Le Canada souhaite accueillir plus de 400 000 immigrants par an d’ici à 2023




lemonde.fr

Philippe Escande

Cet objectif, motivé par le manque de main-d’œuvre, constituerait un record pour ce pays à la longue tradition d’accueil. Mais il sera difficile à atteindre dans le contexte sanitaire actuel.

Un million deux cent mille nouveaux arrivants au Canada d’ici 2023 : c’est l’objectif que le gouvernement libéral de Justin Trudeau s’est fixé dans son nouveau plan triennal en matière d’immigration. Un objectif ambitieux qui, s’il devait être atteint, constituerait un record historique pour ce pays qui a pourtant déjà derrière lui une longue tradition d’accueil. Il faut remonter à 1913 pour que le seuil des 401 000 immigrants soit franchi, le gouvernement s’engage à faire autant dès 2021, jusqu’à atteindre 421 000 nouveaux résidents permanents en 2023, dont la grande majorité, 60 % relèveront de l’immigration économique. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Avec le Covid-19, les Canadiens découvrent les bienfaits (et les limites) de l’Etat-providence

Car lors de la présentation de ce plan le 30 octobre, Marco Mendicino, le ministre de l’immigration, des réfugiés et de la citoyenneté, n’en a pas fait mystère : le but de cet appel d’air est bien de relancer l’économie et de combler le manque de main-d’œuvre dans les secteurs qui en ont le plus besoin comme la santé, les technologies de l’information ou encore l’agriculture.

Dans ce pays où près d’un habitant sur cinq a plus de 65 ans, où le taux de natalité est l’un des plus faibles des pays occidentaux (1,47 enfant par femme), la pénurie de travailleurs est un mal endémique que la pandémie est venue aggraver. « Le plan d’aujourd’hui nous aide à compenser les perturbations causées par le Covid-19 », a reconnu le ministre. La mise à l’arrêt de l’économie au printemps fait anticiper un recul du PIB de 5,7 % sur l’année par la Banque nationale du Canada et une explosion du chômage à près de 9 % en octobre (contre 5,5 % un an auparavant).

Près d’un habitant sur cinq a plus de 65 ans, et le taux de natalité est l’un des plus faibles des pays occidentaux (1,47 enfant par femme)

Lors de son discours du Trône en septembre, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit convaincu que l’immigration permettrait au Canada de « maintenir sa compétitivité » sur la scène internationale. « Alors que d’autres pays ferment leurs portes aux talents mondiaux susceptibles d’aider leur économie, le Canada a la possibilité, dans le cadre de sa relance, de devenir la première destination mondiale pour les talents, les capitaux et les emplois », a-t-il affirmé.

Lehic, c’est que cette annonce intervient justement en pleine pandémie. Celle-ci a entraîné depuis mars la suspension de la plupart des vols internationaux et la fermeture de la frontière avec les Etats-Unis pour tous les travailleurs non essentiels, provoquant de facto une chute importante de l’immigration. Le Canada espérait accueillir 341 000 nouveaux immigrants en 2020. Mais dans un récent rapport intitulé « Immigration, le rêve canadien repoussé », la Banque royale estimait que seules 128 425 personnes étaient bien arrivées sur son sol fin août.




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