Condamné à deux ans pour viol: l’élève de Terminale clame toujours son innocence




Condamné, en septembre 2019, pour viol, suivi de grossesse, pédophilie et détournement de mineure, l’élève M. Tounkara a été jugé en appel. En attendant qu’il soit édifié sur son sort, le 3 février prochain, le parquet général a demandé qu’il soit relaxé des deux premiers délits.

Elève en classe de Terminale, au moment de son arrestation, M. Tounkara croupit en prison depuis septembre 2019, suite à son arrestation pour viol sur mineure, suivi de grossesse, pédophilie et détournement de mineure. Car, après jugement par le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, il a été reconnu coupable et condamné à deux ans ferme. Non satisfait de cette décision, il a fait appel d’autant plus qu’il se dit innocent. « On m’a causé à tort. Il n’y a jamais rien eu entre nous », n’a cessé de clamer M. Tounkara devant les juges d’appel.

Mais, Y. Sow, âgée de 15 ans au moment des faits, a soutenu le contraire. « Nous avons été présentés par ma copine avec qui il sortait. Ainsi, un jour il m’a invitée chez lui à Pikine. Au beau milieu de la conversation, il m’a demandé si j’étais vierge. Je lui ai répondu par l’affirmative, mais il m’a contrainte à des rapports sexuels. Il m’a étranglée et j’ai dû céder», a déclaré la jeune mère, perturbée par moments, par sa fillette qui faisait des va-et-vient entre la barre et le public.

Mais le prévenu a pris son contrepied en déclarant que c’est la jeune fille qui lui faisait des avances, mais il n’a jamais cédé. M. Tounkara a également réfuté le témoignage de son ex qui a confié l’avoir largué en découvrant qu’il sortait avec Y. Sow. Cette dernière a contesté la relation amoureuse, mais a affirmé que M. Tounkara avait fait d’elle un objet sexuel et lui réclamait de l’argent. Le pire, un jour, le prévenu et un de ses amis se sont relayés sur elle. La raison, a justifié la jeune fille, «il avait filmé notre premier rapport et il menaçait de diffuser la vidéo sur la toile ». Ce qui a outré sa mère qui a exprimé toute sa souffrance à la barre. « Cette affaire m’a choquée. Chaque fois, elle me disait avoir perdu ses frais de scolarité. Or, elle était en réalité victime de chantage. Ce qui me fait le plus mal, ils se sont relayés sur elle et ils ont toujours la vidéo alors que ma fille devra se marier un jour ».

Pour Me Malick Mbengue, conseil du prévenu, la vidéo n’existe pas, car son client n’a jamais filmé la victime. Même si son client a reconnu avoir réclamé à deux reprises de l’argent à la jeune fille, le conseil a estimé qu’il n’y a pas de chantage sexuel. «Pour le viol, il habite avec ses parents, impossible de violer dans ces conditions, il s’agit plutôt de rapports consentis », a-t-il martelé, avant de plaider l’infirmation du premier jugement.

Le parquet général est, lui aussi, d’avis qu’il y a consentement. « Les jeunes n’hésitent pas maintenant à passer à l’acte, mais devant l’autorité des parents, ils ne s’assument jamais. C’est pourquoi, ils sont en train de vous mentir tous les deux. Ce qui est clair, ils sortaient ensemble et les messages whatsApp le prouvent », a asséné le substitut général Abdou Karim Diop. Convaincu que Y. Sow était consentante, il a considéré que le premier juge n’a pas démontré le viol, donc M. Tounkara doit être relaxé pour ce délit. D’autant plus que, a-t-il argué, la minorité n’est pas un élément de culpabilité, mais de circonstances aggravantes. Pour la pédophilie, il a demandé que le prévenu soit relaxé au bénéfice du doute. En revanche, le seul délit établi pour lui, c’est le détournement de mineure.

Pour les conseils de la partie civile, un mineur ne peut pas consentir, donc le viol est établi, de même que la pédophilie. C’est pourquoi Me Babacar Ndiaye a plaidé la confirmation du jugement d’instance. La Cour rend le verdict le 3 février prochain.




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