Aboubacar Sadikh Bèye, DG du PAD : « Pour la 1ère fois, le Pad va solliciter le marché financier régional en utilisant sa propre signature »




Faire du Port autonome de Dakar le « moteur de l’émergence » et un agent économique contributeur majeur de valeur ajoutée et créateur d’emplois directs et indirects à l’image des ports de Rotterdam et de Singapore. L’ambition est grande, les enjeux également. Pour concrétiser ce gigantesque chantier, avec à la clé la construction de la Zone industrielle portuaire de Ndayane, le Pad a besoin de capitaux. C’est dans ce cadre que s’inscrit le lancement, ce 1er octobre, d’un emprunt obligataire par Appel public à l’épargne (Ape). Son directeur général, Aboubacar Sadikh Bèye, revient, dans cet entretien, sur le pourquoi de cette sollicitation du marché financier. Il évoque aussi les grands dossiers dont le plan de transformation 2019-2023, l’impact de la Covid-19 ou encore la situation du Mali.

Entretien réalisé par Yakham Codou Ndendé MBAYE & El Hadji Ibrahima THIAM. Photos : Moussa SOW

Ce jeudi 1er Octobre 2020, vous allez recourir au marché financier de l’Uemoa pour lever des fonds dans le cadre des travaux du nouveau port de Ndayane. Expliquez-nous d’abord le contexte qui a conduit à cette initiative ?

Notre objectif est d’aller sur le marché régional sous forme d’Appel public à l’épargne (Ape) et lever les ressources nécessaires pour entamer le processus de rattrapage du gap du Port autonome de Dakar en infrastructures en investissant et pour amorcer la construction du nouveau port de Ndayane, port au service des économies des 15 pays de la Cedeao. La levée des fonds permettra de construire, d’une part, les routes et infrastructures communes (Vrd) et, d’autre part, de rendre la Zone industrielle portuaire prête à recevoir les premiers investisseurs.

Avant de pouvoir prétendre à aller sur le marché financier, la direction générale du Port autonome de Dakar a initié, depuis 2018, un travail en profondeur de restructuration et de redynamisation qui a abouti à l’élaboration d’un ambitieux plan de transformation 2019-2023. Ainsi, suite à l’élaboration du nouveau plan stratégique, lors du 1er semestre 2018, et son lancement, le 28 juin 2018, « la bataille des 6 mois » a permis, durant le 2ème semestre 2018, d’arrêter l’hémorragie financière et d’engager des chantiers urgents de rationalisation entraînant, dès la première année, un quadruplement du résultat net du Port autonome de Dakar qui est passé de 1,4 milliard de FCfa en 2017 à 6 milliards de FCfa en 2018.

Parallèlement, un plan de transformation 2019-2023 a été élaboré. Il vise à améliorer, de façon radicale, d’ici à 2023, le service rendu aux clients et à préserver ainsi la place de Dakar comme port de référence régionale, en attendant l’arrivée des nouvelles infrastructures portuaires. Ce plan de transformation a produit les résultats suivants dans ses premières années d’exécution (lire tableau ci-contre).

Pour pouvoir accéder au marché financier, vous avez dû vous soumettre à l’exercice des agences de notation financière…

Le Port autonome de Dakar, en tant qu’émetteur potentiel de titres de créances à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), est soumis à l’obligation de notation découlant de l’instruction 36/2009 du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers (Crepmf). Cette obligation de notation se prolonge jusqu’à la maturité des titres émis à la Brvm. Afin de nous conformer à cette obligation, nous avons requis les services de Wara. Cette agence a attribué la note « A- » au Port autonome de Dakar, qui est trois crans au-dessus de la note minimale acceptée par le Crepmf. La dernière notation du Port autonome de Dakar par Wara date de février 2016 avec une dégradation qui nous faisait passer du score « BBB+ » à « BBB ». Ainsi, pour la troisième fois de son histoire et pour la première fois en utilisant sa propre signature, le Port autonome de Dakar va solliciter le marché financier régional sous forme d’Ape pour lever les ressources nécessaires à la construction des infrastructures communes terrestres. Quel enseignement peut-on tirer de cela ? Selon Wara, il est indispensable pour le Pad d’entamer un processus de rattrapage de ses concurrents qui ambitionnent aussi d’être des hubs sous-régionaux et qui ont largement investi dans des infrastructures modernes. Le Port autonome de Dakar est en retard d’investissement et est devenu un goulot d’étranglement de l’économie du pays.

