Italie : Matteo Salvini face à la justice pour “séquestration de migrants”




L’ancien ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, accusé de “séquestration de migrants”, sera face à un juge samedi. À la suite de plusieurs audiences, le magistrat décidera ou non de son renvoi en justice.

L’ancien ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, va faire face à un juge samedi 3 octobre. Le chef du parti d’extrême-droite la Ligue est poursuivi pour “abus de pouvoir et séquestration de personnes” pour avoir bloqué à l’été 2019 durant plusieurs jours 116 migrants à bord d’un navire des garde-côtes italiens, le Gregoretti.

Ces migrants secourus en mer Méditerranée étaient restés près d’une semaine sur le navire italien, faute d’autorisation de débarquer de Matteo Salvini.

En février dernier, le Sénat italien avait voté la levée de son immunité, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires. Matteo Salvini avait alors maintenu sa position et défendu sa politique.

“Je plaiderai coupable d’avoir défendu l’Italie et les Italiens”, a-t-il d’ailleurs dit récemment devant ses supporteurs. Mercredi, il a assuré sur son compte Twitter qu’il irait au procès “la conscience tranquille, avec l’orgueil d’avoir défendu l’honneur de l’Italie”.

Le système judiciaire italien prévoit une audience préliminaire devant un magistrat au cours de laquelle le parquet et la défense exposent leurs arguments. Le juge décide ensuite du renvoi en justice ou non du mis en cause.

Matteo Salvini encourt 15 ans de prison
Le parquet peut demander de classer l’affaire sans suite mais le juge peut ne pas en tenir compte et obliger le ministère public à formuler une accusation. Selon les médias italiens, le juge devrait rendre sa décision de poursuivre Matteo Salvini ou non en justice à l’issue de deux-trois audiences, dont les dates n’ont pas été fixées. L’audience de samedi en Sicile sera uniquement consacrée à la constitution des parties civiles.

Le juge expérimenté Nunzio Sarpietro, qui conduira les débats, a récemment assuré au quotidien La Repubblica que Matteo Salvini trouvera en lui un magistrat “qui lui garantira un procès juste et équitable, comme à n’importe quel autre citoyen”.

L’ancien ministre de l’Intérieur, qui encourt 15 ans de prison, a réitéré n’avoir fait que son devoir et rien d’illégal. “Qu’il y ait un tribunal qui se permet de juger un choix politique et de gouvernement d’un ministre est un précédent dangereux”, a-t-il commenté mercredi.

Les ennuis judiciaires de Matteo Salvini pourraient se poursuivre avec la tenue d’un procès similaire à Palerme, en Sicile. L’homme politique est, là aussi, accusé d’avoir bloqué pendant 19 jours à la mi-août 2019 le navire humanitaire Open Arms au large de Lampedusa.




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