Pape Mor Djité : Assassin de Boutèye Kounta Ndiaye, évadé de Rebeuss, accusé dans l’affaire des cambistes d’Orabank




Pape Mor Djité. Lorsque son nom a retenti, ce mardi, dans la salle d’audience de la Chambre criminelle du tribunal hors classe de Dakar, l’assassinat de Boutèye Kounta Ndiaye est revenu dans les esprits. Cependant, des profanes se sont demandé comment une personne condamnée à la perpétuité en 2017 pour des faits qui se sont déroulés six (6) auparavant pouvait être citée dans une affaire de braquage en 2015.
En effet, le 9 mai 2011, le jeune homme de 26 ans a abrégé la vie du concessionnaire de véhicules de luxe dansson parking situé à deux pas de son domicile Cité Keur Damel, en face du complexe Yeungoulène après un traquenard. Le corps sans vie a été découvert quatre jours plus tard, ligoté avec une corde et un madrier et mis dans des sacs de riz en plastique. En fait, Pape Mor Djité l’avait jeté dernière l’école polytechnique de Thiès. L’autopsie effectuée à l’hôpital Aristide Le Dantec a établi une « mort à la suite d’une asphyxie mécanique par strangulation avec une cravate ».

L’« individu dangereux, sadique, pondéré » et son évasion de la prison

Arrêté alors qu’il tentait de quitter le pays, aidé par son ami Talla Diassé, le technicien supérieur en informatique est placé sous mandat à la prison de Rebeuss. Dans le procès-verbal d’enquête préliminaire dressé par les éléments de la Division des investigations criminelles (Dic), il a été mentionné que le célibataire sans enfant est « un individu dangereux, sadique, pondéré qui a essayé de détourner la religion de la justice en fournissant un argumentaire basé sur des scénarios imaginaires ». Et qu’il a fallu qu’il soit confondu par des éléments de preuves relevés à son encontre pour qu’il daigne faire des aveux circonstanciés.
Audacieux, l’informaticien va réussir à tromper la vigilance du seul garde pénitentiaire affecté à sa surveillance. Pape Mor Djité s’évade de la citadelle du silence. C’était le 27 juin 2014 lors d’une visite au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec, : « On m’avait incarcéré à Rebeuss pour assassinat Suite à des problèmes de cœur, j’avais des rendez-vous à l’hôpital Le Dantec. Je me suis enfui au troisième rendez-vous quand un des patients a eu un malaise. Je me suis échappé à bord d’un taxi pour aller au garage de pompiers où j’ai pris un véhicule pour regagner Rosso après avoir vendu des chaussures pour payer le transport. Une fois sur place, j’ai payé un bus pour aller me réfugier en Mauritanie ».

« L’erreur commise » dans le braquage des cambistes d’Orabank

L’assassin pensait échapper au glaive de Dame justice. Que nenni ! L’affaire du hold-up en plein jour devant Orabank sise à la rue Carnot X Jean Jaurès (Dakar) le 22 mai 2015 va lui coûter cher. Les deux principaux mis en cause, Cheikh Ndiaye et Arona Amadou Sow alias Baba ont arraché le sac contenant 250 000 Euros soit 166,700 millions de FCFA à deux cambistes avant de s’enfuir vers la Mauritanie. A Nouakchott, ils seront hébergés par Pape Mor Djité. « Un jour, je les ai surpris en train de compter des euros. Cheikh m’a dit que c’était pour son commerce. Après insistance, il m’a dit que cet argent est issu du cambriolage du cambiste à Dakar. Je ne pouvais pas les dénoncer parce que moi-même j’étais un fugitif parce que j’avais des problèmes », a servi le fugitif pour se dédouaner. En vain. Le tueur froid sera arrêté puis envoyé en prison, en même temps que ses co-acolytes pour vol en réunion commis avec usage de moyen de locomotion, association de malfaiteurs et recel de malfaiteurs.
Entre temps, son dossier devant la Chambre criminelle de Dakar dans l’affaire de l’assassinat de Boutèye Kounta Ndiaye est enrôlé. Pape Mor Djité et son ami Talla Diassé sont jugés dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 février 2017 pour association de malfaiteurs, assassinat, recel de cadavre et non-dénonciation de crime.

Une deuxième condamnation à une peine de travaux forcés plane sur sa tête

Le 21 février 2017, le verdict tombe. L’assassin écope des travaux forcés à perpétuité. Là où son co-accusé a pris 15 ans de travaux forcés pour non dénonciation d’un crime.
Hier, Pape Mor Djité a comparu dans l’affaire des monnayeurs d’Orabank. Sur ce, il risque 3 ans pour évasion et 10 ans pour recel de malfaiteurs avec confusion des peines. Par ailleurs, ses co-accusés encourent 15 ans de travaux forcés. La décision est attendue le 18 février prochain.
Toutefois, même si la Chambre criminelle suit le réquisitoire du parquet général Saliou Ngom, cette sentence sera un coup d’épée dans l’eau pour Pape Mor Djité qui a déjà sur son compteur judiciaire la prison à vie.