Senegal/Une centrale électrique de 300 MW livrée dans 28 mois




Le Sénégal va abriter, au plus tard le 31 janvier 2023, l’une des « plus grandes » centrales électriques de la sous-région d’une puissance de 300 mégawatts (MW), pour un coût global de 220 milliards de FCfa. Les investissements ont été entièrement assurés par des privés nationaux. La signature du contrat entre les différents partenaires techniques et financiers a eu lieu, samedi, en présence du ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération.

Le privé national sénégalais vient de marquer son empreinte dans les annales de la politique énergétique du pays en mettant sur la table 220 milliards de FCfa pour la construction de l’une des « plus grandes » centrales électriques de la sous-région d’une puissance de 300 MW. La signature du contrat entre les différentes parties prenantes a eu lieu samedi. Ce projet, porté par des investisseurs nationaux à travers West african energy (Wae), réunit un éventail de partenaires techniques reconnus dans leur domaine d’expertise. Il s’agit de Senelec, de General Electric (Usa) et de Calik Enerji (Turquie).

Moustapha Ndiaye, président du Conseil d’administration de Wae, déclare que cette centrale électrique, qui sera livrée dans 28 mois, contribuera à la réduction des coûts de production de Senelec de 40 % dans le cadre de la politique « Gaz to power » définie par le Chef de l’État. La finalité de cette initiative est de baisser le coût de l’électricité à l’horizon 2022. En outre, Wae va créer 50 emplois directs dès le lancement des travaux de cette centrale avec une extension de son portefeuille de recrutement durant la première année. M. Ndiaye révèle également que Wae et la Senelec ont pu, dans un temps record, négocier un contrat d’achat d’énergie (Ppa) dans le « respect strict » des protocoles de transparence et de bonne gouvernance.

Depuis cinq mois, ajoute-t-il, toute la partie ingénierie, approvisionnement et construction a été négociée et validée. S’y ajoute le contrat de fourniture d’équipement et celui portant démarrage effectif des travaux.

Pour le directeur général de Wae, Samuel Sarr, ancien ministre de l’Énergie, ce projet est « historique », car pour la première fois, une centrale électrique de cette envergure, « entièrement financée » par des investisseurs sénégalais, va voir le jour afin de permettre, d’une part, la satisfaction de la demande nationale d’électricité et, d‘autre part, une réduction conséquente du coût de l’électricité. Cette centrale devrait marquer une transition à plusieurs niveaux dans le processus de développement de la production indépendante d’électricité au Sénégal, espère le directeur général de Senelec, Pape Mademba Bitèye.

35 employés de Senelec déployés dans les centres de formation

Le volet formation a été également pris en compte dans le cadre de la construction de l’infrastructure électrique. En effet, Wae entend assurer la prise en charge de 35 employés de Senelec en les déployant dans différentes centrales existantes dans le monde pour une période de sept mois. D’ailleurs, des négociations « très poussées » ont été menées avec des centres de formation basés à Dubaï et dans le centre de General Electric (Ge) situé à Belfort, pour trois mois, ajoute le Pca de Wae, Moustapha Ndiaye. Avec ce projet, Wae compte créer pour Senelec, en collaboration avec Ge et Calick Enerji, un nouveau centre d’incubation et de formation d’excellence à Diamniadio, afin que les jeunes de l’Institut universitaire de technologie et de Polytechnique puissent approfondir leurs connaissances. À cet effet, le Pca de Wae rassure que les études sont déjà bouclées et validées.

L’empreinte du privé sénégalais

L’une des particularités de ce projet est la participation « remarquable » du secteur privé national qui a mis la main à la pâte pour monter cette centrale. Parmi les actionnaires sénégalais impliqués, on peut citer Abdoulaye Dia de Senico, Harouna Dia de Sahel Invest, Khadim Ba de Locafrique et Samuel Sarr (ancien ministre de l’Énergie) de West africain energy (Wae). « Ces valeureux Sénégalais ont montré qu’un bon citoyen doit servir son pays. Ils constituent un exemple pour cette jeunesse sénégalaise qui n’a plus besoin de jeter le regard ailleurs pour copier un modèle. Ces investisseurs sénégalais viennent de montrer que le privé africain a les moyens de porter le développement du continent », se réjouit Moustapha Ndiaye, lui aussi membre de ce club d’actionnaires. Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, a réitéré l’engagement du Chef de l’État à mettre le secteur privé au cœur du Plan d’actions prioritaires (Pap2-A) pour la relance de l’économie. Il estime que ce projet de construction de centrale électrique traduit la volonté de l’État d’impliquer le privé national dans les projets structurants en Ppp. M. Hott dit compter sur les partenaires techniques Wae (General Electric et Calick Enerji) pour mieux utiliser l’expertise locale sénégalaise.

Forte mobilisation des partenaires financiers

La contribution des partenaires financiers de Wae a permis de lever le montant nécessaire à la construction de cette future centrale électrique. Africa finance corporation a participé à hauteur de 191 milliards de FCfa (en syndication avec Afreximbank pour 65 milliards), puis le groupe Coris bank international a injecté 27 milliards de FCfa.




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