Affaire Sarkozy-Kadhafi : les pièces manquantes de l’enquête libyenne




Le JDD

L’enquête clandestine sur les communications téléphoniques de son avocat n’est pas la seule dont la défense de Nicolas Sarkozy a été privée face aux soupçons qui l’entourent. Dans le dossier du prétendu financement de sa campagne de 2007 par le colonel Kadhafi, trois documents essentiels font toujours défaut : les dépositions de deux anciens hauts dignitaires du régime libyen, Abdallah Senoussi et Baghdadi Al-Mahmoudi, et la déclaration manuscrite de Moustapha Abdeljalil, ex-dirigeant du Conseil national de transition après la chute de la dictature. Selon un rapport du procureur général de Libye adressé le 6 novembre 2017 aux juges français, ces trois hommes ont affirmé que le document à l’origine de l’affaire, publié en 2012 par Mediapart pour étayer un versement occulte de 50 millions d’euros, était un faux. Mais ces trois pièces n’ont jamais été versées au dossier d’instruction.

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La copie des procès-verbaux réclamée en vain aux magistrats libyens

Après la révélation de cette étrangeté par le JDD en 2018, l’avocat de Sarkozy avait demandé qu’une copie de ces témoignages soit réclamée aux magistrats libyens. Le parquet de Paris s’était alors engagé à formuler une demande d’entraide judiciaire à Tripoli.

Malgré plusieurs relances, les procès-verbaux manquants ne sont jamais réapparus. Dans le même temps, pourtant, les juges parisiens chargés de l’affaire ont reçu plusieurs lots d’auditions et d’archives en provenance de la capitale libyenne. Ils s’y sont même rendus le 5 février 2019, pour interroger eux-mêmes Senoussi et Al-Mahmoudi ; mais les deux anciens kadhafistes n’ont pas été invités, à cette occasion, à réitérer ni à préciser leur témoignage sur ce point capital.




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