Le Sénégal a eu deux Macky Sall




Dans ce premier jet de l’interview accordée à Sud Quotidien, Abdoul Mbaye parle d’un président aux deux visages: le premier, prisonnier de ses promesses en début de mandat, l’autre dont le tout prioritaire est devenu politique politicienne

Abdoul Mbaye replonge dans les eaux. Alors Premier ministre, le président de ACT a été appelé à piloter le plan décennal déclenché en 2012 par le Chef de l’Etat Macky Sall. Sauf que l’ancien Chef du gouvernement trouve scandaleux, un tel projet qui, selon lui, devrait régler définitivement le problème des inondations au Sénégal, soit abandonné. Dans ce premier jet de l’interview accordée à Sud Quotidien, Abdoul Mbaye parle d’un Macky Sall avec deux visages. Le premier qui était «prisonnier de quelques-unes de ses promesses au début de son mandat allant dans le sens de l’intérêt général, de la protection des citoyens sénégalais». Et l’autre dont le «tout prioritaire est devenu politique politicienne».

Vous étiez Premier ministre. Quand il y’a eu les inondations en 2012, le Président Macky Sall avait déclenché le Plan décennal. Est-ce que vous pouvez-nous nous faire la genèse de ce plan ?

Il faut d’abord rappeler que les inondations sont une vieille problématique. Elle avait été prise en charge par le régime précédent ; des projets avaient été engagés essentiellement orientés vers des systèmes de pompage et en partie d’ailleurs, une restructuration urbaine par la création de quartiers nouveaux. Nous nous souvenons du plan Jaxaay puisqu’il était évident que des zones non constructives avaient accueilli des domiciles et les pluies excessives créaient des inondations. En 2011, qui est une année charnière, il n’y a pas eu d’inondations parce qu’il y a eu sécheresse. Ce qu’il faut relever, c’est qu’en 2011 par contre, cela n’a pas empêché des dépenses très importantes d’être effectuées, notamment avec l’achat de tentes qu’on n’a jamais retrouvées, des produits phytosanitaires qui ont été commandés et qui n’ont jamais été livrés pour 5 milliards de F Cfa etc. En 2012, dès que le Président Macky Sall a été élu et qu’il a formé son gouvernement, il a essayé tout de suite d’accorder de l’importance à la gestion des inondations comme à la gestion de la préparation de la campagne agricole. Je considère qu’au Sénégal, on traite avec trop de légèreté la préparation de l’hivernage dans ces deux volets majeurs qui sont celui de la campagne agricole et celui de la préparation à la lutte contre les inondations puisqu’elles ont un caractère récurrent. Durant ce même mois d’avril, nous avons pu tenir à la fois le conseil interministériel consacré à la campagne agricole et le 30 avril, un conseil interministériel consacré à la lutte contre les inondations. Donc, quand l’hivernage est arrivé, fort heureusement, il y’avait déjà eu des préparations, mais évidemment, quelques mois ne pouvaient pas suffire pour faire face. La première réaction a été de déclencher le Plan Orsec. Ça a commencé à être mis en œuvre. Et le Président Macky Sall, parce qu’il faut laisser à César ce qui appartient à César, a pris des décisions importantes. La première, c’était d’abord le Plan Orsec. Il y a ensuite décisions de faire des économies budgétaires et donc organiser une réorientation des dépenses vers ceux qui permettaient d’assurer la protection des populations et c’est ainsi qu’on a annoncé la suppression du Sénat. Il y a eu des décisions en conseil des ministres de tenir un conseil présidentiel consacré à la lutte contre les inondations. Il s’est tenu le 19 septembre. Et c’est après ce conseil présidentiel que le document présenté a été validé par le Président de la République sous la forme d’un Plan décennal de lutte contre les inondations. Après ça, une autre décision importante a été prise par le Président de la République. Il y a eu un réaménagement ministériel et la création du ministère de la Restructuration et de l’Aménagement des zones inondables. Le PDLI en lui-même, ce qu’il apportait comme nouveauté importante, c’est qu’il créait un cadre global dans lequel, on retrouvait non seulement le système de pompage à maintenir, à compléter, à entretenir qu’il s’agisse d’ailleurs du système lui-même de pompage reposant sur les pompes, leur alimentation etc. ; mais également l’écrêtage des bassins de réception, l’entretien des réseaux préexistants. Parce que la colonisation était là et à l’époque, il y avait des réseaux qui fonctionnaient bien. Donc, tout ce volet était pris en charge. Il y avait également un volet important de restructuration urbaine. En ce sens qu’il était nécessaire non seulement de dégager des voies d’eau qui avaient été occupées par l’urbanisation, il était important d’enlever certains quartiers qui, de toute façon, ne pouvaient échapper à l’inondation en cas de pluie parce que se situant en point bas, dans d’anciens marigots, d’anciens lacs. Et pour se faire, il fallait créer des zones d’eau, remettre l’eau là où il était autrefois et il y avait aussi des zones vertes parce qu’il y avait des zones marécageuses qui ne sont pas propices à l’habitat et dès qu’il y a surplus de pluie, la nappe phréatique remonte. Donc, ces zones devaient également être déménagées et transformées en zones de verdure.

