car ces racailles des plateaux télé, personne ne viendra vous en débarrasser ! Et même les décisions de justice ne suffiront pas à les nettoyer au karcher…

Si, malgré des diplômes en béton et des compétences avérées, un employeur refuse de vous donner votre change en invoquant, par exemple, son droit zemmourien à refuser de recruter des « Noirs et des Arabes », n’allez surtout pas « pleurnicher » mais demandez-vous plutôt: « qu’est-ce qui ne va pas chez moi pour avancer » ? La coupe afro en mode « Black Panthers , peut-être ? Des poils qui poussent dangereusement au niveau du menton ? Un prénom ou un nom de famille difficiles à prononcer ? Prenez-en un dans le calendrier chrétien, wesh !

Demandez-vous également quel type de cocktail vous pouvez préparer pour « mieux adhérer aux lois de la République ». Il faudra renoncer d’urgence à la chorba (gauche harissa) ou au thieb.

Tant qu’on y est, pourquoi diable vouloir être salarié quand on peut être son propre patron ? Chauffeur Uber ? Ah, voilà une bonne idée pour « sortir du bendo »[25] et de la routine victimaire qui vous fait dire : « Ah, n’y a pas de taff, cousin ! C’est la hass, la lère-ga pour tout le monde! C’est la faute aux autres, à l’Etat ! TMTC, la mif[26]… ». Tout ça, c’est de la pleurniche, Morray! [27] Le changement (d’une posture victimaire à une posture Ré-pu-bli-caine), c’est… Bon en fait, c’était bien avant mais il n’est pas trop tard pour bien faire !

Près d’un an après sa parution, le «pamphlet contre les ravages du politiquement incorrect » de Sonia Mabrouk n’avait (toujours) pas déclenché la polémique et les levers de boucliers qu’elle nous avait pourtant prédits. La presse ne s’est toujours pas faite l’écho d’ennuis professionnels pour la journaliste. Mais n’étant pas dans l’intimité des rédactions de CNews et d’Europe 1, difficile de savoir ce qui s’y passe au quotidien ; peut-être qu’à la cantine, certains collègues refusent désormais de s’asseoir à la table de Sonia Mabrouk… Dans tous les cas, le coup du « je vais avoir des problèmes si j’en parle mais je vais en parler quand même », c’était tout de même bien tenté.

Dans un autre registre et sur un autre sujet, la journaliste Christine Kelly (qui « cartonne » désormais sur C News où elle bat des records d’audience[28]) mettait en garde contre certaines formes de victimisation dans le domaine du sport féminin.

A la question « quand aurons-nous également franchi le cap de l’égalité hommes-femmes dans la société en général et dans le sport en particulier ? », Christine Kelly se réjouissait d’abord du fait qu’on ne se référait plus à elle comme « La journaliste noire » avant de partager sa conception du combat féministe : « Arrêtons la Journée de la Femme ! Je suis contre le féminisme dans la revendication négative, mais je suis pour la reconnaissance. Oui au coup de projecteur, non aux quotas ! Mettons en avant les sportives et les femmes dans le sport qui le méritent. Donnons-leur leur chance quand elles ont la compétence. N’allons pas les chercher si elles ne l’ont pas. Je me suis beaucoup bagarrée au CSA sur cette question : on parle plus des sportifs hommes même quand ils perdent que des femmes quand elles gagnent. C’est injuste, donc il faut corriger cette injustice. Mais ne procédons pas par victimisation. »[29]

Bon, je me garderai de donner des leçons de morale aux adeptes du « féminisme dans la revendication négative » comme je l’ai fait plus haut, pour mes cousins immigrés (et leurs descendants vivant en France).

Procéder ainsi reviendrait à contrevenir à une tradition qui, pour le coup, est bien française, et universellement reconnu comme telle : la courtoisie.

Courage intellectuel ou contrainte professionnelle ? Les faux-semblants de l’antivictimisation médiatique

Les discours « à contre-courant » de « minorités visibles » médiatisées comme Sonia Mabrouk ou Christine Kelly sont souvent saluées (notamment dans leur microcosme médiatique) comme des positions « courageuses ». Toutefois, au regard de leur situation professionnelle, force est de constater que les deux journalistes n’ont pas vraiment le choix…

Peut-on vraiment s’offrir le luxe de se complaire dans des « postures victimaires » en dénonçant, par exemple, ces médias qui rémunèrent les colporteurs de discours haineux quand on est soi-même employé par une chaine d’information qui bat des records d’audience grâce à un éditorialiste condamné à plusieurs reprises pour « provocation à la haine raciale » ?

