Malte : neuf mois de prison pour une vingtaine de migrants impliqués dans une émeute




Vingt-deux migrants ont été condamnés mercredi à neuf mois de prison et 800 euros d’amende pour avoir organisé et mené une violente émeute dans leur centre de rétention à Malte début janvier. Ils entendaient protester contre leur rétention injustifiée.

Un magistrat a condamné, mercredi 22 janvier, plus d’une vingtaine de migrants à neuf mois de prison pour leur implication dans une violente émeute survenue le 6 janvier au centre de rétention d’Hal Safi, dans le sud de l’île européenne de Malte. Ils écopent également d’une amende de 800 euros chacun.

Les 22 hommes ont été reconnus coupables d’avoir insulté et menacé des fonctionnaires, d’avoir violemment résisté à leur interpellation, d’avoir légèrement blessé les policiers, d’avoir désobéi à leurs ordres, d’avoir participé à une émeute, d’avoir comploté pour commettre un crime et d’avoir endommagé des biens appartenant au gouvernement, rapporte le quotidien Times of Malta.

La majorité d’entre eux sont de nationalité soudanaise, mais on dénombre également un Libyen, un Égyptien, un Érythréen, un Éthiopien, un Guinéen, un Camerounais et un Algérien. Deux sont des mineurs âgés de 15 et 17 ans. Les autres ont entre 18 et 44 ans.

1 400 migrants en centre de rétention sans aucune justification
L’émeute s’était déclarée en début de soirée le 6 janvier, s’empirant au fil de la nuit. Des dizaines de policiers étaient intervenus pour ramener le calme.

Selon la police, les migrants s’étaient précipités vers la sortie, jetant des pierres dans leur direction. Des objets et des meubles avaient également été endommagés dans les dortoirs.

Les émeutiers voulaient protester contre la privation de liberté et leurs conditions de vie. Selon un récent décompte de l’ONU, quelque 1 400 migrants sont retenus dans les deux centres maltais d’Hal Safi et Marsa, sans aucune justification. Il s’agit majoritairement de demandeurs d’asile secourus en Méditerranée par la marine maltaise ou par les navires humanitaires au large de la Libye. Certains arrivent aussi à attendre les côtes maltaises par leurs propres moyens.

Officiellement, le gouvernement justifie ce placement en rétention par des contrôles sanitaires qui ne doivent pas dépasser deux semaines. Mais dans les faits, cette étape s’étire sur plusieurs mois durant lesquels les migrants sont privés de liberté, de leur téléphone mobile et des effets personnels avec lesquels ils sont arrivés, y compris leur argent liquide.

À plusieurs reprises déjà l’année dernière, des migrants retenus ont manifesté pour réclamer leur liberté. Des voitures avaient été incendiées et des biens publics lourdement endommagés.