Le coup de gueule de Cheikh Gueye: «Nous allons enterrer des morts et des morts sous peu si… » (Entretien)




A pied d’œuvre dans sa circonscription depuis l’entrée du covid-19 au Sénégal, Cheikh Gueye, le maire de Dieuppeul Derkler, est inquiet. Sa commune a été touchée par l’effusion de la contamination du covid-19 par voie communautaire. Et chez nos concitoyens, le respect des mesures barrières est actuellement très timide. Dans cet entretien avec iGfm, il pousse un véritable coup de gueule.

Monsieur le maire quel est l’état d’esprit qui prévaut chez vous après la découverte de ce cas communautaire ?

J’ai accueilli cette nouvelle avec beaucoup de surprise et d’étonnement. Mais aussi de responsabilité. Parce qu’au regard des informations distillées chaque jour par le ministère de la Santé, je pense qu’à l’heure actuelle, le plus important c’est de faire dans la sensibilisation.

Quel sentiment vous habite aujourd’hui ?

Le sentiment qui m’habite, c’est que les sénégalais ne sont pas conscients de l’ampleur de cette pandémie. Et si on n’est pas à un certain niveau de conscience, nous allons enterrer des morts et des morts sous peu.

Pourquoi monsieur le maire ?

Là où je vous parle je suis au marché de Castor. Je vois des personnes qui vont et viennent sans le port de masque alors que le port de masque doit être obligatoire. J’ai entendu le chef de l’Etat et je suis favorable à ses mesures. Le couvre-feu ne suffit pas pour stopper la progression de la pandémie. Il faut aller même vers un confinement.

Le confinement total ?

Je suis d’accord. Que toute activité cesse et que les gens restent chez eux. Si ce n’est pas quelque chose d’important qu’on reste chez soi. C’est un problème de conscience et surtout de responsabilité. Nous, nous faisons ce que nous pouvons, avec les services de l’Etat mais véritablement c’est un souci. La mobilité le jour, tan que les gens vont et viennent ; les regroupements sont encore là, les gens s’entrelacent, s’embrassent, vivent comme ils vivaient avant la pandémie. C’est un danger qui nous guette.

Et comment se passe la prise en charge de votre cas communautaire ?

C’est au niveau sanitaire qu’est effectuée la prise en charge. Les services compétents sont en train de prendre toutes les dispositions pour régler cela.

Derkler est une cité carrefour. Cela ne vous fait-il pas craindre le pire ?

C’est beaucoup de craintes. Aujourd’hui Derkler est le carrefour de Dakar. C’est un passage obligatoire. Si la pandémie ne s’arrête pas, c’est véritablement une bombe. Je pense qu’à tous les niveaux il faut agir quand il est temps pour arrêter cette pandémie.

Votre message à vos administrés ?

Moi je pense qu’on a beau parler de sensibilisation, mais vous savez que la sensibilisation c’est un état d’esprit. Quand on est à un certain niveau on ne peut pas comprendre.

Je sors d’une boulangerie où la personne qui est sensée vendre le pain c’est la même personne qui récupère l’argent. Je le lui dis mais elle me parle d’emplois supplémentaires et de je ne sais quoi. J’étais obligé d’appeler la police. Les gens doivent aller vers des mesures plus graves. Parce qu’ils ne sont pas conscients du danger qui les guette.