L’Italie débute le rapatriement de migrants tunisiens




À partir de ce lundi 10 août, l’Italie va commencer à renvoyer dans leur pays des migrants tunisiens arrivés clandestinement. La crise du Covid-19 a touché de plein fouet l’économie tunisienne et des arrivées massives se sont produites ces derniers mois : plus de 4 000 Tunisiens ont ainsi rejoint les côtes italiennes en juillet.

La tension reste cordiale mais palpable entre Tunis et Rome sur le sujet de la migration clandestine. Le ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, a déclaré le 6 août dans un statut Facebook que la « Tunisie étant considérée comme un pays sûr et non un pays en guerre », selon ses mots, des « rapatriements » de migrants clandestins tunisiens arrivés sur des embarcations illégales, commenceront dès ce lundi 10 août à raison de 80 personnes par semaine et ce, en accord avec les autorités tunisiennes.

Côté tunisien, la garde nationale de la ville de Mahdia, l’un des principaux points de départ pour les candidats à l’exil, a annoncé une nouvelle stratégie sécuritaire avec les services de renseignements pour cibler d’avantage les réseaux de passeurs. Du 6 au 8 août, les autorités ont arrêté près de 23 passeurs dans cette zone. Presque chaque mois, plus d’une centaine d’arrestations sont réalisées et près d’une cinquantaine de tentatives d’immigration clandestine sont avortées par les autorités selon les chiffres officiels, avec une nette augmentation au mois de juillet.

Le président Kais Saied avait pourtant nuancé l’approche sécuritaire en optant pour un discours sur la responsabilité « collective » face à l’immigration. Il a parlé de problème « tuniso-tunisien », dénonçant l’incapacité de la classe politique à résoudre les problèmes socio-économiques du pays depuis la révolution.