Le Dg adjoint du FMI avertit…«Pour le Sénégal, les perspectives sont moroses et très incertaines»




Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) vient d’achever la première revue du programme du Sénégal appuyé par l’instrument de coordination de la politique économique. Il a conclu que l’exécution de la politique économique dans le cadre dudit programme a été satisfaisante, en dépit des circonstances difficiles. Mais, pour les perspectives, l’institution de Bretton Woods fait preuve d’un enthousiasme très modéré.

«Le Sénégal paie un lourd tribut à la pandémie de Covid-19. L’affaiblissement de la demande extérieure, l’arrêt soudain des voyages et du tourisme, la baisse des envois de fonds des travailleurs expatriés et les effets des mesures d’endiguement prises par les autorités nationales pèsent sur l’activité. Les perspectives à court terme sont moroses et très incertaines», a déclaré Mitsuhiro Furusawa, Directeur général adjoint et président par intérim du FMI.

Les clés pour une reprise vigoureuse

Il espère une reprise progressive de l’activité économique au deuxième semestre de 2020 et en 2021. Mais pour y arriver, M. Furusawa a fait quelques recommandations: «Pour ouvrir la voie à une reprise vigoureuse et inclusive, les autorités devront continuer de s’attacher à améliorer le climat des affaires et à stimuler l’investissement du secteur privé, tout en poursuivant les réformes en cours visant à améliorer la gestion de la dette, à accroître les recettes et à renforcer la gestion des finances publiques. »

Le risque d’instabilité financière

«Par ailleurs, le ralentissement accentue les risques pesant sur la stabilité financière: ceux-ci doivent être suivis de près, car le secteur bancaire a un rôle essentiel à jouer dans le financement de la reprise», avertit-il.

Pour rappel, la pandémie de Covid-19 a mis fin à une période de croissance vigoureuse qui a avoisiné en moyenne 6,5 % au cours des six dernières années. De 6,8%, la croissance est maintenant attendue à 1,1 % pour 2020, contre 5,3 % en 2019. Le déficit budgétaire, qui était prévu à 3%, se creusera à 6,1 % du PIB.