Les envois d’argent de la diaspora vers le Sénégal en chute libre




Les familles sénégalaises qui comptent sur les envois d’argent de la diaspora, subissent de plein fouet les conséquences du Covid19. Les transferts de la France vers le Sénégal ont chuté de 25% en 2020, du fait de la fragilisation des travailleurs migrants, pénalisés par les retombées de la crise du Covid-19. La rareté de ces fonds qui constituent des «sources de revenus essentielles pour de nombreux pays en Afrique » comme au Sénégal, accentuent la pauvreté.
Avec une baisse de plus de 25% des transferts d’argent à destination du Sénégal, les familles qui dépendent des envois de la diaspora, subissent le contrecoup de la pandémie également. Même cas de figure pour les ressortissants de plusieurs pays africains qui comptent sur leurs fortes colonies établies à l’étranger. Les fonds transférés outre-Méditerranée par la diaspora en France ont chuté de 25% cette année, alerte une étude publiée à l’occasion de la journée internationale des migrants. « En 2020, le volume des transferts d’argent des diasporas a chuté malgré un effort plus important consenti par un tiers des expéditeurs », souligne cette enquête Ipsos/RMDA réalisée du 23 juillet au 7 août, financée par l’Agence française de développement (AFD) et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les résultats montrent une baisse de près de 25%, bien qu’au premier semestre 80% des expéditeurs habituels continuaient à transférer des fonds, envoyant en moyenne plus de 1.300 euros par an.

De 554 milliards de dollars en 2019, les transferts atteignent 445 milliards de dollars en 2020. Au Sénégal,les transferts de la diaspora constituent 12,8% du PIB

Les résultats de ces études confirment la tendance esquissée par un rapport de la Banque mondiale publié fin avril, qui estimait que les transferts d’argent vers les pays pauvres allaient chuter de 20% cette année sous l’effet de la pandémie. Selon la Banque mondiale, ces sommes, qui peuvent représenter jusqu’à un tiers de l’économie de certains pays pauvres, devraient s’établir à 445 milliards de dollars en 2020 contre 554 milliards en 2019.

« La situation sanitaire a ainsi accentué la fragilité d’une partie de ces travailleurs, pris en étau entre la baisse de leurs revenus et les sollicitations fortes de la famille au pays », résume-t-on à l’AFD. Les envois de fonds des diasporas, poursuit-elle, représentent des « sources de revenus essentielles pour de nombreux pays en Afrique, comme au Sénégal où ils représentent 12,8% du PIB. « Ces montants sont d’ailleurs plus élevés que l’aide publique au développement, même lorsqu’on ne prend pas en compte les transferts informels, eux aussi conséquents. »

Cette chute, la plus importante de l’histoire récente, est « largement due à une baisse des revenus et de l’emploi des travailleurs migrants, qui ont tendance à être plus vulnérables (…) lors d’une crise économique dans un pays d’accueil », expliquait l’institution. L’enquête IPSOS/RMDA, elle, a été réalisée auprès de 500 personnes « issues des diasporas africaines en France dont au moins 75% envoyaient de l’argent, en particulier vers l’Afrique subsaharienne ».