Masques chirurgicaux: la 2ème vague de la Covid-19 dope les ventes




L’augmentation du nombre de cas positifs au coronavirus sonne comme un appel à un respect plus scrupuleux des mesures barrières. Elle relance, du coup, le business autour du masque chirurgical qui s’était un peu essoufflé.

Accrochés aux parasols des vendeurs de café et de fruits ou brandis par des marchands ambulants au niveau des arrêts de bus ou ronds-points, les masques bleus ont repris leur place dans le décor des artères de Dakar et sa banlieue. La hausse des cas positifs de Covid-19 a donné un second souffle à une activité qui était devenue timide après la première vague.

Cache-nez sous le menton et bonnet bien ajusté, un jeune vendeur profite des embouteillages à hauteur de Pikine pour proposer sa marchandise aux conducteurs et usagers des transports en commun. « Masque bleu ou noir à 100 francs seulement ! », lance-t-il à travers les vitres entrouvertes des véhicules à l’arrêt. Plus loin, assis sur un vieux pan de glissière de sécurité en béton oublié au bord de la route, Omar Diba, lui, laisse son haut-parleur annoncer les prix. « Je me suis lancé dans ce business au tout début de la pandémie. J’ai ensuite arrêté pour rejoindre les champs au Saloum. J’ai repris il y a une semaine, et ça marche plutôt bien. La population semble avoir renoué avec le masque. On peut avoir un bénéfice de 2000 ou 3000 FCfa en écoulant le paquet de 50 pièces », explique-t-il derrière ses lunettes noires et son masque en tissu de la même couleur.

Bamba Fall, trouvé en train de reconditionner son stock en face de la gare routière des Baux maraichers, se présente comme un demi-grossiste et détaillant de masques. « La plupart de la marchandise nous vient de la Turquie. Selon le fournisseur, la boîte nous revient à 2000 FCfa ou un peu en deçà. Nous les remballons ensuite par unité avec ces petits sachets transparents. Le conditionnement est très important, car il y a des acheteurs regardants sur l’hygiène », confie-t-il. Plus hésitant sur sa marge bénéficiaire, il finit par annoncer une fourchette comprise entre 10 000 et 15 000 FCfa la journée. Notre interlocuteur considère que la hausse récente du nombre de contaminations n’explique pas à elle seule l’engouement autour de la vente du masque. « Nous avons des habitués qui en prennent au moins cinq par jour. Il ne faut pas se protéger que du virus. La poussière et la pollution sont aussi mauvaises pour la santé et beaucoup de Sénégalais l’ont compris avec la pandémie. Je pense que le masque survivra même après la Covid-19 », conclut-il.

Dans certaines officines aussi, les articles nécessaires au respect de certains aspects des gestes barrières sont, à nouveau, sollicités. C’est le cas de la pharmacie Cité Sotiba qui jouxte l’arrêt des Niayes. « Nous n’avons presque plus de gel hydro-alcoolique. Les masques chirurgicaux sont aussi de plus en plus demandés. Il y a eu un petit relâchement, mais ces dernières semaines, les choses évoluent plus positivement. Nous vendons l’unité à 200 francs. Je ne sais pas s’il y a une différence entre nos produits et ce que proposent les ambulants, mais nous, nous les commandons avec les médicaments auprès des laboratoires », précise Mme Hann.

Échangé à 200 ou 100 FCfa en pharmacie ou dans la rue, le masque médical bleuit, à nouveau, le quotidien des Sénégalais et nourrit le petit commerce.




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