LES PARENTS D’ÉLÈVES, L’ÉTAT ET LE PRIVÉ NE PARLENT PAS LE MÊME LANGAGE




Les parents à l’épreuve de la reprise des enseignements-apprentissages. Masque de travers, et essoufflée, une dame (elle a recueilli l’anonymat) vient de quitter les Cours Sainte Marie de Hann, aux Maristes, ce mardi, à deux jours de la reprise du 25 juin. A voir la mine de la mère de famille, les nouvelles ne sont pas bonnes. Elle devra casquer pour que son enfant poursuive ses cours.

LES PARENTS D’ÉLÈVES, L’ÉTAT ET LE PRIVÉ NE PARLENT PAS LE MÊME LANGAGE

Venue aux nouvelles, elle reçoit cette consigne très précise : “Payer les mensualités et se réinscrire”. Ce, avant le 30 juin 2020. “Ils avaient tablé pour une reprise en septembre. La décision leur est tombée dessus. Ils disent que l’État n’a pas participé. Ils ont tout acheté eux-mêmes. Mêmes les lave-mains, ils nous ont dit que c’est eux-mêmes qui l’ont mis en place. Donc, ils ne nous donnent même pas de masques. Ce sont les parents qui doivent en acheter. Je vais devoir tout payer “, nous confie-t-elle, la mine sombre. À l’intérieur, le Secrétariat a pris nos contacts pour un rendez-vous avec la Direction.

“On n’attend plus l’État pour accueillir les élèves”

En attendant leur retour, Emedia.sn s’est rendu au collège Cardinal Hyacinthe Thiandoum à Grand-Yoff. A 13 heures passée, quelques membres du personnel sont trouvés sur place, en plus de quelques rares parents d’élèves qui entrent, un à un, dans le bureau ’’facturation’’. A l’intérieur duquel Moustapha Sow nous reçoit. La sentence est vite tombée : “On est prêt. Parce qu’on n’attend plus l’État pour accueillir les élèves. On a pris les dispositions nécessaires pour que nos (pensionnaires) soient en sécurité. L’État a donné mais cela ne suffisait pas pour (le protocole sanitaire). Donc, c’est pour cela qu’on a pris le temps nécessaire pour prendre les dispositions nécessaires avant la réouverture.”

LES PARENTS D’ÉLÈVES, L’ÉTAT ET LE PRIVÉ NE PARLENT PAS LE MÊME LANGAGE

Avec l’aval de la Direction, il signale avoir appelé des parents des élèves en classe d’examen. “La situation est là, et l’école n’a jamais fonctionné comme ça”, soutient-il. Avant de préciser : “Pour l’ensemble des parents que j’ai appelés, 1% m’ont dit qu’ils ne comptaient pas venir. Ils sont réticents parce qu’ils ne comprennent pas le système. Il y a des services facultatifs comme le transport, la cantine, l’école de sport, (entre autres services). Mais la scolarité, c’est un engagement. Quand les parents viennent inscrire leurs enfants, ils (y) souscrivent.”

Une situation très complexe : “Le mois de mars, les quinze jours qui restaient c’était la quinzaine de la jeunesse, donc les parents sont tenus de payer le mois de mars. Pour nous, c’est les mois de mars et d’avril. On faisait des cours en ligne. On a des logiciels et d’aucuns se sont organisés pour faire des cours (via) whatsapp, et d’autres plateformes.”

LES PARENTS D’ÉLÈVES, L’ÉTAT ET LE PRIVÉ NE PARLENT PAS LE MÊME LANGAGE

Pour l’heure, l’école est ouverte aux discussions du fait des dégâts de la crise sanitaire et économique de la Covid-19 : “Une école, c’est une famille. Si la personne ne vient pas pour essayer de discuter pour voir comment on va pallier tout cela, ça pose problème. On ne peut pas connaître la situation de tous les parents. Donc, il faut qu’ils viennent à nous et qu’on puisse discuter. La communication est nécessaire”.




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