Demain, la paix au Soudan?




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Le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, lors de son déplacement au Darfour, le 4 novembre 2019. ASHRAF SHAZLY / AFP

Un accord de paix a été paraphé ce week-end par les représentants du gouvernement soudanais et ceux des principaux groupes armés du pays – principalement du Darfour. Il vise à mettre fin à dix-sept années de guerre civile. Le texte doit être officiellement signé ce lundi 31 août à Juba, la capitale du Soudan du Sud où ont eu lieu les négociations ces derniers mois. Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok est d’ailleurs arrivé à Juba dimanche 30 août après-midi pour la signature de cet accord historique.

Après dix mois de négociations, Khartoum et les principaux groupes armés du Darfour, du Kordofan du Sud et du Nil Bleu se sont enfin mis d’accord sur le partage du pouvoir, sur la sécurité, la justice, le retour des réfugiés. Une dizaine de mouvements a paraphé le document et est prête à signer l’accord final ce lundi à Juba.

Parmi eux figure le Front révolutionnaire soudanais, qui regroupe quatre groupes armés. Pour le porte-parole de cette coalition Mohammed Zakaria, cet accord qui devrait mettre fin à dix-sept ans de guerre civile est une victoire.

« Il y a quelques jours quand nous avons signé l’accord concernant les questions de sécurité – qui sont les points les plus difficiles de cet accord global – certaines personnes se sont mises à pleurer. C’était très émouvant, parce qu’il s’agit vraiment d’une victoire, notamment pour toutes les victimes de ce conflit. Les violences n’ont pas commencé en 89 avec l’arrivé d’Omar el-Béchir, la discrimination, l’absence de partage du pouvoir, de partage des ressources, tout cela a commencé en 56, juste après l’indépendance. Et après tout ce temps, que nous ayons enfin réussi à trouver des solutions à ces problèmes est une véritable victoire. Les gens sont contents, pas seulement les hommes politiques, ou les groupes armés, mais également la société civile, tous ceux qui vivent dans des camps au Darfour et qui ont une histoire tragique », développe Mohammed Zakaria.

Le document prévoit notamment le démantèlement des groupes armés, leur intégration dans l’armée régulière ou encore la participation de ces mouvements au gouvernement de Khartoum. Il mentionne également une justice pour les crimes commis durant la guerre civile au Darfour et la coopération de Khartoum avec la Cour pénale internationale à La Haye. Deux mouvements n’ont pas pris part aux négociations. Mais Khartoum espère encore pourvoir les convaincre de déposer les armes.

Un an après son accession au pouvoir, le gouvernement d’Abdallah Hamdok avait fait de cet accord avec les groupes armés une priorité pour ramener la paix dans le pays et tourner la page des années d’Omar el-Béchir. « Nous espérons vraiment aujourd’hui que tous, nous puissions mettre fin à la guerre, développer notre pays, avoir une démocratie et se respecter les uns les autres », conclut Mohammed Zakaria.