Economie mondiale: Le Fmi trace les voies de la reprise




Avec la « longue et difficile » ascension de l’économie mondiale vers la reprise, la directrice générale du Fmi, Kristalina Georgieva, décline quatre priorités immédiates allant des investissements dans la santé à la gestion de la dette en passant par le maintien des « ballons d’oxygène ».

En prélude des Assemblées annuelles prévues du 12 au 18 octobre, la directrice du Fmi a procédé, hier, à l’ouverture d’une série de panels consacrés à la relance de l’économie, à la lutte contre la corruption, au changement climatique, etc. Abordant la question de la relance de l’économie mondiale durement affectée par la Covid-19, Kristalina Georgieva a dégagé quelques idées-forces. Premièrement, préserver la santé des populations. « Nous ne pourrons assurer partout une pleine reprise économique que si le virus est vaincu partout », a-t-elle dit dans son discours prononcé en amont des réunions d’automne du Fmi qui se tiendront virtuellement la semaine prochaine à Washington.

Deuxièmement, éviter un retrait prématuré des aides publiques. Ces « ballons d’oxygène » dans l’ensemble de l’économie, au profit des entreprises et des travailleurs -par exemple des reports de paiement d’impôts, des garanties de crédit, des transferts monétaires et des subventions salariales- sont plus que jamais nécessaires en ces temps d’incertitude, selon la patronne du Fmi. Il est tout aussi important, ajoute-t-elle, de maintenir la politique monétaire accommodante et les mesures de liquidités pour garantir les flux de crédit surtout pour les petites et moyennes entreprises. Depuis le début de la pandémie, les pouvoirs publics ont versé environ 12 000 milliards de dollars de soutien budgétaire aux ménages et aux entreprises. Aussi, des mesures « sans précédent » de politique monétaire ont maintenu le flux du crédit, aidant des millions d’entreprises à rester à flot, constate la Dg du Fmi.

Troisièmement, mener une politique budgétaire flexible et prospective. Il s’agira de « stimuler » la création d’emplois, principalement l’investissement vert, et « d’amortir le choc » pour les travailleurs : de la reconversion professionnelle et l’acquisition de nouvelles compétences à l’élargissement de la portée et l’allongement de la durée de l’assurance chômage.

Alléger la dette des pays pauvres

Quatrièmement, gérer la dette -surtout dans les pays à faible revenu. Ces derniers sont entrés dans la crise déjà lourdement endettés. Et ce fardeau n’a fait que s’alourdir, constate Mme Georgieva. « Pour combattre la crise et maintenir les soutiens publics vitaux, et pour éviter que les progrès accomplis, ces dernières décennies, sur le plan du développement ne soient annulés, ils auront besoin d’une aide supplémentaire, et vite. Ils doivent également avoir accès à davantage de dons, de prêts concessionnels et d’allégement de la dette alliés à une meilleure gestion de la dette et à une plus grande transparence », recommande-t-elle. Dans certains cas, une coordination mondiale sera requise pour restructurer la dette souveraine, avec la participation totale des créanciers publics et privés. Le niveau d’endettement de certains pays pauvres a augmenté à la suite des mesures budgétaires prises face à la crise et des fortes pertes de production et de recettes. « Nous estimons que la dette publique mondiale atteindra un niveau record d’environ 100 % du Pib en 2020 », explique Kristalina Georgieva.

À ce jour, le Fmi a accordé des prêts dépassant 280 milliards de dollars à 81 pays, dont plus d’un tiers ont été approuvés depuis mars. « Et nous sommes prêts à faire davantage : nous disposons encore de ressources considérables, avec une capacité totale de prêt de 1000 milliards de dollars, à mettre au service de nos membres au moment où ils s’engagent dans leur ascension », promet la patronne du Fmi.

Seydou KA




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