Pouvez-vous revenir sur quelques éléments de vision de votre plan de transformation ?

Le nouveau plan de transformation quinquennal 2019-2023 permettra non seulement au Port autonome de Dakar de restaurer sa compétitivité, mais aussi d’anticiper sur les mutations majeures de l’environnement portuaire national et régional. La vision d’ « un port moteur de l’émergence » en droite ligne avec les objectifs du Pse a comme objectifs spécifiques : améliorer de 39 points (de -39 à 0) le Net promoter score (Nps), le véritable baromètre de la satisfaction client ; doubler le chiffre d’affaires de 49 milliards de FCfa en 2017 à 100 milliards de FCfa en 2023 ; quintupler la rentabilité de 3 % à 15 %. Pour cela, le Pad doit optimiser la gestion de son espace actuel et développer des plateformes logistiques sur l’ensemble du territoire national (parkings d’attente, ports secs, zones de stockage et de manutention), afin d’accélérer le temps de passage des marchandises et de décongestionner le centre-ville de Dakar. Ce faisant, le Port autonome de Dakar évoluera vers un positionnement d’acteur logistique, beaucoup plus favorable pour la compétitivité logistique du Sénégal, et par rapport à laquelle l’intégration de la chaîne ferroviaire (Dakar-Bamako) dans la chaîne maritime serait un atout décisif.

Le plan de transformation vise ensuite à préparer une parfaite transition entre le Port autonome de Dakar actuel, le futur port de Ndayane et les ports secondaires. Ce, en transmettant, demain, à ces ports son activité de marchandises et une base de clientèle solide mais également en développant, en plus des industries de la pêche, de nouvelles activités qui transformeront l’espace portuaire actuel du Port autonome de Dakar en un port de services haut de gamme (port de passagers, base logistique pétrolière, port de plaisance).

À cet effet, le Port autonome de Dakar doit être adossé à une zone logistique et franche d’envergure internationale dont le rôle sera de contribuer à la résorption du déficit structurel de notre balance commerciale et la création d’emplois ; à la stratégie de hub aérien mise en œuvre autour de l’Aéroprt international Blaise Diagne (Aibd) ; une stratégie ferroviaire visant à consolider les 2/3 de parts de marché du transit malien avec un objectif de monter en puissance dans le développement des parts de marché au sein des pays de l’hinterland.

Cette stratégie permettra ainsi à ce nouvel ensemble Dakar-Ndayane d’accompagner pleinement la dynamique d’émergence du Sénégal avec, en 2023, un objectif de contribution de deux à trois points à une croissance économique nationale désormais à deux chiffres.

Pourriez-vous nous résumer les grandes lignes du projet de construction du port de Ndayane ?

D’abord, c’est une vision du Président de la République, Son Excellence Monsieur Macky Sall, de faire de l’industrie maritime un levier de croissance soutenue, durable et inclusive en investissant dans les infrastructures maritimes, spécialement par la construction de différents ports, y compris celui de Ndayane. C’est un port en eaux profondes de quatrième génération qu’on peut qualifier de port-industrie. Il est plus une Zone industrielle portuaire (Zip) qu’un port classique de débarquement-embarquement. L’aspect manutention en tant que tel n’est que subsidiaire et sert donc à renforcer la Zip qui va contribuer, dans un horizon à moyen terme, à résorber le déficit structurel de notre balance commerciale. C’est vraiment cela l’enjeu : le port au cœur de l’économie, non pas en tant qu’acteur passif, mais en tant qu’agent économique contributeur majeur de valeur ajoutée et créateur d’emplois directs et indirects à l’image des ports de Rotterdam et de Singapour.

Ndayane sera donc un port-industrie où le Sénégal se positionne non seulement comme porte de la Cedeao, mais aussi comme usine de transformation pour tous les produits en provenance comme à destination de cet espace sous-régional composé de 15 pays avec près de 400 millions d’habitants.

Quelles sont les perspectives qui justifient de tels investissements ? S’agit-il de restaurer le positionnement stratégique du Port autonome de Dakar en tant que moteur économique régional ?

