Président Trump, an IV : l’homme qui nie




lemonde.fr

Rafaële Rivais

auteur

Gilles paris

Washington Correspondant

Tant que le président américain continuera à nier la réalité de la tempête qui s’abat sur les Etats-Unis, il sera hors sujet, analyse Gilles Paris, notre correspondant à Washington.

Rien ne va. Rien du tout. La courbe des décès imputés à la pandémie de Covid-19 repart à la hausse. Un fidèle du président, le gouverneur républicain de Géorgie Brian Kemp, poursuit en justice la maire d’Atlanta, la démocrate Keisha Lance Bottoms, parce qu’elle veut rendre le port du masque obligatoire. Et la Maison Blanche assure à qui veut l’entendre que l’immunologiste en chef des Etats-Unis, Anthony Fauci, considéré comme un trésor national par une bonne partie des Américains, est un incompétent.

Donald Trump a partagé la théorie du complot d’un animateur de jeux télévisés convaincu que « nos docteurs mentent » à propos du virus pour gâcher ses chances de réélection. Le responsable de sa communication numérique, Dan Scavino, qui appartient au cercle étroit de ses fidèles, s’est appuyé sur une caricature d’un dessinateur d’extrême droite pour assurer qu’Anthony Fauci veut la mort de l’économie américaine. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Face à Donald Trump, le docteur Anthony Fauci, la voix de la raison

Un proche conseiller du président pour le commerce, Peter Navarro, a publié une tribune contre l’inoxydable directeur de l’Institut national des maladies infectieuses à ce point violente que la responsable de la communication de la Maison Blanche a assuré qu’elle n’avait pas été validée en interne. Interrogé par le magazine The Atlantic, Antony Fauci a jugé avec flegme la situation « un peu bizarre ».

Rien ne va parce que Donald Trump, qui a cru trop tôt en être débarrassé, n’évoque plus la pandémie que par inadvertance, et que la Maison Blanche se dissout jour après jour, transformée en podium permanent d’un candidat en campagne privé de meetings par le coronavirus. Mardi, à l’occasion d’une interminable intervention suscitée initialement par la signature d’un décret contre la prise de contrôle de Hongkong par Pékin, il a mentionné six fois la maladie contre trente et une fois son adversaire à la présidentielle de novembre, le démocrate Joe Biden. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Entre la Chine et les Etats-Unis, l’escalade des tensions

Donald Trump parle de tout, à tort et à travers

Le Président Donald Trump, lors d’un événement sur la pelouse de la Maison Blanche, le 16 juillet.

Le lendemain, Donald Trump a posé les pouces levés, derrière le Resolute Desk du bureau Ovale, pour vanter les produits alimentaires d’une entreprise dont le responsable le soutient sans réserve. Jeudi, il a fait installer deux pick-up trucks sur la pelouse de la Maison Blanche. L’un bleu, la couleur du camp démocrate, écrasé par le poids des régulations ; l’autre rouge, celle du Parti républicain, allégé du fardeau grâce à l’intervention d’une grue incarnant son administration.

Au cours de la même semaine, il a assuré que l’accord de Paris avait été conçu spécifiquement pour affaiblir les Etats-Unis. Que le cap de l’efficacité énergétique que s’est fixé Joe Biden obligerait les architectes américains à supprimer les fenêtres des bâtiments. Et que les démocrates, sous couvert de lutter contre la discrimination dans le logement, veulent « détruire » les banlieues pavillonnaires.




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