Inquiète du chômage, l’Espagne tente de rassurer les touristes étrangers




Chasser les doutes des Européens sur la résurgence de la pandémie est crucial pour l’Espagne qui compte sur les touristes étrangers pour relancer son économie. D’autant que le taux de chômage pourrait fortement augmenter à la rentrée.

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez veut inverser la tendance. Alors que plusieurs pays – Pays-Bas, Belgique, Allemagne et Royaume-Uni – déconseillent à leurs ressortissants d’aller en vacances sur le littoral espagnol, Madrid adresse le message inverse. À savoir : ce n’est pas vrai, notre pays est un pays sûr pour y passer l’été. Il y a certes des zones de contagion, comme l’Aragon, la Navarre ou la Catalogne, mais des régions touristiques comme les Baléares, les Canaries ou l’Andalousie sont plus sûres d’un point de vue sanitaire que le Royaume-Uni.

Le socialiste Pedro Sanchez tente désespérement de redorer le blason du pays qui avec l’Italie a le plus souffert de la pandémie, analyse François Musseau, notre correspondant à Madrid. D’autant que l’Espagne depuis le déconfinement enregistre une hausse inquiétante des contaminations : sept fois plus cette semaine qu’il y a un mois.

Jusqu’à 20 % de chômage d’ici fin 2020

Cette hausse est un terrible nouvelle pour le tourisme, qui pèse 13 % du PIB, et alors qu’un million d’emplois ont été perdus depuis le début du confinement. Une hémorragie qui ne se reflète pas complètement puisque l’immense majorité a été classée dans la population dite « inactive ». Le taux de chômage actuel s’établit à 15,3 % au deuxième trimestre contre 14,4 % au premier.


Mais pour Jésus Castillo, économiste chez Natixis, « les prochains mois vont connaître une poursuite de la hausse du taux de chômage parce qu’il y a des personnes qui n’ont pas pu faire la démarche pour se déclarer comme demandeurs d’emploi ». Trois raisons : la fermeture des bureaux, l’obligation de rester chez soi à cause du confinement et la garde des enfants ou des proches dépendants. Or « ces personnes vont revenir sur le marché du travail, insiste l’économiste, interrogé par Pauline Gleize, du service Économie de RFI. Donc ça va faire remonter le taux de chômage. Ensuite, il faudra voir comment les entreprises peuvent préserver l’emploi et se remettre à créer de l’emploi. Il y a encore beaucoup d’incertitudes. »

Le gouvernement espagnol table ainsi sur 19 % de chômage pour la fin 2020 et le Fonds monétaire international sur 20,8 %.

Couloir sanitaire dans les Baléares

Soucieuse de sauver une saison touristique désastreuse, la présidente des Baléares a proposé au Royaume-Uni un couloir sanitaire aérien pour attirer les touristes britanniques. C’est loin d’être gagné. D’autant que le centre de coordination de la lutte contre le virus à Madrid, craint fort qu’on soit ici au début d’une seconde vague. Un scénario qui serait dramatique.




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