Arts plastiques: À travers ses œuvres, Awa Ndiaye défend la cause des femmes




Depuis sa sortie de l’Ecole des Beaux-Arts de Dakar en 2006, Awa Ndiaye s’est lancée dans une quête effrénée de la perfection esthétique à travers des œuvres dont les thèmes reflètent son engagement social envers la condition des femmes et des enfants. Rencontre avec une plasticienne qui fait partie de la nouvelle génération d’artistes dont l’avenir semble prometteur.

Dreadlocks courts en guise de coiffure, teint noir et sourire large, la peintre Awa Ndiaye nous accueille à bras ouverts dans son atelier qu’elle partage avec une autre plasticienne. En cet après-midi du mardi, nous l’avons trouvée en plein boulot au Village des Arts où elle se rend presque tous les jours pour peindre et améliorer son inspiration. Cette jeune artiste, mariée et mère de famille, réalise des tableaux pour gagner sa vie, mais surtout pour le plaisir de peindre. Depuis qu’elle a décroché son diplôme aux Beaux-Arts de Dakar en 2006, elle mène, à sa manière, un combat pour renforcer la place des femmes dans le milieu des arts visuels. «Nous avons des difficultés aussi bien dans le travail que dans la diffusion de nos œuvres», confie-t-elle, tout en continuant à manier son pinceau avec dextérité.

Pour occuper son temps, Awa Ndiaye passe les journées à peindre afin de se constituer un bon stock de tableaux, dans l’attente d’une exposition individuelle. «J’ai déjà participé à des expos collectives, mais aussi au Salon national des Arts organisé du 5 au 20 novembre 2019. Ce fut une belle opportunité pour la visibilité de notre travail, surtout pour les jeunes artistes», poursuit-elle. Lors du Salon, elle avait été sélectionnée dans l’exposition dédiée à la jeune génération grâce à son tableau intitulé «L’émergence», une œuvre en acrylique sur toile qui avait été appréciée par les visiteurs.

Visibilité de la création

La quiétude du Village des Arts lui permet de mieux se concentrer sur sa création. «C’est un peu compliqué de travailler à la maison et de produire car il y a les enfants à surveiller, les travaux ménagers à faire et plein d’autres tâches à effectuer alors qu’ici l’ambiance est plus propice à la création. Le lieu est calme et on peut y trouver une bonne inspiration», explique-t-elle. Dans son atelier, elle reçoit souvent des visiteurs venus admirer son travail, acheter des tableaux ou tout simplement l’encourager. «Cet espace est très important pour les artistes, aussi bien en ce qui concerne la création qu’au niveau de la visibilité, d’autant plus qu’il existe maintenant la galerie Senghor à l’intérieur où les résidents du Village peuvent organiser des expositions», se réjouit Awa Ndiaye.

Comme bon nombre de ses collègues plasticiens, elle parvient tant bien que mal à vivre de son travail. «Certains artistes s’en sortent bien, mais c’est plus compliqué pour d’autres. À mon avis, quand on évolue dans l’art, il faut d’abord aimer son travail et moi je peins surtout pour le plaisir. Je ne le fais pas nécessairement pour des retombées financières, même s’il faut gagner de l’argent pour vivre», affirme-t-elle avec philosophie. Si elle ne peint pas dans l’intimité de son atelier, Awa Ndiaye se rend à l’Ecole des Beaux-Arts pour dispenser des cours aux étudiants. À part la peinture, elle excelle aussi dans la mosaïque à travers des figures géométriques faites de carrés, de rectangles et de traits parallèles. Ses thèmes de prédilection sont la dénonciation des violences faites aux femmes telles que les mutilations génitales et autres pratiques moyenâgeuses. Elle est également sensible au sort des enfants de la rue et met en exergue dans ses tableaux les atrocités dont sont victimes ces êtres vulnérables




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