PAPA M. DIOUF : «LE TOURISME A GÉNÉRÉ 300 MILLIARDS DE RECETTES»




Le secteur du tourisme au Sénégal a longtemps souffert malgré les efforts de l’Etat du Sénégal. Dans ce contexte marqué par la crise sanitaire liée à la Covid 19, 77 sur les 1000 milliards du Fonds COVID  ont été  consacrés  au secteur  du tourisme et de l’hôtellerie. Dans cet entretien exclusif, Pape Mahawa Diouf, Directeur Général de l’Agence sénégalaise de Promotion touristique (ASPT),  aborde toutes les difficultés liées au secteur et les stratégies mises en place par le Président Macky Sall et son gouvernement pour vendre la destination Sénégal. 

Quels  sont les  vraies  statistiques touristiques du Sénégal ?  

Les  dernières statistiques du tourisme  au Sénégal s’évaluent à 1.6 00.000  touristes  sur l’année. C’est un secteur très important. C’est le second secteur pourvoyeur de devises au Sénégal. Le tourisme contribue à hauteur de 300 milliards de FCFA en termes de recettes  et c’est  6, 8%  au PIB. Mieux, le secteur génère au minimum 100.000 emplois directs et indirects. C’est dire que c’est un secteur extrêmement important pour l’économie nationale.

Considérée comme la deuxième source de devises du pays après la pêche, la filière touristique, est en crise depuis plusieurs années et est en voie d’effondrement. Le coupable a-t-il un nom ?

Le problème que nous vivons avec la crise de la COVID-19 est lié à une crise sanitaire internationale qui touche le secteur touristique. Cela touche l’économie globalement, en particulier le tourisme. Aujourd’hui, il y a des difficultés particulières parce que simplement, il y a une baisse drastique des flux touristiques de près de 70%., selon  l’ANSD. Mais le secteur,  avant, avait connu beaucoup d’évolutions positives. D’abord, il y a  la création de l’ASPT et l’augmentation du budget dédié à la promotion. L’objectif du Sénégal, c’est d’atteindre  les 3 millions de touristes d’ici à 2023 et on est sur la bonne voie. Il y a  le nouvel  aéroport,  l’opérationnalisation de l’AIBD, la suppression de certaines taxes  qui étaient  une pesanteur en termes de coût. Il y a la défiscalisation sur la destination Casamance pour une durée de 10 ans, la mise en place du crédit hôtelier qui n’existait pas. Ça a été augmenté encore  cette  année. Il y a le désenclavement des  zones touristiques avec les politiques des infrastructures. Il y a également l’acquisition de deux bateaux pour accéder à la Casamance et deux compagnies aériennes Transair et  la compagnie nationale Air Sénégal. Voilà en tout cas, un ensemble de mesures qui sont prises et qui contribuent à augmenter la fréquentation touristique du Sénégal.

Quelles sont les grandes lignes du nouveau plan stratégique de l’ASPT pour relancer le tourisme ?

Au Sénégal, l’étude réalisée par les acteurs et en particulier avec l’ANSD révèlent que  l’impact financier dans l’hôtellerie et la restauration seraient pas moins  de 212 milliards de FCFA,  sans compter les  activités connexes en lien avec le secteur du tourisme dont l’impact réel serait révélé par les études en cours très prochainement. L’État a pris des mesures  draconiennes avec  le décalage des devoirs fiscaux. Les politiques du gouvernement sous le leadership du Président  de la République Macky Sall étaient  de préserver l’emploi. Il y a aussi le crédit  hôtelier qui a pour rôle de renforcer la trésorerie des entreprises du secteur. L’ASPT a joué aussi son rôle dans cette période en essayant d’accompagner les entreprises qui subissaient la crise directement  notamment en les accompagnants en termes d’accès à l’information des touristes qui étaient  dans le pays et qui avaient  besoin d’informations pour savoir comment sortir du pays. Abandonner les touristes durant cette période,  c’est une  façon de donner une mauvaise réputation au pays. Il fallait qu’on organise leur retour avec une assistance maximale  pour préserver la réputation du Sénégal comme un pays de la « Teranga ». On a mis en place un numéro vert  et les agents de l’ASPT se sont mobilisés  auprès  des  hôtels et des agences de voyages pour organiser la traversée de cette crise très difficile..  77  milliards sur  les  1000 milliards du fonds  COVID  ont été  consacrés  au secteur  du tourisme et de l’hôtelière. Il faut noter qu’à ce jour,  près de  169 établissements d’hébergements touristiques, agences de voyages et restaurants ont été  appuyés. 225 guides touristiques ont été appuyés  par le crédit hôtelier  et 84 artisans pour  un total de 3,7 milliards de FCFA. Le tourisme  va  se relancer  de façon coordonnée  et synergique avec toutes  les mesures  d’innovation qu’on peut  prendre pour accélérer  cette  dynamique  autour  du ministre Alioune Sarr .

Justement, on va  vers la réouverture  des  frontières aériennes Sénégalaises. Quel est votre plan  mis en place pour l’attractivité de la destination Sénégal post Covid ?