Imagine-t-on un journaliste du Figaro rédiger un article à charge contre le groupe industriel Dassault ou Valeurs Actuelles réaliser une enquête critique sur les très juteux contrats d’armement de son propriétaire avec certaines pétro-monarchies du Golfe? Ou encore la chaîne Canal + passer un reportage sur les affaires du milliardaire Vincent Bolloré dans certains pays d’Afrique, au Togo par exemple ? Bon, en fait, le dernier scénario envisagé ne relève pas que de la fiction. En décembre 2017, Canal + a effectivement diffusé un reportage sur les liens de Bolloré avec le président du Togo, Faure Gnassimbé. Résultat : « une mini purge » ; les 2 salariés qui ont « laissé passer » le reportage ont tout bonnement été virés.[30]

Dans le groupe Canal+, les « postures victimaires » se payent au prix fort. En 2016, des journalistes de la chaine iTélé (devenue CNews en février 2017) ont cédé aux sirènes de la victimisation en revendiquant notamment des garanties sur leur indépendance. Ils ont ainsi déclenché une grève de 31 jours (la plus longue pour une chaîne privée) ayant conduit à une véritable hécatombe : « un an après, la défection est massive : la quasi-totalité des journalistes d’iTELE est partie, soit une centaine sur 120 au total, pigistes compris, selon les anciens grévistes. »[31]

Conclusion : on ne chie pas où on mange. Surtout pas en temps de pandémie. On aurait donc tort d’en vouloir à Sonia Mabrouk et à Christine Kelly de ne pas faire trop de vagues victimaires. Il est tout à fait normal qu’elles souhaitent préserver leur notoriété médiatique ainsi qu’une sécurité économique si durement acquises. Qui aurait fait autrement à leur place ?

En revanche, on ne peut que leur recommander de sortir de temps en temps de leur bulle parisienne…

Cela leur permettrait, par exemple de se rendre compte que de très nombreuses personnes issues de l’immigration et/ou des minorités visibles qui sont parfaitement « intégrées » n’ont rien, mais alors strictement RIEN A FOUTRE des brevets de francité délivrés par CNews ou des certificats de bonne intégration/assimilation estampillés « Valeurs Actuelles Poubelle ». Parmi les personnes « issues de la diversité » certaines ont accédé à la classe moyenne voire à une certaine forme de bourgeoisie. Il est vrai qu’on trouve dans cette première catégorie, des personnes qui regrettent le fait qu’elles ne sont pas toujours considérées comme des Français à part entière. Mais elles ne vont pas forcément « pleurnicher » sur les plateaux de Sonia Mabrouk ou de Christine Kelly. [32]

Parmi les personnes issues de l’immigration, d’autres, sans doute beaucoup plus nombreuses, appartiennent fièrement à des classes populaires que l’on voit et entend très peu malgré un bref regain de visibilité dans le sillage de l’extraordinaire sursaut des gilets jaunes. Tiens, puisqu’on parle des gilets jaunes, doit-on considérer que ces derniers ont été contaminés par le virus de la « posture victimaire » ?

Les gilets jaunes ont-ils chopé le virus de la “pleurniche victimaire” ?

En effet, au lieu de revendiquer bruyamment leur droit à vivre, à être traités avec dignité et de dire « regardez, c’est la faute aux dirigeants si on n’arrive pas à finir les fins de mois et si on n’arrive pas à nourrir nos enfants !», n’auraient-ils pas mieux fait de se demander individuellement, à l’instar de Sonia Mabrouk : « qu’est-ce qui ne va pas chez moi, pour avancer ? » Ou encore : « est-ce que je ne pourrais pas faire quelque chose pour améliorer ma situation personnelle au lieu de critiquer le gouvernement ?» Je ne sais pas moi, traverser la rue pour trouver un (meilleur) travail par exemple ?

N’était-il pas préférable de rester chez soi plutôt que d’aller manifester pour ensuite se « victimiser » en dénonçant, par exemple, les violences policières. On se souvient qu’un syndicaliste policier avait déclaré, sur le plateau de CNews (où certains osent tout), à propos d’un gilet jaune dont la main avait été arrachée par une grenade : « Il cherche sa perte le type, au bout d’un moment il faut le dire. Si la grenade lui était directement arrivée dans la main, oui on pourrait se poser des questions. Mais là, il se penche, il récupère [la grenade, ndlr]. Je vais être très cru, mais c’est bien fait pour sa gueule ![33]».

Les champions de la « pleurniche victimaire » ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

En réclamant ce qui leur revenait pourtant de droit, les gilets jaunes semblent ainsi avoir sombré dans les travers de la « posture victimaire ». Ont-ils été influencé par les techniques de certaines « minorités pleurnicheuses» ? A moins qu’ils n’aient été inspirés par une mouvance identitaire qui a érigé la pleurniche victimaire au rang d’art martial. Ainsi, le magazine Valeurs Actuelles a beau pester contre les “postures victimaires” ; il en est pourtant un des plus grands spécialistes.

