Coronavirus au Brésil: les infirmiers en grève pour la deuxième semaine d’affilée




A Rio de Janeiro, les infirmiers et aide-soignants du secteur public entrent dans leur deuxième semaine de grève. Sur la ligne de front contre le coronavirus, ils ne reçoivent plus leur salaire depuis plusieurs mois. Ils sont victimes d’un imbroglio administratif au niveau de l’état de Rio, dont l’ancien secrétaire à la Santé a été arrêté dans le cadre d’une vaste enquête de détournement d’argent dédié à l’achat de respirateurs en pleine pandémie.

Avec notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino

Elle travaille tous les jours, prend des risques et attend son salaire depuis deux mois. Cette infirmière, qui préfère rester anonyme, est obligée de dormir dans les dortoirs des pompiers près de l’hôpital où elle travaille, car elle n’a pas les moyens de payer les transports.

« Nous les travailleurs, on est abandonnés, confie-t-elle. Partout dans le monde, en plus d’être applaudis, les soignants sont reconnus pour ce qu’ils font. Au Brésil, on n’est ni applaudis, ni reconnus. »

Alors que le secrétariat à la Santé de l’État de Rio et les entreprises sous-traitantes du secteur se renvoient la balle, les infirmiers n’arrivent plus à payer leurs factures. Et avec la pandémie encore très présente, les conditions de travail sont épuisantes.

« Parfois même pas de pause pour manger »


« On se sent humiliés, témoigne une autre infirmière, qui elle aussi souhaite rester anonyme. Parce qu’on travaille quasiment 24 heures sur 24, parfois sans même réussir à faire une pause pour manger. Quand on rentre chez nous, nos factures en retard nous attendent. Et on ne sait pas quand tout ça sera résolu. »

En attendant, les infirmiers se relaient pour que 50 % des effectifs continue de travailler. Mais ils affirment qu’ils ne mettront fin à la grève que lorsque tous les travailleurs seront payés. Ils rappellent qu’au Brésil, plus de 500 soignants sont déjà morts contaminés par le coronavirus.