Après le second tour, Samia Ghali devient l’arbitre de l’élection municipale à Marseille




lemonde.fr

Philippe Escande

La sénatrice a un rôle important dans l’élection du maire de Marseille, samedi 4 juillet. Sur son téléphone, des SMS de félicitations, des œillades de la droite et des pressions de la gauche.

« Marseille ne pourra plus se faire sans les quartiers nord. » C’est par ces quelques mots tweetés sur son téléphone que, dimanche soir 28 juin, Samia Ghali a annoncé sa victoire dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, ce secteur qu’elle dirige depuis 2008. Il s’en est fallu de 386 voix seulement dans une triangulaire, avec, face à elle, le Rassemblement national (RN) et le Printemps marseillais, cette large coalition « citoyenne » et de gauche qui a porté Michèle Rubirola en tête des suffrages.

Les « quartiers nord » constituent l’un des territoires les plus pauvres de la deuxième ville de France, un ensemble de grandes cités, de zones d’entreprises et d’anciens villages à près d’une heure de bus du centre-ville. Le 8secteur de Samia Ghali n’en couvre que la moitié, le reste appartient au 7e secteur voisin, repris dimanche par la droite au RN. Mais la sénatrice socialiste, née il y a 52 ans, s’en veut l’unique porte-voix. Les quartiers nord, c’est elle.

Sa prophétie renvoie à une réalité arithmétique. L’élection de Michèle Rubirola, arrivée avec 13 091 voix d’avance mais sans majorité absolue au conseil municipal, reste incertaine sans l’aide des sept conseillers municipaux élus avec Samia Ghali. Avec 42 sièges sur 101, la candidate du Printemps marseillais est sous la menace de la droite. Lire aussi Municipales 2020 : les résultats à Marseille

Samia Ghali le sait : samedi 4 juillet, dans l’hémicycle du conseil municipal, ce bunker enterré à deux pas du Vieux-Port, elle sera la clé de l’élection de la future maire. Le ralliement du clan Ghali ne donnerait pas la majorité absolue à la gauche, mais lui offrirait une sorte d’assurance-vie. A défaut de prendre la ville comme elle en rêvait en lançant sa campagne, Samia Ghali, avec 2,89 % des voix et 5 025 électeurs au second tour, devient l’arbitre de l’élection.

Un « pistolet à plusieurs coups »

C’est l’avantage et l’inconvénient de devenir incontournable : votre smartphone devient une machine de guerre, sursaute, vrombit, livre messages, Tweet et alertes. Depuis dimanche, c’est le cas de celui de Samia Ghali. « Bravo ! » Dimanche, jusque tard dans la nuit, sont d’abord arrivées les félicitations.

L’ancienne élue socialiste reprend en effet un secteur conquis en 2008, mais laissé à un de ses élus en septembre 2017 pour cause d’interdiction de cumul des mandats. Pas besoin d’être marseillais pour saluer sa victoire. Tandis que de Paris, Lionel Jospin, Christiane Taubira ou Anne Hidalgo ont soutenu le Printemps marseillais, l’ex-secrétaire national du PS, Jean-Christophe Cambadélis, encourageait Samia Ghali. La nouvelle maire du 8e a été sa secrétaire nationale. Dès dimanche, il comprend que la sénatrice des quartiers nord a un « pistolet à plusieurs coups », mais juge qu’il faut s’allier avec Michèle Rubirola.




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