LES FAILLES DU PDLI MISES A NUE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE




Le constat fait par les députés est que les ouvrages de lutte contre les inondations, soit 70% des réalisations, sont concentrés dans la région de Dakar. Les régions intérieures sont peu dotées. La Mission d’information de l’Assemblée nationale portant sur le Plan décennal de lutte contre les inondations (Pdli), qui a fait ce diagnostic, a remis son rapport au président Moustapha Niasse. C’était hier, jeudi 12 novembre. Aussi recommande-t-elle, après avoir relevé des failles dans sa phase d’urgence, la reconduction du Pdli (2012-2022), à 2 ans de la fin du projet, pour absence d’équité territoriale et le volet restructuration urbaine n’ayant pas été très bien pris en charge.

La Mission d’information de l’Assemblée nationale portant sur le Plan décennal de lutte contre les inondations (Pdli) a remis son rapport au président de ladite institution, Moustapha Niasse, hier, jeudi 12 novembre. Il ressort des constats faits sur le terrain, après 45 jours de recherches, que la quasi-totalité des infrastructures de lutte contre les inondations sont réalisées dans la région de Dakar. «De façon synthétique, 19 constats ont été faits et 16 recommandations. L’une des plus fortes recommandations est pour que le Plan décennal puisse être reconduit, parce que le volet restructuration urbaine n’a pas été très bien pris en charge.

A deux (2) ans de la fin du plan, l’exécution n’est pas parfaite. Il manque beaucoup de choses dont des réalisations. Quasiment 70% des réalisations sont limités à Dakar et à sa banlieue. Il faudrait reconduire le plan pour faire de l’équité territoriale et toucher toutes les régions du Sénégal», a déclaré le rapporteur de la commission, Theodore Monteil. Pape Sagna Mbaye, le président de l’équipe de recherche, a lui aussi abondé dans le même sens. «Nous avons constaté qu’il y a une absence d’équité territoriale parce que dans sa phase d’urgence, la quasi-totalité des ouvrages ont été consacrée à Dakar et sa banlieue», a-t-il affirmé. Il a ajouté, en outre, qu’il «y a des zones où le programme a eu à faire des ouvrages et qui n’ont pas été impactées par les inondations. Il y a des zones aussi où des ouvrages sont en train d’être réalisés, des zones où des ouvrages ont été abandonnés, des zones inondables et inondées où il n’y a eu aucune réalisation».

NIASSE S’ATTAQUE AUX DÉTRACTEURS DE LA MISSION

Le président de l’Assemblée nationale, pour sa part, a profité de la remise du rapport pour répondre à ceux qui fustigeaient la création de la mission qui, selon eux, devrait être plutôt une Commission d’enquête parlementaire. «C’est un choix qui a été démocratiquement fait à l’issue d’un vote du Bureau de l’Assemblée nationale. Tout le bureau a décidé qu’il en soit ainsi, sauf une voix. La raison de ce choix réside dans la possibilité qu’offre une Mission d’information de conduire les députés membres de cette mission sur le terrain, même (dans les zones) où sont survenues les inondations, dans l’ensemble des 14 régions et 45 départements», a-t-il déclaré. Mieux, selon le président Moustapha Niasse, «une Commission d’enquête parlementaire n’aurait pas permis aux députés d’aller à la base, de parler avec les maires et la population, les conseillers municipaux, les présidents des départements et les membres des Conseils départementaux. Seule une commission d’information ou une commission d’étude permettent que les membres de la commission fassent le tour du pays».

MINISTRES, DG ET CHEFS D’AGENCE A AUDITIONNER EN SÉANCE PLÉNIÈRE

Par ailleurs, a-t-il informé, toutes les autorités concernées par la gestion des inondations feront face aux députés pour apporter des éclairages. «Tous les ministres, directeurs généraux, directeurs d’agences des secteurs concernés ont été entendus par la mission d’enquête. Lorsque les députés auront reçu le rapport, qu’ils en auront pris connaissance, celui-ci sera remis au chef de l’Etat. Après quoi, se tiendra une séance plénière au cours de laquelle tous les ministres déjà entendus par la mission répondront aux questions que leur poseront les députés. C’est ce qui a été visé comme objectif, au lieu d’une simple séance au cours d’une mission d’enquête parlementaire. Nous avons préféré faire le travail à la base (d’abord et) ensuite venir au sommet», a-t-il conclu. A signaler que le rapport sur les inondations a été réalisé par 15 députés dont 10 députés de Bennoo Bokk Yaakaar (Bby – le groupe de la majorité présidentielle), 3 députés du Groupe parlementaire «Démocratie et Liberté» (formé par le Parti démocratique sénégalais (Pds) et ses alliés) et 2 députés non-inscrits. C’est un document de plus de 300 pages.




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