Le Sénégal a tous les atouts pour servir de porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest. Notre position géographique, alliée à la qualité de nos ressources humaines, nous confère déjà une longueur d’avance. Nous sommes aussi un pays politiquement et socialement très stable, avec un bon climat des affaires qui rassure les investisseurs. Cependant, malgré tous ces avantages compétitifs, nous ne faisons qu’effleurer le potentiel de notre industrie maritime.

L’activité portuaire deviendra le « moteur » de l’émergence, dès lors que le port sera associé à une zone industrielle capable de créer de la valeur ajoutée à la fois pour les produits entrants comme sortants. Il est indispensable, dans un contexte pré/post-Covid-19, que l’Afrique amorce sérieusement une phase d’exportation de ses produits avec un minimum de valeur ajoutée. C’est cette plateforme de transformation de nos produits que la Zip de Ndayane va offrir. L’ambition du Port autonome de Dakar est de porter cet objectif inscrit dans l’axe I du Pse qui parle de hub industriel et logistique régional.

Monsieur le Directeur général, les états financiers arrêtés au 31 décembre 2019 font ressortir un résultat net bénéficiaire de 13,9 milliards de FCfa et des capitaux propres de 112,87 milliards de FCfa. À quoi est due cette performance ?

Nous sommes allés très tôt à l’offensive d’identification de niches de revenus et surtout d’efficacité dans les opérations. Cela a été très difficile et continue de l’être. Mais, comme dirait l’autre, c’est le difficile qui est le chemin. Dès ma nomination, en septembre 2017, j’ai mis en place un plan stratégique de développement 2019-2023 en m’appuyant sur la claire vision du Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Macky Sall, mais aussi sur le soutien du Conseil d’administration, des acteurs portuaires et l’implication de tout le personnel du Port autonome de Dakar. Dès la mise en place du plan de transformation, au deuxième semestre 2018, des projets quick win ou projets fast-track ont été élaborés. Parmi ces projets, on peut citer le cost-killing ou rationalisation des charges de fonctionnement et l’optimisation du domaine à travers la revalorisation des tarifs.

Ces efforts ont permis le rétablissement de la santé financière du Pad qui nous autorise, aujourd’hui, à mettre en œuvre les grands projets de mise à niveau du port dans sa configuration actuelle avec la réhabilitation de la voierie, la gestion des flux de camions et la création de nouveaux espaces. Nous entamons résolument la construction du nouveau port et sa zone industrialo-portuaire qui va offrir à notre pays un outil qui va porter l’émergence.

La consolidation des capitaux propres est, d’une part, la résultante de l’augmentation du capital par incorporation des réserves en 2009 (52 milliards de FCfa) et, d’autre part, la mise en réserves des bénéfices accumulés au cours des années successifs. Il faut aussi noter que le port a distribué à l’État du Sénégal, l’actionnaire unique, au titre des dividendes pour les exercices 2018 et 2019, respectivement deux milliards et 12 milliards de FCfa.

La Covid-19 n’épargne aucun secteur économique. Jusqu’à quel niveau pensez-vous que cette crise sanitaire va impacter le Port autonome de Dakar en 2020 ?

Les résultats du Port autonome de Dakar au premier semestre montrent une baisse de la valeur ajoutée de 11,2 % alors que l’indicateur était en hausse de 17 % à la même période en 2019. C’est dire que la Covid-19 nous a atteints de plein fouet. Néanmoins, l’activité portuaire est assez résiliente pour qu’on soit optimiste pour une relance au deuxième semestre. Les chiffres à la fin du mois de septembre sont assez prometteurs.

La mise en œuvre du Plan stratégique de développement (2019-2023) vise principalement à faire du Pad «le moteur de l’émergence du Sénégal» à l’horizon 2023. Jusqu’ici, qu’est-ce que vous avez fait pour atteindre cet objectif ?

Cet objectif traduit un changement de paradigme dans le mode opératoire du Port autonome de Dakar. Nous continuons d’y travailler sur trois axes majeurs : la construction du port-industrie de Ndayane, la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako, la construction du port sec de Pout. Sur tous les trois fronts, nous avons des avancées notables. Pour Ndayane, comme vous le savez, nous avançons certes difficilement dans les négociations avec notre partenaire stratégique, Dubaï Port World, mais nous avons fait des pas de géant pour pouvoir entamer la construction du port sur fonds propres sénégalais. Le Président de la République nous a instruit de diligenter ce projet et d’aller très vite pour construire un hub logistique et industriel régional. Avec la levée de fonds dans le cadre de l’Ape, nous surmontons une contrainte dans les négociations, qui consiste à construire les infrastructures communes terrestres. En fait, nous ferons plus puisque, avec l’enveloppe levée, nous pourrons déjà faire les premiers aménagements de la Zip, permettant ainsi aux entreprises intéressées de s’installer avant que le port proprement dit soit prêt.

