Baisse du Loyer : Une démagogie à l’épreuve de la réalité




L’annonce de la loi sur la baisse du loyer en 2014, avait été saluée avec soulagement par les populations exténuées par le coût exorbitant du loyer. Malheureusement, cette joie fut de courte durée ; et aujourd’hui, six ans après la promulgation de cette loi, les prix du loyer continuent de flamber, consumant par-là les poches des gorgorlous et consacrant la victoire définitive des «borom louasse».

Quelques mois après l’application de la loi, la hache de guerre avait été déterrée entre bailleurs et locataires, au nom du décret de Macky Sall instituant la baisse des loyers pour les plus faibles revenus. Les uns exigeant la baisse effective de leur location, et les autres refusant de se conformer à la loi. Ce faisant, les contentieux n’en finissaient plus entre locataires et bailleurs. Ces derniers n’en pouvant plus de subir les assauts des locataires, ont fini par trouver des subterfuges pour s’en débarrasser et récupérer leur bien qu’ils cèdent selon leur bon vouloir, à leur prix.

D’ailleurs, se loger de nos jours à Dakar continue d’être un casse-tête inextricable, surtout pour les gens aux revenus modestes, rien de nouveau sous le ciel sunugalien. Revanche du destin, les populations sont à nouveau soumises au diktat des bailleurs qui font la pluie et le beau temps, histoire de rappeler les bonnes vieilles règles du jeu. Et si le problème ne se résumait pas à ce face-à-face entre bailleurs et locataires, comme l’on pourrait le croire à première vue ?

Parce que, à la vérité, nous nous devons de faire le constat que si les Sénégalais peinent à se loger, c’est en grande partie dû à l’insuffisance de logements par rapport à la forte demande à Dakar et dans tout le pays, ce qui, naturellement, entraîne inévitablement la spéculation. Une spéculation entretenue, voire suscitée, surtout par le pouvoir et ses tenants, qui n’hésitent pas à faire flamber les prix, histoire de bien garnir le bas de laine.

Et l’exemple le plus illustratif est celui de l’affaire des 94 milliards – d’ailleurs où en est-on avec le procès du siècle qui nous avait été promis par Mamour Diallo et Ci ? -, éventée par Ousmane Sonko concernant le terrain situé à Rufisque avec le renchérissement du prix du mètre carré (37.000 Cfa le m2 au lieu des 7000 Cfa réglementaires), alors que pour l’indemnisation de la Saim Indépendance, le prix au mètre carré retenu sous l’ancien barème était de seulement… 500 francs !

Cet exemple, juste pour montrer comment la spéculation foncière peut rendre le toit inaccessible au Sénégalais lambda. Et ces exemples peuvent être multipliés à l’envi, car certaines zones situées dans la banlieue et dans la zone des Niayes, très accessibles aux gorgorlous en son temps, mais de nos jours, elles sont hors de leur portée du fait de leur coût exorbitant, avec à l’arrivée, bonjour les loyers chers de «chez cher».

Et aujourd’hui, avec la politique de prédation foncière entretenue et encouragée par le régime – le plus souvent à sons seul et unique bénéfice, il semble que cette baisse des prix du loyer n’était que de la poudre aux yeux pour attrape-nigauds. Parce qu’en réalité, cette annonce de baisse n’était pour l’État, qu’un subterfuge destiné à se défausser sur les bailleurs, afin de les mettre en mal avec les locataires. Faisant d’eux, des boucs-émissaires en puissance.

Parce que si les Sénégalais peinent aujourd’hui à trouver un toit, c’est tout simplement à cause de la boulimie foncière de nos dirigeants, qui ont tendance à tout accaparer. Et il ne fait l’ombre d’aucun doute que si le pouvoir avait l’intention de soulager les souffrances des populations, il aurait plutôt favorisé la politique des logements sociaux, en mettant à la disposition des promoteurs agréés, des terres.

Avec la flopée de scandales qui éclatent aujourd’hui concernant le foncier, on comprend mieux aujourd’hui pourquoi il est difficile pour le Sénégalais moyen de trouver un lopin de terre dans son pays. Et ce n’est plus une vue de l’esprit que de croire que dans pas très longtemps, le Sénégalais lambda devra se trouver un terrain dans les…pays voisins et une autre nationalité, pour faire bonne mesure, parce qu’étranger ou … étranglé, c’est selon, dans son propre pays !




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