Cumul des fonctions de chef d’Etat et de chef de parti : Premier désaccord au sein de la Commission politique




La Commission politique du Dialogue national a acté, hier, son premier désaccord. Les différents pôles qui ont enregistré un maximum de consensus depuis le début de leurs travaux n’ont pas trouvé de plages de convergence sur la question du cumul des fonctions de chef d’État et de chef de parti.

Un point d’achoppement et sans doute le premier. Les parties prenantes au Dialogue politique n’ont pas trouvé, hier, un consensus sur le cumul du statut du Chef d’État et de chef de parti politique. Si l’opposition plaide pour le principe de la séparation des fonctions, les autres parties tiennent au statut quo. Elles disent ne pas souscrire à l’idée qu’un Président nouvellement élu soit obligé de se démettre de ses fonctions de chef de parti. Pour le pôle des non-alignés, il y a lieu de s’interroger sur la nécessité d’engager une telle réforme. « Il faut se demander si l’état de notre démocratie, tant au niveau de notre pays que du fonctionnement des partis, permet de telles réformes », a souligné Déthié Faye. Pour lui, il est bien possible de préserver la stabilité en maintenant le statut quo. Il considère que toute personne qui s’attaquera à l’institution qu’est le Chef de l’État peut être poursuivi.

« L’article 80 qui est considéré comme un article fourre-tout est souvent indexé. Il serait bien de revoir l’alinéa pour le rendre plus respectueux des droits et des libertés que les faits pour lesquels pouvaient être incriminés soient clairement identifiés », précise M. Faye. La société civile qui avait affiché la même position que l’opposition a fini par la réajuster.

Organisation des élections

Les acteurs du jeu politique comptent également finaliser, ce vendredi, le point axé sur les autorités en charge des élections. En effet, elles ont posé le débat sur la neutralité du ministère de l’Intérieur par rapport à l’organisation des élections. À l’image de la société civile, ils ont proposé la désignation d’une autorité chargée de gérer ce volet. Cette option favoriserait, à leurs yeux, la tenue d’élections transparentes. Ils proposent la création d’un ministère chargé des élections ou d’une haute autorité indépendante.

Une recommandation qui n’agrée pas la mouvance présidentielle. Cette dernière considère que le renforcement des organes de régulation, comme le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et la Commission électorale nationale autonome (Cena), suffit. « Nous pensons que dans les grandes démocraties, c’est l’État qui organise les élections. Nous estimons, dans ce sens, qu’il faut évaluer les organes existants et aller dans le sens du renforcement de leurs prérogatives », a expliqué Cheikh Sarr. Il a estimé que les parties prenantes, qui vont également revenir sur la question de la vacance et de la suppléance au poste de maire et président de Conseil départemental, vont finaliser ces deux points abordés hier. « On actera un consensus s’il y a lieu ou des désaccords si c’est le cas, mais nous avons pris l’option d’évacuer toutes les questions urgentes », a souligné M. Sarr.