AFFAIRE DE VIDÉOS PORNOGRAPHIQUES/Les secrets de la traque : 11 personnes, dont 4 filles mineures, arrêtées et placées en garde à vue




– La Brigade des mœurs de la Sûreté urbaine de Dakar a interpellé et placé en garde à vue, entre mercredi et jeudi, 11 personnes, dont 9 mineurs, qui seraient impliquées dans l’affaire des vidéos d’orgies sexuelles.

C’est allé très vite. L’enquête préliminaire, ouverte par la Police pour faire la lumière sur les stupéfiantes vidéos pornographiques tournées à Dakar par une bande de garçons et filles mineurs, a connu un rapide coup d’accélérateur. Après avoir mis arrêté, mercredi, un garçon, présenté comme le premier maillon de chaîne du scandale, la Brigade des mœurs de la Sûreté urbaine de Dakar a interpellé et placé en garde à vue hier jeudi dix (10) autres personnes. Dont quatre (4) filles, présumées actrices des partouzes, et les deux (2) gérants des appartements sis aux Maristes et à Sacré-Cœur où se seraient déroulées les orgies sexuelles.

Lundi dernier, les réseaux sociaux ont subi connu une sorte de surchauffe. La raison de ce subit embrasement : quatre (4) petites vidéos et deux (2) «audios», mettant en scène des garçons et filles en pleins ébats sexuels dans deux appartements dakarois, ont fait irruption sur la Toile. Des orgies «hard core», dignes des plus grands films X, qui ont stupéfié et/ou scandalisé l’opinion. Obligeant la hiérarchie de la Police à ordonner l’ouverture d’une enquête sur ces «jeux sexuels» entre mineurs qui ont fâcheusement débordé du lit de l’intimité. Trois entités policières sont aussitôt lancées aux trousses des acteurs et actrices de ce scandale innommable : le Commissariat des Parcelles Assainies, la Brigade des Mœurs de la SU de Dakar et la Division spéciale de lutte contre la Cybercriminalité. Objectif : identifier et interpeller toutes les personnes impliquées dans cette salace affaire.

Mercredi, en début de soirée, la Police interpelle un garçon, premier maillon de la chaîne de diffusion de ces films interdits aux âmes prudes. Les limiers de la Brigade des mœurs de la Sûreté urbaine de Dakar, qui ont signé ce premier coup de filet, récidiveront quelques heures plus tard. Très tôt dans la matinée d’hier jeudi, huit (8) autres jeunes, présumés acteurs de ces vidéos classées X, et deux (2) gérants d’appartements meublés, sis aux Maristes et à Sacré-Cœur et qui auraient servi de cadre au tournage des vidéos pornographiques, sont arrêtés. Et placés en garde à vue.

Les secrets de la traque

Au regard du caractère salace et répugnant de «l’affaire» qui a soulevé un tollé d’indignation sur les réseaux sociaux, la haute hiérarchie de la Police a vite fait du dénouement de cette enquête pour violation des bonnes mœurs une «urgence absolue». C’est à ce titre que la quasi-totalité du dispositif humain et matériel de la Brigade des mœurs a été mobilisée pour mener d’intenses investigations. Les premières ébauches de l’enquête sont orientées vers une exploitation de technologies de pointe, en matière notamment de géolocalisation et de «tracking» de vidéos. Les réseaux sociaux, qui ont aussi servi à la publication des vidéos incriminées, sont fouillés, fouinés, avec le soutien conséquent de la Division de la cybercriminalité. Un traçage qui va vite tout éclaircir ou presque. Les appartements, qui ont été loués aux gamins, sont formellement localisés aux quartiers dakarois des Maristes et de Sacré-Cœur. Dans la foulée, les vidéos en question sont aussi authentifiées et situées dans le temps, ce qui va révéler aux enquêteurs qu’elles ont été filmées à des dates et dans des endroits différent(e)s. Les filles et garçons, qui apparaissent à visage découvert sur les documents, sont aussi identifiés. Le tout avec l’aide du premier garçon interpellé, dont les premières auditions ont donné un véritable coup de booster à l’enquête.

Cueillis entre 5h et 10 h du matin

Placé en garde à vue dès mercredi soir et soumis au feu roulant des questions des limiers, le mis en cause s’est, selon nos informations, montré prolixe et coopératif à l’action de la Justice. Des noms, adresses et autres détails, décisifs pour l’enquête, sont balancés aux policiers. Les recoupements effectués par les limiers ont conduit à la (géo)localisation des huit autres jeunes qui ont participé aux sidérantes «fêtes du sexe», supposées avoir été organisées entre 2019 et 2020. Selon les informations de L’Observateur, ces quatre filles et quatre garçons, qui seraient tous des mineurs, ont été arrêtés entre 5 h et 10 h du matin. Deux adultes, présentés comme ceux qui «ont loué des appartements aux gamins», seront aussi localisés et interpellés durant une journée de jeudi riche en rebondissements.

Tout ce beau monde sera ensuite acheminé dans les locaux de la Sûreté urbaine de Dakar pour les besoins de l’enquête en cours. Selon les informations de L’Observateur, les infractions visées à leur encontre vont des actes de pornographie de mineurs à la corruption de mineures, en passant par la diffusion d’images à caractère pornographique, l’incitation à la débauche entre autres délits. Car l’enquête n’en est qu’à ses balbutiements : existe-t-il d’autres maillons de la chaîne de complicité dans la nature ? Qui sont les auteurs de la publication de ces vidéos ? Pourquoi ces images se sont retrouvées sur la place publique ? Ce sont autant d’interrogations auxquelles les hommes du Commissaire Bara Sangaré vont tenter de trouver des réponses. Reste à savoir si les présumés acteurs et actrices de ces micro-films X seront aussi prolixes dans les débats d’audition qu’au cours de leurs ébats…