Colombie: couvre-feu à Bogota après de nouvelles violences




Les Colombiens se sont à nouveau mobilisés vendredi 22 novembre et un couvre-feu a été décrété à Bogota après de nouvelles violences, au lendemain de manifestations massives contre le président Ivan Duque, qui a appelé à une « conversation nationale ».

Le couvre-feu, d’abord décrété dans trois quartiers populaires du sud de Bogota, a été étendu à toute la capitale de sept millions d’habitants, en réponse à des troubles et pillages dans la journée.

« À partir de huit heures du soir (1h00 TU samedi) couvre-feu dans les quartiers de Bosa, Ciudad Bolivar et Kennedy. À partir de neuf heures du soir, dans toute la ville. Les deux couvre-feux vont jusqu’à 06h00 » samedi (11h00 TU), a annoncé le maire Enrique Peñalosa dans un message. Un couvre-feu que des manifestants ont défié devant le domicile du président.

En milieu d’après-midi, quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées pour des « cacerolazos » (concerts de casseroles) notamment place Bolivar, cœur historique de Bogota. Mais les rassemblements dans la capitale se sont ensuite dispersés, la police anti-émeute faisant usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes.

En début de journée, les autorités avaient fait état d’un retour à la tranquillité sur l’ensemble du territoire. Mais peu après, de nouveaux incidents ont opposé des habitants du sud de Bogota aux forces de l’ordre, près de stations de transport urbain, fermées en raison des dégâts la veille.

Des supermarchés ont été pillés et des autobus attaqués dans ce même secteur, au lendemain de la plus importante mobilisation sociale de ces dernières années contre le gouvernement national.

Dès vendredi matin, le maire Peñalosa avait annoncé l’instauration de la « loi sèche » (interdiction de vente d’alcool) jusqu’à samedi à la mi-journée, invoquant la crainte de « vandales » pouvant générer d’autres violences. Plus tard, devant la presse, il a précisé que « près de 20 000 » policiers et militaires étaient déployés dans la capitale, et avaient procédé à environ 230 arrestations.

Conversation nationale

Le président Duque a indiqué sur Twitter avoir pris contact avec le maire pour une « évaluation et un suivi des récentes altérations à l’ordre public ». Il a par ailleurs,  lors d’une allocution télévisée, appelé à une « conversation nationale » prévue dès la semaine prochaine dans l’objectif final de « combler les écarts sociaux ».

« Cette conversation aura lieu dans les régions avec tous les secteurs sociaux et politiques. J’utiliserai des moyens électroniques et des mécanismes participatifs (…) pour que tous nous puissions édifier une voie significative de réforme », a-t-il ajouté.

(Avec agences)