Et pourtant, vous affirmez que ce plan décennal a été abandonné ?

Sa mise en œuvre a commencé au début de l’année 2013 puisqu’il a été adopté en septembre 2012 et très sincèrement, beaucoup de travail a été accompli sous la coordination du Premier ministre certes parce que tous les services concernés étaient mobilisés pour trouver une solution à cette souffrance récurrente des populations sénégalaises non seulement de Dakar, de Touba, de Ziguinchor, de Kaolack, de Louga, de Saint-Louis etc. Il est heureux d’ailleurs de constater que quand on cite les réalisations faites au titre du PDLI, ce sont les réalisations de 2013 qui sont citées. C’est ce qui a été fait en 2013 qui a été cité notamment par le Président de la République récemment. Il se trouve simplement qu’après mon départ de la Primature, en début septembre-fin août 2013, ce travail a été abandonné. L’abandon, il faut en rechercher la responsabilité au niveau du Chef de l’Etat. Je rappelais tout à l’heure les décisions importantes qui avaient été prises. Le Plan Orsec, c’était vraiment pour faire face. C’était l’organisation de secours mais la réaffectation budgétaire surtout le Sénat, adoption d’un PDLI, création d’un ministère dédié. Concernant le premier point, on recréait le Sénat en instaurant le Haut conseil des collectivités territoriales. Je vous laisse juger de ce à quoi ça sert. Un vrai «machin» qu’on n’entend jamais, qui ne fait rien. On est revenu à ce qui existait avant. Ça a été abandonné et le ministère qui avait été créé pour le suivre a été supprimé. Donc, c’est bien dans le cadre d’une volonté politique que la lutte structurelle contre les inondations a été abandonnée. Nous en avons fait le triste constat et lorsque nous avons repris la parole politique par la création du Parti de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, nous n’avons jamais cessé de rappeler au Chef de l’Etat, au gouvernement, l’importance qu’il convenait d’accorder à la lutte contre les inondations à la veille de chaque hivernage. Le dernier rappel date de juin 2019 où on rappelait au gouvernement l’existence de ce PDLI qu’il fallait revisiter, qui était la bonne solution pour sortir les populations de difficultés.

Vous ne semblez plus reconnaître le Président Macky Sall ?

Très sincèrement, je pense que nous avons eu deux Macky Sall. Il y a le Macky Sall que j’appellerai le Macky Sall n°1 qui était encore prisonnier de quelques-unes de ses promesses au début de son mandat allant dans le sens de l’intérêt général, de la protection des citoyens sénégalais. C’est celui qui avait pris les engagements sur la durée de son premier mandat, qu’il allait respecter etc. Ensuite, il a changé de fusil d’épaule. Le tout prioritaire est devenu politique politicienne. Je pense que pour lui, la lutte contre les inondations, personnellement je trouvais que c’était un moyen majeur pour lui d’assurer sa réélection. Mais privilégiant la politique politicienne aux résultats vécus par les populations, il est allé à la recherche de projets visibles, grandioses nécessitant de grands moyens et en ce moment-là, un projet comme le TER, des avions à n’en plus finir en nombre excessif commandés pour remettre sur pied une compagnie aérienne etc. l’ont engagé dans une fausse direction. Aujourd’hui, on a investi dans le TER des moyens équivalents à ce dont avait besoin le PDLI.

