Incendies en Californie : des pompiers épuisés par des feux qui ne faiblissent pas




De gigantesques incendies continuent de ravager l’ouest des États-Unis depuis plus d’un mois. Sur le terrain, fatigue et stress se font sentir chez les pompiers californiens en sous-effectifs et soumis aux contraintes sanitaires liées au Covid-19.

Pas d’accalmie pour l’ouest des États-Unis, en proie aux flammes depuis la mi-août. Plus de 19 000 pompiers combattaient encore 27 “incendies majeurs”, lundi 21 septembre, en Californie.

Après un mois d’intervention intense, les pompiers américains, dont la tâche titanesque est rendue encore plus compliquée par la pandémie de coronavirus, sont épuisés.

“Nous n’avons jamais vu de tels incendies auparavant”, assure Darrell Roberts, chef de bataillon avec vingt ans d’expérience. De retour d’une mission de trois semaines au cœur des forêts en flammes, ce vétéran impute ce désastre au réchauffement climatique.

“Chaque année, les températures augmentent, on bat de nouveaux records et ça devient de plus en plus sec. Voilà ce que je sais en tant que pompier qui est sur le terrain depuis vingt ans”, dit-il. “Le changement climatique a un impact direct. C’est évident pour moi. Et on n’en voit pas le bout”, estime Darrell Roberts.

Adapter l’organisation des secours aux contraintes sanitaires

L’ampleur des feux, qui ont déjà dévasté plus de 20 000 km2 et tué plus de 30 personnes cette saison sur la côte Ouest, remet en question les techniques traditionnelles de lutte contre les incendies, poussées à leur extrême limite, selon Darrell Roberts.

À cela s’ajoutent les contraintes sanitaires liées au Covid-19. “Ça met une énorme pression sur les pompiers, car notre boulot est de sauver des vies, et maintenant nous devons en outre penser à nous protéger nous-mêmes”, explique-t-il.

Les responsables des secours ont dû adapter la configuration des camps de base pour minimiser les risques de contagion. Beaucoup de pompiers ont même apporté leur propre tente individuelle par sécurité.


Taux de dépression et de suicide élevé

La fatigue est aussi psychologique, avec le danger, les scènes de destruction et en prime l’éloignement de la famille. Ce stress se traduit par un taux de dépression et de suicide plus élevé que la moyenne chez les pompiers américains, qui ont statistiquement plus de risques de mettre fin à leurs jours que de périr en mission.

Selon Darrell Roberts, les combattants du feu manquent de ressources humaines. “Tous les pompiers sont littéralement déployés sur le front, avec d’autres venus de tous les États-Unis et même d’autres pays”, indique-t-il.

Plus de 17 000 pompiers sont à pied d’œuvre contre les flammes dans le seul État de Californie. Pour le chef de bataillon, membre de l’Association internationale des pompiers, l’ampleur historique des feux de forêts en cours, qui devraient se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, va malheureusement devenir la norme.

Avec AFP