S’agissant du train Dakar-Bamako, je suis heureux de dire que le Port autonome de Dakar sera partenaire stratégique de la nouvelle société des Chemins de fer du Sénégal. Le port sec de Pout va constituer la deuxième phase de désengorgement du Port autonome de Dakar avec l’utilisation du chemin de fer pour sortir les marchandises de Dakar. Une fois ce port sec réalisé, aucun camion ne rentrera dans la ville pour récupérer des conteneurs par exemple.

Avec la crise politique au Mali, la Cedeao a décidé la fermeture des frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières avec ce pays. Or, le Port autonome de Dakar est le principal point de transit des marchandises en partance et en provenance du Mali. Au-delà des répercussions sur le Mali, quelles pourraient en être les conséquences économiques pour le Sénégal ?

Nos pensées vont à nos sœurs et frères du Mali ; nous leur souhaitons une rapide sortie de crise. Le Mali est le premier client commercial du Sénégal. Notre balance commerciale est excédentaire de plus de 190 milliards de FCfa en 2018. Le Port autonome de Dakar concentre près de 65% du trafic import et export du Mali. Une instabilité au Mali a forcément des conséquences très néfastes sur l’économie du Sénégal. Le Mali est un pays de 20 millions d’habitants avec un énorme potentiel économique. Il représente un des secteurs les plus stratégiques de l’environnement macroéconomique du Sénégal.

Le Port autonome de Dakar a-t-il commencé à ressentir les contrecoups de ces sanctions sur le Mali ?

Oui ! Sur le plan de l’activité portuaire, nous assistons, par exemple, au terminal Ro-Ro, à une baisse de l’activité de 27% pour le transit des véhicules légers essentiellement vers le Mali. La baisse est encore plus prononcée pour le transit des véhicules lourds à 49% entre 2019 et 2020. Pour rappel, le trafic malien dans le Ro-Ro est le plus dominant avec 37% du total trafic du Port autonome de Dakar.

Il y a quelques semaines, la presse avait fait état de la présence d’une importante quantité de nitrate d’ammonium entreposée au Port autonome de Dakar. Comment s’est déroulé le transfert de cette substance vers le Mali, sa destination finale ?

La cargaison de nitrate d’ammonium en transit vers le Mali, entreposée sur le terre-plein amodié à la représentation malienne au Sénégal, a été enlevée sous escorte de la gendarmerie jusqu’à la frontière du Mali.

Je dois rappeler que le Port autonome de Dakar est l’infrastructure logistique du Sénégal où transitent 95% des marchandises à destination du Sénégal et 65% de celles à destination du Mali. En conséquence, les produits classés dangereux transitent par le Port autonome de Dakar. Je dois rappeler que la réception des produits classés dangereux est une activité bien encadrée au Port autonome de Dakar. En 2019, nous avions manutentionné 89,701 tonnes de nitrate dont 74,747 étaient destinés au Mali. En 2018, les volumes débarqués étaient de 66,613 tonnes dont 47,129 tonnes pour le Mali. En définitive, les derniers camions sont partis du Port autonome de Dakar le 1er septembre 2020, à 14 heures 50 minutes.

Le Port autonome de Dakar offre-t-il toutes les garanties sécuritaires pour stocker une telle quantité de nitrate d’ammonium ?

Le Port autonome de Dakar ne stocke pas le nitrate d’ammonium. Le produit était en transit et en attente pour le réceptionnaire de finaliser les procédures douanières et des services de l’environnement.  Conformément aux dispositions du Code Imdg et de la fiche de sécurité du produit, son entreposage sur des palettes et à l’air libre ne présentait aucun risque. La fiche de sécurité du produit précise les normes de stockage. Le Port autonome de Dakar se fait une obligation de respecter ces normes.

