Élections au Burkina Faso: le vote se déroule dans le calme




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Près de 6,5 millions de Burkinabè votent ce dimanche 22 novembre pour élire à la fois leur nouveau président, mais aussi l’ensemble de l’Assemblée nationale. Ils sont treize candidats à briguer la magistrature suprême, dont le chef de l’État sortant Roch Marc Christian Kaboré.

Il est six heures à Ouagadougou, le jour vient de se lever. Au centre de vote de l’école primaire Toudweogo, dans le nord de la capitale, le premier électeur a voté à l’heure. Il s’agit de Mohammed Lemine, présent dès 5h30 pour glisser rapidement son bulletin dans l’urne avant la « bousculade ». Mais si ce bureau de vote a bien ouvert à l’heure, il semble l’exception puisque les cinq autres du centre n’accueillaient pas encore d’électeurs à 6h15. Quelques retards à l’ouverture étaient donc à signaler, décrivait notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Carine Frenk.

À l’École Charles Peguy en revanche, dans le quartier Tanghin, toujours au nord de la capitale, les trois bureaux du centre ont bien ouvert à l’heure. Pas de file d’attente pour voter, les électeurs arrivent petit à petit.

Les électeurs votent deux fois pour cette élection : d’abord pour la présidentielle, puis ils reviennent dans l’isoloir pour les législatives. Certains confient que ce second vote est plus laborieux, puisque notamment dans le quartier de Somgandé, il y a près de 90 listes. Le bulletin fait donc la taille d’une petite affiche. Et un votant expliquait qu’avec sa vue défaillante, il avait eu du mal à voter.

Vers neuf heures au lycée Bambata dans le centre-ville de Ouagadougou, il y a un peu plus de monde. Dans la file d’attente, Marguerite attend de pouvoir voter. Elle est d’abord allée à la messe ce matin et ensuite, elle est venue déposer son bulletin dans l’urne. Il y a aussi Souleymane, un jeune homme qui attend son tour. C’était important pour lui de venir voter aujourd’hui. Sa préoccupation est surtout sécuritaire. Alors ce matin, avant de venir, il a été à l’église et il a prié pour qu’il n’y ait pas d’attaques ce dimanche.

Moi avant de voter, j’ai prié chez moi et j’ai demandé au bon Dieu de nous épargner vraiment pour qu’il n’y ait pas d’attaque terroriste. Aujourd’hui, c’est un jour spécial. On veut voter dans la paix et que le meilleur gagne.

Les électeurs burkinabè s’expriment en attendant leur tour pour voter

Carine Frenk

Une élection dans le calme à Ouagadougou

Dans l’ensemble, l’ambiance est assez calme, rapporte notre envoyée spéciale à Ouagadougou, Paulina Zidi. Aucun incident majeur n’a donc pour le moment été signalé à la capitale à la mi-journée. Il n’y pas non plus de chiffre de la participation. Dans l’ensemble, il n’y avait pas le même engouement qu’en 2015, où la participation avait été forte. Des observateurs croisés dans un bureau de vote du centre-ville confirmaient cette impression. Ils n’avaient pas constaté de leur côté de tension particulière.

Les bureaux de vote sont dans les clous : les urnes sont scellées et les représentants des candidats sont là. Il manque parfois du gel hydroalcoolique ou des enveloppes pour le dépouillement. Tout ce matériel est attendu dans la journée. Les responsables des bureaux se veulent de leur côté rassurants expliquant que cela n’empêche pas la tenue du scrutin. 

Les bureaux de vote devaient ouvrir dès 6h ce dimanche 22 novembre pour permettre aux Burkinabè de désigner leur président et leurs députés. © RFI/Paulina Zidi

Inquiétudes sécuritaires

Dans l’ensemble, le vote se déroule dans le calme à l’intérieur du pays, raconte notre correspondant au Burkina Faso, Yaya Boudani. Même si quelques difficultés d’organisations sont à noter, notamment dans l’extrême-nord à Tin-Akoff où la population patiente. Le personnel et le matériel électoral n’ont pas pu quitter la localité de Gorom-Gorom pour des raisons sécuritaires. Dans l’Est, certains bureaux de votes des villages de Diapaga ont du être fermé à cause de la menace d’hommes armés. 

Sur le terrain, les forces de l’ordre sont massivement déployées pour la sécurisation du scrutin. L’objectif est de prévenir tout attaque de jihadistes qui tenteraient de perturber les opérations électorales. En raison de cette situation sécuritaire instable, près 6% des bureaux de vote du pays ne peuvent d’ailleurs pas ouvrir.

Un président et 127 députés à élire

En quelques heures, Ouagadougou a changé de visage. Fini la campagne qui s’est terminée vendredi soir, la plupart des affiches ont d’ailleurs été retirées, place à la journée de vote. Les électeurs doivent choisir leur président pour les cinq prochaines années parmi les 13 candidats en lice, dont le chef de l’État sortant Roch Marc Christian Kaboré qui a glissé son bulletin dans l’urne dans la matinée à l’école Patte d’oie. Ils doivent aussi élire les 127 députés de l’Assemblé nationale.

Plusieurs autres candidats à la présidentielle ont déjà accompli leur devoir électoral. Zéphirin Diabré, le chef de fil de l’opposition a voté dans la matinée à Ouagadougou. Le candidat Tahirou Barry a voté à de l’école Nonglom de Toudoubweogo toujours dans la capitale. Gilbert Noël Ouédraogo, de l’ADF-RDA,  a voté à Ouahigouya. Enfin, le candidat du parti Soleil d’Avenir, Abdoulaye Soma a accompli son devoir civique à l’école publique Tougouena au secteur 5 de Banfora.

Au total, 21 155 kits de matériel, notamment les bulletins de vote et les procès-verbaux, ont été distribués. Pour organiser ces élections, le budget s’élève à 90 milliards de francs CFA (13 millions d’euros).

Si le pouvoir en place se montre confiant quant à l’issue de ce premier tour, allant même jusqu’à prédire un coup KO, l’opposition n’a pas dit son dernier mot. D’ailleurs son chef de file a d’ores et déjà mis en garde contre le risque de « fraudes massives ». « Nous sommes prêts à perdre à la loyale, explique Zéphirin Diabré, mais nous n’accepterons pas de nous faire voler la victoire. »




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