BAISSE DE 20% DES TRANSFERTS D’ARGENT VERS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT




Baisse de 20% des transferts d’argent vers les pays pauvres en 2020, souligne un communiqué de la Banque mondiale (BM). Lequel signale que cette chute notée sur les envois de fonds des migrants dans le monde est à imputer largement à « un fléchissement des salaires et de l’emploi des travailleurs migrants », souvent particulièrement exposés aux pertes de revenus et d’emploi en cas de crise économique dans leur pays d’accueil.

Ainsi, les remises migratoires vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient chuter de 19,7 %, à 445 milliards de dollars, avec à la clé la disparition d’une planche de salut financière vitale pour de nombreux ménages vulnérables.

Le document qui rappelle l’impact positif des transferts d’argent dans ces pays avec allègement de la pauvreté, l’amélioration de la situation nutritionnelle, la hausse des dépenses d’éducation et la diminution du travail des enfants dans les familles défavorisées.

Par exemple, le volume des transferts de fonds de la diaspora sénégalaise est estimé à plus de mille milliards F CFA. Ces fonds étaient passés de 233 millions de dollars Us en 2000 à 925 millions en 2006, puis à 1 614 millions en 2013, pour atteindre 2 220 millions (soit plus de 1 100 milliards F CFA) en 2017, selon le rapport relatif au profil migratoire du Sénégal 2018.

Source de revenus pour les pays en développement

Une chute de ces envois affecterait donc « la capacité des familles à assumer ces dépenses puisqu’une part accrue de leur budget sera consacrée à éviter les pénuries alimentaires et subvenir aux besoins immédiats du ménage. » Ce, face à la récession économique causée par la pandémie de COVID-19, mettant « sérieusement » à mal la capacité des migrants à envoyer de l’argent chez eux.

Une situation qui rend d’autant plus importante la nécessité d’accélérer la vitesse de rétablissement des économies avancées, indique David Malpass, le président du Groupe de la BM. Qui précise : « Les envois de fonds des migrants aident les familles à assurer leurs dépenses alimentaires et de santé et à subvenir à leurs besoins essentiels. Alors que le Groupe de la Banque mondiale déploie des mesures rapides et d’envergure pour soutenir les pays, nous nous efforçons de maintenir les canaux de circulation de ces fonds pour préserver l’accès des communautés les plus démunies à ces biens vitaux. »

Ce recul est particulièrement marqué en Europe et en Asie centrale (27,5 %), devant l’Afrique subsaharienne (23,1 %), l’Asie du Sud (22,1 %), le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (19,6 %), l’Amérique latine et les Caraïbes (19,3 %) et l’Asie de l’Est et le Pacifique (13 %).

Par ailleurs, cet effondrement attendu en 2020 intervient alors que les transferts d’argent vers les pays à revenu faible et intermédiaire avaient atteint un niveau record de 554 milliards de dollars en 2019, signale le document.

« Des mesures rapides pour faciliter l’envoi et la réception de cet argent pourraient apporter une aide particulièrement bienvenue aux migrants et à leurs familles. Cela implique notamment de considérer les services de transfert comme essentiels et de les rendre plus accessibles aux migrants », y rappelle Dilip Ratha, auteur principal de la note et chef du programme KNOMAD.