À la lumière de ce qui s’est passé au port de Beyrouth, la mesure forte prise par l’autorité portuaire est d’interdire l’entreposage même temporaire du nitrate d’ammonium sur les terre-pleins du Port autonome de Dakar ; et, pour les prochains navires, les réceptionnaires de la cargaison devront prendre toutes les dispositions pour un débarquement sous palan de leur produit puis un transfert vers la destination finale.

À votre arrivée à la tête du Port, vous aviez fait de la décongestion de cette plateforme une de vos priorités. Y êtes-vous arrivé ou bien la tâche semble plus ardue que prévue ?

La congestion au Port autonome de Dakar constitue un frein à notre économie et c’est pourquoi, dans le cadre du Plan de développement stratégique 2019-2023, la Direction générale a inscrit en bonne place l’amélioration de la fluidité comme un objectif stratégique. Cet objectif s’est traduit par la mise en place du projet de gestion des flux de camions. La mise en œuvre de ce projet a permis la création d’une plateforme informatique pour une gestion moderne et efficace des flux de camions ; ce qui devra considérablement réduire la très forte congestion du Port autonome de Dakar. Il est aussi important de noter que pour réussir ce projet d’une importance capitale, un parking d’attente d’une capacité de plus de 400 camions a été érigé sur un espace portuaire à l’extérieur de la barrière douanière. Aujourd’hui, cet outil constitue un élément essentiel dans le système de gestion des flux de camions.

La gestion des flux de camions consiste en une plateforme informatique, un système de rendez-vous et un parking physique d’attente pour procéder à ce que les logisticiens appellent le Just in time (Jit). Aucun camion ne sera admis aux alentours ou à l’intérieur du Port autonome de Dakar s’il ne s’est pas, au préalable, enregistré dans le système. Ensuite, il lui faut créer une mission et recevoir un Ok du manutentionnaire qui dit au transporteur à quel endroit et à quelle heure sa marchandise est prête à être enlevée.

La multiplicité des acteurs (transporteurs, manutentionnaires, consignataires, armateurs, etc.) et la diversité dans le secteur des transports (transport de conteneurs, d’hydrocarbures, de vrac solide, de véhicules, de marchandises dites conventionnelles comme les céréales, le bois, le fer, etc.) rendent la tâche un peu ardue en termes de conciliation d’intérêts souvent divergents.

Nous nous sommes cependant accordés avec les transporteurs sur les points essentiels, étant entendu que l’objectif du Port autonome de Dakar est de décongestionner à tel point que le transporteur arrive à faire plus de rotations dans la journée, générant donc plus de revenus.

Pour rappel, le Port autonome de Dakar a beaucoup investi sur la décongestion. Une semaine seulement après ma prise de fonction le 22 septembre 2017, j’avais décidé de prendre en location des terrains de la Sonacos pour gérer la crise des conteneurs vides d’alors. Ce n’est qu’en 2018 que nous avons lancé un Avis à manifestation d’intérêt pour la sélection d’un gestionnaire exploitant de la plateforme de gestion des flux de camions. Cet exploitant étant, bien entendu, responsable de tous les investissements sur le parking, y compris la plateforme informatique.

Au moment où nous parlons, le Port autonome de Dakar respire mieux, et ce, depuis le 15 septembre 2020, date du démarrage officiel de la gestion des flux de camions qui constitue une solution durable pour éliminer cette congestion.

En juillet 2019, les travaux de rénovation du Terminal vraquier dévolu au marché malien ont démarré, cinquante ans après la dernière mise à niveau. Les travaux devaient durer deux ans. Se déroulent-ils normalement ou bien la Covid-19 a freiné le rythme du chantier ?

Pour la réhabilitation du môle 3, depuis mi-avril 2020, les travaux sont à l’arrêt, juste après la réception de la première phase (poste 31). En effet, les travaux ont été suspendus pour cas de force majeure (pandémie de la Covid-19), nos partenaires japonais et autres expatriés étant rentrés sur recommandation du Gouvernement du Japon. Des discussions sont en cours avec la Jica, la coopération japonaise, pour convenir d’une date de reprise des travaux. Il faut noter que les discussions et les études d’exécution avec le Consultant (Mcc-Kgc) pour la phase 2 n’ont jamais arrêté. La fin des travaux était prévue pour mai 2021 et la subvention non remboursable allouée au projet est d’environ 21 milliards de FCfa, montant à revoir à la hausse du fait des frais d’immobilisation du chantier induits.




Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.