CÔTE D’IVOIRE – COUVRE-FEU DÉCRÉTÉ DANS DEUX VILLES, LE POUVOIR ACCUSE ET MENACE L’OPPOSITION




La violence électorale a finalement eu pour conséquence des actes administratifs de haute portée. Dans au moins deux villes, et pas des moindres, un couvre-feu de 19h à 6h du matin a été décrété du week-end jusqu’au lundi, inclus.

Il s’agit des départements de Toumodi, au centre dans la région de Bélier et surtout de Yamoussoukro, la capitale administrative du pays, dont le préfet, Kouamé Brou, a signé un arrêté portant instauration d’un couvre-feu pour trois jours, sur toute l’étendue du département de Yamoussoukro qui a été un des épicentres des tensions électorales, avec la mort de quatre personnes annoncées, mais aussi plusieurs bureaux de vote et du matériel électoral saccagé.

Hier, le Directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo a tenu un point de presse en réaction à la sortie de l’opposition, demandant une transition civile et une mobilisation générale. Pour lui, Affi Nguessan, Simone Gbagbo et consorts se mettent en marge de la loi et, par conséquent, s’engagent dans une posture de défiance de l’autorité de l’Etat. Bictogo appelle ainsi le gouvernement à faire preuve de fermeté devant le comportement des opposants radicaux.

« Que force soit à la loi », a-t-il insisté, après avoir révélé que que depuis quelques jours, certains des cadres du RHDP « sont attaqués par des gens armés par les responsables de l’opposition. » Le ministre Moussa Sanogo, en charge du Budget et du Portefeuille de l’Etat, a abondé dans le même sens à travers un communiqué, annonçant l’attaque subie par six agents de son département, en convoi près de Yamoussoukro, le jour du scrutin. Bilan : un agent blessé par balle et porté disparu, un autre grièvement blessé.