Les journalistes du magazine, qui sont si prompts à dégainer des “dossiers choc” sur l’immigration et les banlieues n’ont sans doute jamais entendu parler de ce proverbe pourtant bien connu dans la France des quartiers: « Anti-victimisation bien ordonnée commence par soi-même! »

Affaire à suivre…

Bouna C.E Mbaye

[1] Eric Dupin. La France identitaire. Enquête sur la Réaction qui vient. La Découverte, 2017.

[2] « L’affaire Hapsatou Sy – Eric Zemmour ». Les Terriens du Dimanche, 16/09/2018. La vidéo est disponible sur la chaîne Youtube de l’émission « Salut les Terriens ». https://www.youtube.com/watch?v=xFZehICfmNk.

[3] « Clash avec Eric Zemmour : Hapsatou Sy diffuse les images coupées et menace Ardisson ». Pari Match, 18/09/2018. En ligne : https://www.parismatch.com/Culture/Medias/Clash-avec-Eric-Zemmour-Hapsatou-Sy-diffuse-les-images-coupees-et-menace-Ardisson-1575194

[4] « Eric Zemmour suggère à Hapsatou Sy de s’appeler Corinne, prénom de “saint chrétien”… qui n’en est pas un ». Huffington Post, 19/09/2018. En ligne : https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/19/zemmour-suggere-a-hapsatou-sy-de-sappeler-corinne-prenom-de-saint-chretien-qui-nen-est-pas-un_a_23532276/

[5] Voir le dossier « Victimisation » sur le site de Valeurs Actuelles. https://www.valeursactuelles.com/taxonomy/term/13871

[6] Raphaël Stainville. « Victimisation à but lucratif : comment Hapsatou Sy a prémédité son clash avec Eric Zemmour. » Valeurs Actuelles, 21/09/2018. En ligne : https://www.valeursactuelles.com/societe/info-va-victimisation-lucratif-comment-hapsatou-sy-premedite-son-clash-avec-eric-zemmour-99167

[7] Le 18 septembre 2018,Thierry Ardisson, animateur de l’émission Salut les Terriens, avait déjà « taclé » Hapsatou Sy sur CNews en soulignant notamment ses « problèmes d’argent » : « Si elle revient pas, elle revient pas. Si elle revient dans un bon esprit, je veux bien, mais pour nous faire des scènes comme ça, ce n’est pas la peine. (…). Comme elle a pas mal de problèmes d’argent, qu’elle a du mal à payer ses impôts, on lui a avancé 6 émissions. Je ne connais pas beaucoup de productions sur Paris qui le font”. Voir « Hapsatou Sy diffuse les images coupées par C8, alors qu’Ardisson la tacle sur ses “problèmes d’argent” ». Huffington Post, 18/09/2018. En ligne : https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/18/hapsatou-sy-diffuse-les-images-coupees-par-c8-alors-quardisson-la-tacle-sur-ses-problemes-dargent_a_23530841/

[8] Cette formulation ne relève pas d’une « assignation à résidence identitaire ». Sonia Mabrouk est en effet souvent présentée comme une journaliste « franco-tunisienne » dans de nombreux articles de presse, y compris ceux qui, dans les colonnes de Paris Match ou de Valeurs Actuelles, lui sont souvent très favorables.

[9] « Sonia Mabrouk, l’étoile montante du journalisme français ». Valeurs Actuelles, 12/03/2017. En ligne : https://www.valeursactuelles.com/societe/sonia-mabrouk-letoile-montante-du-journalisme-francais-72145

[10] « Sonia Mabrouk, l’étoile montante du journalisme français ». Valeurs Actuelles, 12/03/2017. En ligne : https://www.valeursactuelles.com/societe/sonia-mabrouk-letoile-montante-du-journalisme-francais-72145

[11] Charlotte d’Ornellas et Geoffroy Lejeune « Sonia Mabrouk : “La civilisation survivra si les valeurs chrétiennes sont défendues”. Entretien pour Valeurs Actuelles, 05/05/2018. En ligne : https://www.valeursactuelles.com/societe/sonia-mabrouk-la-civilisation-survivra-si-les-valeurs-chretiennes-sont-defendues-95296

[12] Ibid.

