Fraude et corruption : L’Ofnac préconise «un examen sans complaisance» du secteur de l’état civil




L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a organisé, jeudi, un atelier national consacré aux risques et vulnérabilités à la fraude et à la corruption en matière d’état civil au Sénégal. Une occasion saisie par Seynabou Ndiaye Diakhaté, directrice de l’Ofnac, et le directeur de l’état civil, Aliou Ousmane Sall, de réclamer « un examen sans complaisance » de ce secteur.

L’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) a procédé, jeudi, à la clôture de la 4eme édition de sa quinzaine de lutte contre la corruption à travers un atelier consacré à la gouvernance du secteur de l’état civil. Venue présider la rencontre, la directrice de l’Ofnac a souligné, dans son discours d’ouverture, que le secteur de l’état civil, sujet à de récurrentes et multiples récriminations de la part des citoyens, fait l’objet de débats passionnés à cause des difficultés liées à certaines situations. C’est pourquoi, estime Seynabou Ndiaye Diakhaté, « cet atelier, qui s’inscrit dans une démarche constructive, se veut un cadre de réflexion et de partage en vue de trouver ensemble les outils appropriés et les stratégies pertinentes de prévention face aux risques avérés ou potentiels de fraude et de corruption ».

Toutefois, d’après la magistrate, pour atteindre cet objectif de gouvernance, « il faudra, à travers un dialogue sain, constructif et permanent, poser un regard dépouillé sur le secteur de l’état civil, en vue d’examiner, sans complaisance et sans stigmatisation, les vulnérabilités auxquels il s’expose et les pratiques illégales qui y ont cours ».

A ce titre, Seynabou Ndiaye Diakhaté a indiqué que cet exercice « devrait déboucher sur des recommandations fortes susceptibles de faire l’objet d’une exploitation attentive de la part des autorités compétentes dans une perspective d’amélioration de l’état civil et du renforcement de la sécurité de nos données personnelles ».

Egal accès aux services publics

Embouchant la même trompette, le directeur de l’état civil a admis que malgré les efforts déjà consentis par le gouvernement sénégalais, les défis restent énormes dans ce secteur. « Les comportements contraires à l’éthique et à la déontologie doivent être identifiés et sanctionnés avec rigueur si nous voulons préserver l’état civil et sauvegarder les principes d’équité et d’égal accès des citoyens aux services publics », a fait croire Aliou Ousmane Sall. Car, ajoute-t-il, « la fraude, tout comme la corruption dans le secteur de l’état civil, permet de créer de faux droits, parfois au détriment des vrais bénéficiaires. Ces pratiques permettent à des personnes d’accéder à des positions ou leur confèrent des privilèges et droits qu’elles n’auraient jamais dû avoir. Elles permettent à des faussaires de se prévaloir de titre ou de qualité qu’ils n’ont pas ».

A ce titre, il a, lui aussi, demandé un « diagnostic » du secteur de l’état civil en identifiant les risques de fraude et de corruption auxquels sont exposés les agents publics ainsi que les usagers de nos services.

M. Sall a, par ailleurs, assuré que les conclusions de cet atelier feront l’objet d’une « exploitation très attentive » de la part de la direction de l’état civil qu’il dirige.




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