Où sont passés les 767 milliards dont vous faites allusion dans votre livre ? Le taux d’exécution fait débat et certains demandent des rapports.

C’est un faux débat qui, à mon avis, est créé à dessein pour l’orienter ailleurs. Le scandale n’est pas là parce que quand vous définissez un plan, vous dites on a besoin de 767 milliards mais ce n’est qu’un budget de besoin où il n’y a pas encore de couverture de ces besoins. C’est la première remarque qu’il faut faire. La deuxième remarque, c’est qu’en 2013, j’ai été Premier ministre pendant huit mois, donc nous avons conduit l’exécution du plan pendant huit mois sur 120 puisqu’un plan décennal, c’est 10 ans. Malheureusement, l’essentiel de ses réalisations date de cette époque. Nous avons pu travailler sur un budget d’environ 27 milliards de F Cfa et sur la partie habitat, (je parle de ressources mobilisées). Nous avions 17 milliards de F Cfa. Ça fait 44 milliards environ qui ont été dépensés. Donc, c’était très peu de choses par rapport au montant global mais dès lors que le plan a été abandonné, il y a peut-être eu des petits crédits qui ont été utilisés de temps en temps. Je me souviens d’un conseil interministériel tenu le 25 juin 2018 où pour la lutte contre les inondations, le Premier ministre avait retenu une enveloppe inférieure à 2 milliards de F Cfa. Vous avez des petits montants comme ça, insignifiants et même ridicules, qui ont été retenus probablement. C’est tout ! Il n’y a jamais eu 767 milliards disponibles engagés dans des dépenses de lutte contre les inondations. Le vrai scandale de ce dossier, il ne se trouve pas là. Il se trouve dans l’abandon de la solution à apporter aux inondations à Dakar et dans les autres villes du Sénégal.

M. le Premier ministre, avant ces inondations, il y a la Covid-19. Que vous inspire sa gestion pour l’Etat ?

J’ai été personnellement choqué par ce folklore qui a entouré la mise en œuvre de la lutte contre la Covid19 même si dès le départ je me suis réjoui, j’ai même félicité le Président de la République des mesures fermes, fortes qui avaient été prises pour organiser un minimum de confinement. C’était indispensable. Ce que j’ai, en revanche, fortement déploré, c’est qu’on a lâché trop vite du lest sous la pression alors que la courbe d’évolution non seulement des infections mais aussi des hospitalisations, ne le permettait pas.

L’Etat risquait aussi d’avoir à gérer les émeutes de la faim, en cas de non dé-confinement ?

Ça, ce sont les faits. Nous avons très tôt fait les propositions au Chef de l’Etat. Nous avons attiré son attention sur le fait que l’essentiel de nos revenus au Sénégal étaient des revenus de très court terme et qu’il était donc nécessaire de prendre des mesures en conséquence mais puisque vous parlez de la faim, de prendre en compte non seulement la faim par manque de revenus mais également la faim par manque de production dans la mesure où même le ravitaillement du Sénégal en denrées de première nécessité pouvait être remis en question. Nous avons proposé, au lieu de distribuer du riz et du sucre, qu’il s’agisse d’élection, de pandémie, de plan orsec du riz, le recours à du cash transfert bien ciblé de la manière la plus transparente possible pour que les populations puissent acheter ce dont elles avaient besoin. On a également demandé d’organiser très tôt et en avril au plus tard la campagne agricole pour l’orienter vers la production céréalière et pour permettre à des jeunes des villes, de pouvoir découvrir l’agriculture. Malheureusement, rien de tout ça ne s’est fait. On en est arrivés à un stade où il fallait déconfiner mais ça a été fait dans une précipitation presque coupable. En ce moment là, il était important de substituer à la mesure générale des mesures localisées comme l’ont fait d’autres pays. Il était important de mettre de l’énergie à surveiller l’apparition de certains clusters et à prendre en charge des procédures d’isolement de traitement. Ça n’a pas été fait. Aujourd’hui, il est quand même heureux, on se plaint des décès, de la souffrance des maladies tout en réjouissant que certains d’entre eux, ont pu être guéris. Mais ce qu’on constate, c’est que la courbe est déclinante et c’est un élément qui rassure.

Beaucoup de pays travaillent sur l’après-Covid afin de mieux lutter contre l’’ultra-dépendance de l’extérieur. Le Sénégal devrait-il être en reste ?