[13] « Sonia Mabrouk veut réveiller les Français. » Paris Match, 16/09/2019. En ligne : https://www.parismatch.com/Culture/Medias/Sonia-Mabrouk-veut-reveiller-les-Francais-1646775

[14] Sur la quatrième de couverture du livre de Mattieu Bock Coté (L’empire du politiquement correct, Cerf, 2019), on peut lire : « En observateur averti et en penseur accompli, Mathieu Bock-Côté décrypte ici les lois explicites et implicites qui régentent la vie publique. Il passe au crible les critères de la respectabilité politique. Il analyse le traitement médiatique réservé à un Alain Finkielkraut, un Michel Onfray ou encore un Éric Zemmour en France (…) ». https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/18671/l-empire-du-politiquement-correct. En mai 2020, Michel Onfray annonçait le lancement d’une revue intitulée « Front Populaire ». Parmi les auteurs de la revue, on retrouve un certain…Matthieu Bock-Côté ! Intéressant comme renvoi d’ascenseur, non ? https://frontpopulaire.fr/p/auteurs

[15] « Sonia Mabrouk veut réveiller les Français. » Paris Match, 16/09/2019. En ligne : https://www.parismatch.com/Culture/Medias/Sonia-Mabrouk-veut-reveiller-les-Francais-1646775

[16] Eric Fassin. « Omar Ba, une imposture bonne à entendre ». Regards, 01/09/2009 http://www.regards.fr/archives/nos-regards/eric-fassin/omar-ba-une-imposture-bonne-a,4258

[17] Rappelons qu’à l’époque des faits, Omar Ba était installé en France depuis plusieurs années et n’avait pas encore mis en pratique ce qu’il préconisait aux « Africains qui quittent tout pour venir en Europe ».

[18] Catherine Mauzaric. Mobilités d’Afrique en Europe. Récits et figures de l’aventure. Karthala, 2012.

[19] Benoît Hopquin. Contre-enquête sur un affabulateur. Le Monde, 07/07/2019. En ligne :https://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/07/contre-enquete-sur-un-affabulateur_1216190_3224.html

[20] Ibid

[21] Début septembre 2019, interviewé par le journal italien Corriere dello sporte, l’ancien footballeur international avait notamment déclaré « il y a du racisme dans la culture blanche ». Le principal intéressé avait ensuite affirmé que ses propos avaient été mal compris, sortis de leur contexte,déformés. Trop tard ! Thuram avait, déclenché, malgré lui, une polémique dont le magazine Valeurs Actuelles, toujours à l’affut pour flétrir les minorités qui dérapent ou se « victimisent », s’était fait l’écho.

[22] Charlotte d’Ornellas et Geoffroy Lejeune. « Sonia Mabrouk : “L’antiracisme actuel est l’une des plus grandes perversions de notre débat public ». Valeurs Actuelles, 11/09/2019. https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/sonia-mabrouk-lantiracisme-actuel-est-lune-des-plus-grandes-perversions-de-notre-debat-public-110633

[23] Frantz Fanon. Peau noire, masques blancs (1952) cité dans Sylvie Laurent (dir) et Thierry Leclère (dir). De quelle couleur sont les blancs. Des « petits blancs des colonies au « racisme anti-blanc ». La Découverte, 2013.

[24] Sonia Mabrouk : “je n’ai jamais été dans une position victimaire.” Entretien pour Valeurs Actuelles, oublié le 17/09/2019. En ligne: https://www.youtube.com/watch?v=h2MHWVgQZbI

[25] Foussin Sortir du bendo [ Clip officiel]. https://www.youtube.com/watch?v=mwU6KliTOZ0

[26] Petite traduction pour celles et ceux qui ne parlent pas ou ne comprennent pas le « banlieusard ». Hass= galère ou lère-ga en verlan. TMTC= toi-même tu sais. Mif= la famille.

[27] Morray= pote, poto, sos, reuf (ou reus), boug.

[28] « Face à l’info : Eric Zemmour défend Génération Identitaire, Christine Kelly cartonne en audience ». Toutelatele, 16/06/2020. En ligne : https://www.toutelatele.com/face-a-l-info-eric-zemmour-defend-generation-identitaire-christine-kelly-cartonne-en-audience-120621

[29] « Christine Kelly : Arrêtons la Journée de la Femme ! ». Interview pour Women Sports, 20/08/2018 https://www.womensports.fr/christine-kelly-arretons-la-journee-de-la-femme/

[30] « Censure sur Canal+ : Vincent Bolloré dans le viseur de Reporters sans frontières ». Télérama, 20/12/2017. En ligne: https://www.telerama.fr/medias/vincent-bollore-dans-le-viseur-de-reporter-sans-frontieres,n5409042.php

[31] « Un an après sa grève historique, iTELE devenue CNews reste dans le flou ». Sud Ouest, 27/10/2017. https://www.sudouest.fr/2017/10/27/un-an-apres-sa-greve-historique-itele-devenue-cnews-reste-dans-le-flou-3898838-4693.php

[32] Jean Beaman. Citizen Outsider: Children of North African Immigrants. University of California Press, 2017.

[33] « Main arrachée à Paris: «Bien fait pour sa gueule», lance un syndicaliste policier ». Sputnik, 12.02.2019. En ligne : https://fr.sputniknews.com/france/201902121039998482-main-arrachee-paris-syndicaliste-policier/




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