Bangladesh : un trafiquant arrêté après le meurtre de 30 migrants en Libye




Kamel Uddin, un Bangladais de 55 ans, a été interpellé lundi à Dacca, la capitale du pays. Il est soupçonné d’être le cerveau d’un réseau de trafic d’êtres humains du Bangladesh vers la Libye. Cette arrestation intervient une semaine après le meurtre en Libye de 30 migrants, dont 26 Bangladais commis par la famille d’un passeur.

Il est soupçonné d’être à la tête d’un trafic d’êtres humains entre le Bangladesh et la Libye. Kamal Uddin, un Bangladais de 55 ans, a été arrêté lundi 1er juin à Dacca, la capitale du Bangladesh.

Cette interpellation intervient après le meurtre la semaine dernière de 30 migrants, dont 26 Bangladais, commis par des membres de la famille d’un passeur libyen de 30 ans tué par des migrants.

L’accusé “a fait passer plus de 400 Bangladais” en Libye
Kamel Uddin “a avoué avoir des liens avec les trafiquants internationaux impliqués dans cet incident”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police, Sujoy Kumar Roy.

Le Bangladesh a demandé au Gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, reconnu par la communauté internationale, de mener une enquête sur les meurtres, de châtier les coupables et de dédommager les victimes.

Ce drame a mis en évidence le trafic dont sont victimes les jeunes du Bangladesh, que l’ont fait passer clandestinement en Libye avant qu’ils ne prennent la mer en direction de l’Europe.

“700 Bangladeshis ont été arrêtés par les garde-côtes libyens au cours de la pandémie”
Des dizaines de milliers de jeunes Bangladais ont tenté la périlleuse traversée de la Méditerranée au cours des dernières années, et le nombre de passeurs qui les exploitent en leur extorquant de fortes sommes d’argent a augmenté.

“Au moins 700 Bangladais ont été arrêtés par les garde-côtes libyens au cours de cette pandémie” de coronavirus, “ce qui donne une idée du nombre réel de Bangladais qui tentent ces périlleux voyages”, a déclaré à l’AFP Tasneem Siddiqui, responsable d’un groupe d’étude sur les migrations.

Lorsqu’un correspondant de l’AFP avait visité en 2016 le commune rurale de Beanibazar, un conseiller municipal avait indiqué que des milliers de jeunes payaient jusqu’à 12 000 dollars aux trafiquants pour un passage en Italie. Mais beaucoup ont été vendus comme esclaves en Libye, avait-il souligné.