Affaire Fillon : la procureure générale de Paris balaye les accusations de pressions




Philippe Escande éditorialiste économique

Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’indépendance de la justice, Catherine Champrenault a répondu jeudi à la polémique ouverte par l’ex-chef du Parquet national financier, Eliane Houlette.

Par Jean-Baptiste Jacquin et Simon Piel

La procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur « les obstacles à l’indépendance de la justice »,  à Paris,  le 2 juillet.

Les réponses de la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, étaient très attendues, à la suite de la polémique lancée par l’ancienne patronne du Parquet national financier (PNF), Eliane Houlette, sur les « pressions » qu’elle a dit avoir reçues de sa supérieure hiérarchique lors de l’affaire Fillon. Des propos tenus le 10 juin, qui ont nourri, à droite, les accusations d’une manipulation politique contre l’ancien premier ministre, alors candidat et favori de l’élection présidentielle.

Auditionnée, jeudi 2 juillet, par la commission d’enquête parlementaire sur « les obstacles à l’indépendance de la justice », Catherine Champrenault a balayé fermement toutes les critiques. « Il n’y a eu aucune instruction de la direction des affaires criminelles et des grâces [DACG] ou du pouvoir exécutif et je n’ai jamais relayé une demande du garde des sceaux pour influer sur une procédure, a-t-elle dit, manifestement agacée, dans des propos tenus sous serment devant les parlementaires. L’intensité des remontées a été à la seule mesure de l’intensité des actes d’enquête menés par le PNF. »

Des « remontées à la chancellerie »

La procureure générale de Paris a indiqué plus précisément qu’il y avait eu au total neuf remontées d’informations spontanées de la part du PNF entre le début de l’enquête préliminaire visant M. Fillon et son épouse, le 25 janvier 2017, et l’ouverture de l’information judiciaire le 24 février de la même année. Dans le même temps, le parquet a adressé au PNF quatre demandes d’information. Deux autres demandes ont émané du ministère de la justice.« Est-ce qu’on veut que le ministre de la justice soit uniquement informé par la presse ? C’est une possibilité. (…) Oui, il y a des remontées de l’information à la chancellerie en l’état du droit », a-t-elle affirmé.

Si Mme Champrenault s’attarde sur ces chiffres, c’est parce qu’ils contrastent avec le récit fait le 10 juin par Mme Houlette. Cette dernière avait décrit des demandes des renseignements « deux fois par jour ou tous les deux jours », puis « des demandes de transmission des premiers éléments sur les actes de la veille, avant 11 heures, des demandes de précisions sur les perquisitions en cours, sur les réquisitions supplétives, des demandes de chronologie générale – et tout cela à deux ou trois jours d’intervalle –, des demandes d’éléments sur les auditions, de notes des conseils des mis en cause, etc. »