Les gens vont reprendre l’activité à partir de chez eux. Le Sénégal est dans la même  dynamique. Nous devons  privilégier le tourisme interne. Aujourd’hui nous savons que   beaucoup d’entreprises organisent les voyages à l’étranger. Il faut privilégier une consommation du tourisme à l’intérieur du pays. Nous avons lancé  la plateforme « Taamu- Sénégal »  qui vise à faire en sorte que les sénégalais découvrent leur pays pour orienter les devises  à l’intérieur du Sénégal. Nous avons également accompagné la promotion des bonnes pratiques en matière de protocoles sanitaires. En ouvrant les frontières,   il faut que  le monde entier sache  que le Sénégal est une destination de confiance en matière de  protocole  sanitaire  notamment pour la prévention  de la COVID -19.  Nous comptons  véritablement lancer une vaste campagne de promotion du tourisme  interne. Il faut qu’on connaisse davantage notre pays et les infrastructures nous permettent de se déplacement à l’intérieur du pays sans  problème.   Nous invitons la  jeunesse et des acteurs du Sénégal à célébrer notre pays dans sa diversité culturelle et territoriale. Nous pouvons véritablement découvrir notre pays dans  sa diversité la plus large au plan  culturel et  géographique.  Le moment venu, le ministre  présentera au grand public, le plan de relance du secteur.

Pouvez-vous nous en dire un peu sur ce plan de relance ? 

Nous  envisageons  accompagner les acteurs du tourisme en matière de   formation notamment sur  la qualité d’accueil, de service, etc. Vous tombez bien parce que nous finalisons  notre stratégie pour ce qui concerne  l’ASPT pour la promotion du tourisme  mais également pour la relance.  Il s’agit de dire comment on compte organiser la relance au plan de la communication. Il y’a la communication sur l’entreprise, la communication corporate, il y’a la communication au plan de la promotion marketing. Nous avons fait « Taamu Sénégal » mais nous avons aussi fait d’autres partenariats avec d’autres partenaires qui vont permettre de créer l’événement autour du voyage national, autour du « Taamu Sénégal » toujours mais des actions grand public qui permettront aux sénégalais d’avoir accès à cela. Nous aurons des partenariats aussi avec les medias avec les télévisions. Il y’aura des émissions thématiques sur le tourisme, sur la découverte du pays. On va essayer d’emballer la machine autour de la connaissance de notre pays et du consommé touristique local.

C’est quoi « Taamu Sénégal » ? 

L’initiative « Taamu Sénégal » est une campagne nationale qui vise à mobiliser le Sénégal pour une nouvelle culture de consommation touristique. L’initiative « Taamu Sénégal » est une plateforme touristique qui a des offres touristiques à destination des nationaux. Quand on dit les nationaux, on n’oublie pas aussi la diaspora pour qu’ils aient une rencontre entre l’offre et la demande. Et ce sont des offres promotionnelles qui permettent aux sénégalais de pouvoir avoir accès à ces offres touristiques. Et ce, le plus facilement possible. C’est surtout aussi une façon de proposer un voyage en groupe aux entreprises qui peuvent, à partir de cette plateforme prendre contact facilement avec l’offre et pouvoir sélectionner les voyages qui pourraient intéresser les entreprises. Nous les incitons à le faire parce que rien que pour une estimation que nous avons faits à travers une petite étude révèle, que si on prend les entreprises publiques comme privées, les sociétés nationales comme les sociétés privées sur leur voyage d’entreprise à l’année qu’ils font un peu partout à travers le monde, ce n’est pas moins de 3,5 milliards. Si ces ressources sont investies ici au Sénégal dans des voyages en groupe touristique à travers le pays, c’est une démarche patriotique, de soutien à l’économie nationale à laquelle nous invitons tous les acteurs y compris les acteurs internationaux.

Le débat politique ces derniers jours est alimenté par la question du bradage du littoral. Quelle appréciation faites-vous de la sortie de Barth ?  

Je pense qu’il y’a quelques semaines, nous nous sommes prononcés sur la question. Nous constatons, pour s’en désoler qu’il y’avait une partie de l’opposition qui manifestement souhaitait construire une diversion pour sortir du vrai sujet. Vous savez que nous sommes à des centaines de milliers de mort à travers le monde sur cette question qui est la Covid 19. Donc, le sujet est extrêmement sérieux, extrêmement grave. Le Sénégal n’a pas connu de situation d’état d’urgence, de couvre-feu depuis 1988. On l’a connu que trois fois. Je crois qu’on l’a connu en 1968, 1988 et 2020. C’est dire que la situation est grave. Je n’ai pas entendu de Barthelemy Dias une proposition pour améliorer la résilience économique du Sénégal dans le contexte de Covid 19, pas celle d’Ousmane Sonko. Je n’ai pas entendu une proposition structurante, positive et constructive pour la consolidation de la résilience du Sénégal face à la pandémie encore moins au plan économique. Je pense que c’est des spécialistes de la polémique et souvent des polémiques stériles malheureusement. Et cette affaire du littoral l’a illustré parce que lorsque nous avons vu les documents qui sont sortis officiellement, il s’avère qu’il n’y a aucun document qui a été autorisé ou qui a été cédé à des particuliers dans cette zone depuis 2012. Mieux, les proches du régime ne sont pas attributaires. Pire, le principal accusateur, Barth, aurait donné des autorisations sur ce littoral qu’il prétend défendre. Ce qu’il faut souligner, c’est que le patron de la communication de la présidence, Seydou Guèye, a soutenu que les autorisations seront annulées donc, le débat est clos.

Réalisé par Zachari Badji et Cheikh Moussa SARR

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