Ce que vous dites là est essentiel. Il y a une phrase d’un discours de Macron qui a particulièrement retenu mon attention. Il dit : «c’est une folie de dépendre de l’étranger pour sa santé, sa nourriture et pour sa sécurité». Malheureusement, nos pays sont tous dans ce cas. C’est la première fois d’ailleurs que nos élites ont pu constater des déficiences en matière de système de santé. Il faut qu’on l’améliore. Des engagements forts sont pris à cet égard. Il faut les exécuter. On a vu que pour les masques, il était possible de recourir à nos industries locales. Qu’il s’agisse d’appareils comme des respirateurs artificiels, on a vu le génie des écoles d’ingénierie du Sénégal se mettre à contribution etc. Donc, sur ce plan-là, comme vous le dites, il faut que l’internationalisation des productions soit un objectif majeur de notre stratégie en matière de politique économique. C’est ce que prône notre parti (ACT, Ndlr)

Quid de l’agriculture ? L’autosuffisance en riz devrait être une possibilité ?

Là également, on avait une opportunité formidable. Imaginez en avril si on avait déjà bien distribué l’engrais, les semences, si on avait accru la main d’œuvre dans les campagnes par le service national civique. Avec une pluviométrie pareille, on aurait eu des records en matière de production vivrière et on saurait qu’il est possible au Sénégal d’aller vers l’autosuffisance en matière d’alimentation. Au-delà de cela, d’une manière générale, toutes nos productions doivent aller dans cette direction de recherche de plus value locale maximale.

M. le Premier ministre, pourquoi le 3ème mandat fait-il encore l’objet d’un débat, au 21e siècle, dans les pays africains ? L’ancien président de la Mauritanie, Abdel Aziz, a même confié à France 24 que certains de ses amis Chefs d’Etat lui avaient demandé de modifier la Constitution pour se maintenir.

Nous avons des démocraties en retard au niveau de l’Afrique et malheureusement, on n’est pas dans le sens d’une marche vers le progrès en matière de démocratie. Au contraire, il y a du recul démocratique quels que soient par ailleurs, les projets qui sont présentés par les hommes politiques avant d’accéder au pouvoir. Le cas du Sénégal est un exemple patent. C’est possible simplement parce que nous n’avons pas de démocratie véritable avec de vrais contrepouvoirs. Partout, vous avez une démocratie qui dépend de la décision du Chef de l’Etat. Vous avez donné l’exemple du président Aziz. Comme lui, le Président Issoufou du Niger dit moi «Non». Tout dépend de celui qui est au pouvoir. Parce qu’on manipule les Assemblées nationales pour obtenir ce qu’on veut en matière de révision constitutionnelle, on manipule le Conseil constitutionnel pour obtenir le changement de la Constitution et tout finit par dépendre du Chef suprême. On est dans un système de mal gouvernance généralisée, l’absence de démocratie, le recul démocratique, la manipulation des Constitutions, la volonté de durer le plus longtemps au pouvoir et de se considérer comme irremplaçable et puis finalement l’équilibre revient avec un coup de force et on s’en plaint. On s’organise, on se retrouve parce que j’ai remarqué que dans les propos tenus par le président Aziz, l’existence d’une complicité solidaire entre les Chefs d’Etat de la sous-région. Il y a un véritable syndicat de chefs d’Etat. Ils veulent se soutenir contre les volontés de leur peuple et en se disant : plus nous sommes nombreux, moins on sera soumis à critique au plan international. Et c’est dommage parce que nos dirigeants sont les premiers à flétrir la dignité de l’homme africain. Quand des gens comme Sarkozy sont pressés de pouvoir mettre côte à côte les mots singe et nègre, c’est parce que ce sont nos Chefs d’Etat qui leur donnent cette image.

Le dialogue politique achoppe sur plusieurs points. Vous, vous dites que c’était du saupoudrage ?

