LES GRANDS RATÉS DE LA GESTION DU CORONAVIRUS




Le report de la reprise des cours a sonné le glas des errements dans la gestion de la pandémie. Par une série de mesures prises on non, Macky Sall, qui avait réussi à instaurer un consensus national fort autour de la question, nage dans une mer agitée devant la persistance des cas.

C’est une succession de décisions qui a réussi à faire voler en éclats l’unanimité qui a entouré la gestion initiale de la crise liée à la pandémie du Covid-19. Au lendemain du report de la reprise des cours, le pouvoir semble donner l’impression qu’il gouverne en pilotant à vue. En recevant la classe politique, la Société civile, les religieux, bref les forces vives de la Nation, le chef l’Etat s’était bâti une solide alliance nationale contre le virus. C’était sans compter avec les errements et/ou la non-prise des décisions qui auraient permis de circonscrire la pandémie dans les zones initiales. La fermeture tardive des frontières aériennes dont la conséquence est l’arrivée en masse de cas importés, le non-confinement qui a favorisé la circulation du virus et les mesures restrictives instaurées dès le début de la bataille n’ont pas freiné l’avancée de la maladie.

Quid de leur assouplissement ? Le tableau clinique révèle que la fièvre continue de monter, notamment dans la capitale. En autorisant la réouverture des mosquées dans son discours du 11 mai, Macky Sall a pour certains fléchi face à la pression. Et même sa décision n’est pas suivie. L’idée d’un président qui expose ses concitoyens lorsque la situation devient intenable a germé dans l’opinion. D’autres voient un général qui avait déclaré que «nous sommes en guerre» et qui, en pleine bataille, rend les armes. Aujourd’hui, nombre de Sénégalais prennent leurs responsabilités pour se prémunir du virus face au relâchement qui a gagné certains pans de la société dont la plupart font fi du respect des mesures barrières.

Même dans la majorité présidentielle, certaines voix s’élèvent pour critiquer sa gestion. Au moment où l’opposition (à part Ousmane Sonko) est emmurée dans un silence depuis. Député maire socialiste, Abdoulaye Wilane dénonce une «sorte de pilotage à vue» dans la gestion du gouvernement. Le Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, a critiqué l’assouplissement des mesures restrictives dans la capitale.

Face à une situation qui commence à échapper au contrôle, le Président Sall doit cogiter sur une nouvelle méthode pour reprendre la main afin de restaurer la puissance de l’Etat.