Médicament Ou Vaccin, Quel Remède Pour Le Cas Communautaire Au Palais




Les Sénégalais n’en n’avaient pas fini avec Mansour FAYE et l’aide alimentaire qu’un décret couvrant d’or les anciens présidents du CESE fuite les scandalisant davantage. Et pendant que la polémique SENELEC-Akilee, qu’il ne cherche absolument pas à faire taire, prend de l’ampleur et occupe plus d’espace médiatique, le président SALL prolonge le couvre-feu après avoir décrété la réouverture des écoles. Au même moment, au ministère de la Santé, les communiqués annonçant les morts et les contaminés se multiplient. Voilà le ténébreux tableau peint par Macky SALL qui a accentué le noir pour que personne n’y voit plus rien, notamment les décisions qu’il a prises lors du Conseil des ministres du mercredi 20 mai 2020.

Dans presque tous les pays, la pandémie du Coronavirus est perçue tel un mal nécessaire. Naturel ou créé, le virus a poussé ces gouvernants à diagnostiquer également leur système de santé en vue d’en déceler les éventuels manquements à corriger. Cela qui semble d’une logique élémentaire est pourtant hors de portée du Sénégal. Les véritables questions sont occultées, certaines comme le relèvement des plateaux médicaux rendues taboues. Ainsi, tous les matins, Abdoulaye DIOUF SARR ou l’un de ses collaborateurs s’amène à la télévision pour lire un communiqué dont seuls les chiffres et la date changent.

Pour focaliser l’intérêt des Sénégalais sur les futilités, il n’a pas seulement fallu la démission de l’opposition piégée par un insincère «appel de la Nation ». Le cynisme de Macky SALL a aussi été d’un grand concours. En effet, en pleine crise sanitaire, alors que les Sénégalais sont invités à se cotiser pour combattre le Coronavirus, le président de la République signe un décret accordant des privilèges aussi énormes qu’indus aux anciens présidents du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Pour ceux-là qui ne digéraient toujours pas le riz de Mansour FAYE, c’est la goutte d’eau de trop suffisante pour inonder les plateaux de télévision de récriminations que le faux démenti du Pole de Communication de la présidence de la République n’a pas atténuées. C’est ce Macky SALL qui a déclaré que le Sénégal est en guerre, envoyant des millions de Sénégalais non pas au front mais un peu plus dans la misère qui observe, jouant tranquillement au ludo, la SENELEC, une entreprise publique, et Akilee s’entredéchirer par presse interposée.

Toutefois, cette cacophonie, qui fait que personne n’y comprend plus rien, qui exaspère les Sénégalais déroutés par les scandales qui se succèdent, incommode tout le monde sauf le président SALL qui s’y sent tel un poisson dans l’eau.  C’est ce tintamarre qui a détourné les attentions des décisions entérinées par la réunion du Conseil des ministres du mercredi 20 mai 2020. Selon le communiqué du gouvernement, « le Conseil a examiné et adopté le Projet d’ordonnance aménageant des mesures dérogatoires relatives à l’utilisation de MEDICAMENTS pour le traitement de la Covid-19, durant la période de la pandémie». Les termes sont bien choisis. Depuis que Jean-Paul Mira a vendu la mèche, les Sénégalais sont en alerte et ne veulent pas entendre parler de VACCIN. C’est donc de MEDICAMENTS et non de VACCIN dont il est question pour une maladie infectieuse dont personne n’a encore le remède.  Et pourtant les deux termes renvoient à la solution que les Africains en général redoutent.  Le médicament étant défini comme : « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique». De quel médicament s’agit-il? Jusque-là il n’y en a pas. Et six jours après l’examen et adoption du Projet d’ordonnance, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait la suspension de toutes les études menées avec l’hydroxychloroquine et la chloroquine. Le Sénégal a donc entériné l’utilisation d’un médicament qui n’existe pas encore. Soit mais à qui prescrire ce médicament si tous les patients qui souffraient de Coronavirus sont guéris ? Démontrer que le virus fait des dégâts en testant même des cadavres ne suffit pas. Et c’est là qu’interviennent les mesures d’assouplissement décidées par le président SALL.

Le 23 mars 2020, le chef de l’Etat, s’adressant à la Nation, déclarait l’état d’urgence. « Face au péril, l’état d’urgence nous donne les moyens de renforcer nos rangs et d’intensifier nos efforts de lutte pour vaincre notre ennemi commun », avait-il soutenu. Le Sénégal comptait alors 79 cas confirmés. Le 11 mai 2020, alors que le pays totalisait en cette seule journée 177 cas, le président SALL  lance le relâchement national et après avoir décidé de rouvrir les écoles.  C’est dans ce contexte que des milliers d’enseignants ont quitté Dakar qui sera, 48 heures après, déclaré officiellement épicentre de la pandémie au Sénégal par le ministère de la Santé, pour les régions de l’intérieur. Tout est fait pour que Dakar qui regorge plus de 70 % des cas positifs contamine les autres régions. Et pendant que les cas vrais ou communautaires se multiplient, Macky SALL, qui a prolongé le couvre-feu dont il est le seul à profiter, reste le seul maître à bord, en attendant que le médicament ou vaccin soit trouvé.