Autoroute à péage: les «impacts socio-économiques et environnementaux» du projet mis à nu




Sur l’initiative du Collectif citoyen des usagers de l’autoroute à péage (Ccuap), un groupe de recherche, composé de sociologues, de géographes environnementalistes, d’un juriste, entre autres, a produit un rapport suite à une étude menée sur l’exploitation de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio-Aibd. Ledit rapport rendu public, jeudi, a révélé des impacts au niveau des usagers et des communes riveraines.

Dans ce document de 13 pages, il est relevé que les conséquences notées en matière de gestion environnementale sont les résultats d’une mauvaise planification urbaine. «Au Sénégal, l’urbanisme a été un urbanisme de rattrapage qui s’est contenté de corriger les dysfonctionnements, ceci malgré l’existence depuis la période coloniale, de plans directeurs d’urbanisme et de plans d’aménagement qui organisent l’affectation des sols», ont, d’emblée, noté Elimane Haby Kane et ses collègues. Qui pensent, dans la foulée, que la planification urbaine de ce projet -qui a fait déplacé plus de 41.000 personnes-, doit «s’émanciper des pesanteurs sociales et politiques qui veulent qu’à un problème structurel (le déficit de parcelles à bâtir et de logements), on réponde par des actions à courte vue».

A les en croire, l’urbanisme d’aujourd’hui doit être d’abord courageux socialement et politiquement, réaliste, mais aussi ambitieux et «en adéquation» avec les textes et les principes fondamentaux.

«Sur le plan socio-économique, relève le rapport, le paradoxe de cette infrastructure est de permettre la facilitation de la mobilité en réduisant les distances mais de provoquer un délitement des liens sociaux entre parents, proches amis et voisins des zones traversées par l’autoroute à péage».

Recommandations

Du point de vue financier, ces experts font constater que le contrat révèle un « grand déséquilibre entre le montant de la subvention publique et le montant du financement privé» au bénéfice du titulaire de la concession, SECAA. SA (dont le capital est détenu par EIFFAGE SA).

«Sur un coût d´investissement de 138 milliards, la subvention de l´Etat s´élève à 77,6 milliards. L´apport de Eiffage en financement privé n´est que de 61 milliards de FCA », lit-on dans ce document, qui précise qu’« Eiffage n´a investi que 20,8 milliards de FCFA en fonds propres, le reste de sa contribution financière étant pris en charge par les partenaires privés, notamment les banques. En plus de ce reversement, l´Etat apporte un concours financier sous forme de subvention d´investissement (77 673 025 000 FCFA) qui est sujet à des pénalités en cas de retard dans la mise à disposition des fonds (10% et 15%)».

Ces spécialistes ont, toutefois, émis dans leur rapport, un certain nombre de recommandations. Ainsi, ils appellent à «multiplier» les passerelles d’entrée et de sortie de l’autoroute à péage, à construire des canaux d’évacuation des eaux pluviaux dans les quartiers riverains, à achever le mur de clôture de l’ouvrage, à identifier et trouver des solutions sur les axes non fluides, notamment la réduction des gares de paiement.

Ils ont, également, invité l’entreprise française à «réduire les tarifs de péage, surtout dans les parties les plus fréquentées, (à) poursuivre et accélérer les travaux d’éclairage de l’autoroute», entre autres recommandations sur notamment la gestion environnementale.




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