Colombie : nouvelles émeutes après une bavure policière, dix morts




Colombie : nouvelles émeutes après une bavure policière, dix morts
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Les affrontements entre des manifestants révoltés par une bavure policière et les forces de l’ordre se sont poursuivis dans la nuit de jeudi à vendredi à Bogota et d’autres villes du pays. Au moins dix personnes sont mortes et des centaines ont été blessées.

Deuxième jour de manifestations à Bogota et la tension ne faiblit pas. Révoltés par une bavure policière, les manifestants se sont de nouveau rassemblés dans plusieurs quartiers de la capitale colombienne, jeudi 10 septembre, et des heurts avec les forces de l’ordre ont fini par éclaté dans la nuit. Au moins dix personnes sont mortes et des centaines ont été blessées.

Sept personnes, dont la plupart étaient “très jeunes”, ont été tuées par balle à Bogota, a déclaré la maire de la capitale, Claudia Lopez, lors d’une conférence de presse jeudi. Les sept victimes avaient entre 17 et 27 ans. Les autorités de Soacha, dans la banlieue de Bogota, ont indiqué à l’AFP que trois autres décès avaient été enregistrés dans la ville.

“Nous ne sommes pas sur un champ de bataille”

Des affrontements violents ont également éclaté dans la nuit à Medellin (nord-ouest) et Cali (sud-ouest), ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le gouvernement a annoncé l’envoi en renfort de 1 600 policiers et de 300 militaires. La maire de la capitale a, par ailleurs, précisé que 175 personnes ont été blessées, dont 66 par arme à feu et 12 par arme blanche, “pourtant nous ne sommes pas sur un champ de bataille”, s’est-elle indignée.

Le bilan des blessés a ensuite été réévalué à un total d’au moins 209 civils et 188 membres des forces de l’ordre.

“Utilisation indiscriminée des armes à feu”

“Il existe des preuves solides d’une utilisation indiscriminée des armes à feu par les policiers (…) Quel type de formation reçoivent-ils pour avoir cette réponse absolument disproportionnée à une manifestation ?”, avait déclaré auparavant la maire, qui milite dans l’opposition au président Ivan Duque.

Selon le gouvernement, 56 postes de police ont été “vandalisés” et 77 personnes interpellées pour “violence contre les forces de l’ordre”. “Nous sommes face à des actes de violence massifs”, a dénoncé le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo.

Mercredi après-midi, des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour protester devant le poste de police où Javier Ordoñez avait été conduit lors de sa violente arrestation la nuit précédente. La scène, filmée par des témoins, a été diffusée sur les réseaux sociaux, devenant rapidement virale. Cet ingénieur de 43 ans, qui achevait des études de droit, est décédé quelques heures plus tard à l’hôpital.

Des heurts étendus à Medellin, Cali ou Barranquillla


Des heurts ont éclaté puis se sont étendus dans plusieurs quartiers de la capitale ainsi que dans d’autres grandes villes, comme Medellin, Cali ou Barranquilla (nord).

Parmi les blessés, Frankpierre Charry, 23 ans, désormais hospitalisé entre la vie et la mort. “Il allait à un pâté de maisons, il s’est retrouvé en face de deux policiers qui se cachaient et qui lui ont tiré dessus”, dans le sud de la capitale, a raconté à l’AFP sa mère Blanca Clavijo.

“Les médecins disent qu’il a reçu une balle dans le dos, à très courte distance, qui a touché son estomac et endommagé ses intestins, son côlon”, relate-t-elle, désespérée, demandant que “justice soit faite pour les policiers assassins”.

Dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, on peut voir des gens terrifiés qui fuient au milieu de coups de feu. Un homme crie : “Il a été touché ! Il a été touché !”, tandis qu’un autre, ensanglanté, allongé sur le sol, est traîné par les manifestants.

Avec AFP




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