Ce n’était pas du saupoudrage. C’était de la stratégie politique de la part du Président Macky Sall et c’était très clair. Il suffisait au lendemain d’une élection majeure de réunir les partis et d’échanger sur les difficultés liées à l’élection qui venait de se passer. Mais très tôt, nous avons soutenu que le dialogue national était à la fois un moyen de divertir l’opinion par rapport au scandale Pétrotim et un moyen de diviser autant que faire se peut l’opposition en la réunissant pour une notion de dialogue national. Il faut quand même souligner que c’est le troisième dialogue qui a été mis en place par Macky Sall à chaque fois qu’il veut obtenir quelque chose. C’est sa stratégie. C’est l’opposition qui se laisse avoir. Et il était manifeste. Nous l’avons écrit que le Président Macky Sall allait chercher à laisser tomber le parrainage qui a été déjà servi dans son objectif majeur, or pour les élections locales, tout le monde allait être logé à la même enseigne. C’était trop difficile pour lui. Ça ne l’a été opérationnel, ça ne l’a été que lorsqu’il y a eu complicité du Conseil constitutionnel au moment de l’élection présidentielle, donc il fallait laisser tomber. Il fallait une carotte pour attirer l’opposition et même créer de la division en son sein. Cette carotte, c’était le statut du chef de l’opposition et parfois autour de ça, on oublie un peu la question Petrotim. Il y a quand même des questions que, si elles sont appliquées, donnent l’importance pour le processus électoral, pour le renforcement du dispositif démocratique et on va voir ce que ça va donner. C’est au moins l’audit du fichier électoral. Il y a des choses totalement anormales qui ont été faites sous la supervision du fameux commissaire Diallo qui a été maintenu malgré sa retraite dont on s’est débarrassé juste après l’élection présidentielle. Il y a des choses importantes à corriger. Mais très s i n c è r e m e n t , Macky Sall a obtenu ce qu’il voulait.

Vous reconnaissez qu’il y a des choses importantes, pourquoi alors avoir décidé de boycotter ?

On a quand même été très clair. On est concernés par la partie dialogue politique et non pas par le reste. Par contre, eux, ils ont tout en préservant l’autonomie du dialogue politique, placé sous la coupole du dialogue nationale qui devient encore un peu plus difficile mais l’opposition est restée cohérente du début à la fin.

Un autre problème, M. le Premier ministre, auquel notre pays est confronté, c’est la qualité des infrastructures.

Je vais être très bref sur cette question. Le contrôle de qualité est insuffisant. Il y a eu des routes financées par les Américains, le MCC, notamment en Casamance. Il faut s’en inspirer pour obtenir des ouvrages de qualité. Vous avez deux problèmes : un problème de contrôle de qualité qui, normalement, devrait conduire à exclure certaines entreprises. Au Sénégal, elles étaient classées. On savait qui pouvait faire quoi jusqu’à quel montant en fonction de ses équipements. Ça n’existe plus. Nous avons un modèle qui a fonctionné qui n’est pas vieux, c’est celui du MCC ; que l’on applique ce modèle à l’ensemble des ouvrages que nous réalisons. Malheureusement, derrière tout ça, il y a des comportements qui s’approchent de corruption, de détournement. Il y a autre chose aussi parce que vous faites le lien avec les inondations et contrôle qualité, étude environnementale. Keur Massar aujourd’hui, on constate des inondations qu’on n’a jamais notées. Il y a des ouvrages, à mon avis, qui ont été réalisés et qui transforment Keur Massar en zone de captage d’eau. Est-ce que ces ouvrages ont été réalisés en tenant compte de chemins d’eau ? Je ne sais pas. Avec Diamniado, c’est quand même, une ville nouvelle. Qu’on tire les leçons du passé. Pourquoi il y a autant d’eau qui stagne sur Diamniadio. Je n’ai pas vu un grand canal de recueil des eaux traverser Diamniado et aller vers la mer. Il y a un problème. On traite trop de choses avec trop de légèreté.

Elections législatives-locales. Vous voteriez pour le couplage en 2022 ?

La position, vous la connaissez, celle du front national (Fnr, Ndlr). Rationalisation oui mais après celles qui vont être programmées cette année. Je m’en tiens à cette position. Je pense que sous réserve que des critères de transparence parce que c’est surtout ça le problème. La priorité, c’est d’abord la transparence dans les élections, le respect de la loi en matière d’achat de conscience etc. Lorsque nous aurons de bonnes élections, qu’elles puissent être législatives ou locales, la question du couplage dès lors que ça permet de l’économie mais la priorité se trouve dans des élections démocratiques pleines de transparence.

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