Le faux-vrai transfert au Barça du Congolais Cédric Bakambu




La fin du mercato d’hiver barcelonaise a été bien chaotique. Entre le changement d’entraîneur et la blessure de Luis Suarez, le champion d’Espagne a connu une grande agitation dans le but de trouver un remplaçant à l’avant-centre blaugrana, qui ne possède pas de doublure. Avant de se résigner à ne pas recruter à ce poste, les Barcelonais, avec à sa tête Eric Abidal, ont fait feu de tout bois, quitte à faire des déçus. Parmi eux, un certain Cédric Bakambu…

C’est une histoire qui illustre la confusion qui règne dans un des plus grands clubs du monde. Dans un contexte de campagne électorale (les élections auront lieu en principe à l’été 2021), de fin de cycle (Lionel Messi, Luis Suarez, Gerard Piqué, Sergio Busquets, les derniers piliers du grand Barça, sont largement trentenaires) et de crise d’identité, le navire barcelonais a fortement tangué en cette fin du mois de janvier 2020.

Déjà fragilisé par les trois éliminations concédées les deux années précédentes – face à la Roma en quarts de finale de Ligue des champions 2018, face à Liverpool en demi-finales l’édition 2019, puis en finale de la Coupe du Roi 2019 face à Valence – mais aussi par son manque d’orthodoxie dans l’application des principes du jeu propres au Camp Nou, l’entraîneur Ernesto Valverde a été limogé après la sortie prématurée du Barça en demi-finales de la Supercoupe d’Espagne, le 9 janvier dernier face à l’Atletico Madrid.

Dans la foulée, on apprenait que Luis Suarez, auteur de 14 buts depuis le début de saison (toutes compétitions confondues) mais handicapé par une blessure au genou droit, allait subir une opération au ménisque lui imposant quatre mois de repos…

Abidal fait feu de tout bois

Une bien mauvaise nouvelle pour le nouvel entraîneur Quique Setién, bien décidé à rendre au Barça son jeu de possession traditionnel mais fragilisé par l’accueil plutôt frais de son vestiaire et par des premières prestations décevantes. Il n’en fallait pas plus pour que la direction sportive du club, avec à sa tête un Eric Abidal de plus en plus controversé, se mette en quête d’un avant-centre avant la clôture du mercato d’hiver.

Il est vrai que le Français ne s’était pas illustré dans sa gestion du remplacement de Valverde. Avant de se décider pour Quique Setién, qui gardait ses vaches dans sa Cantabrie natale depuis son départ du Betis Séville, Abidal avait tenté sans succès d’attirer d’autres entraîneurs plus prestigieux, dont Xavi et Ronald Koeman…

Sa recherche d’un avant-centre ne s’est pas révélée plus inspirée. Il faut dire que la mission était presque impossible, puisqu’il fallait trouver un joueur de qualité – pas question de renouveler l’expérience du Ghanéen Kevin Prince Boateng, venu dépanner au mercato 2019 pour un bilan très mitigé – bon marché ou, mieux encore, sous forme de prêt sans obligation d’achat. Des conditions qui ont conduit à l’échec des discussions avec l’attaquant espagnol Rodrigo, que Valence voulait monnayer correctement. Pierre-Emerick Aubameyang et quelques autres ont également été fugacement évoqués du côté du Camp Nou…

Bakambu s’est-il emballé ?

Bien décidé à tout tenter, Eric Abidal a multiplié les contacts pour tenter de trouver l’introuvable. A-t-il imaginé que Cédric Bakambu pourrait faire l’affaire ? L’attaquant de RDC possède certes quelques atouts en sa faveur. A 28 ans, le joueur formé à Sochaux connaît le Championnat d’Espagne, puisqu’il a évolué deux ans et demi à Villarreal inscrivant 31 but en 75 matches de Liga. Né à Ivry, il possède la nationalité française. Et son transfert au mercato hivernal 2018 avait défrayé la chronique, le club Beijing Sinobo Guoan ayant déboursé 40 M€ pour l’attirer au championnat chinois, où il a inscrit depuis 29 buts en 39 matches.

Un profil assez séduisant aux yeux d’Eric Abidal, qui dans la folie des derniers jours de mercato l’appelle pour s’enquérir de sa disponibilité alors que le « Léopard » prépare la saison en Corée du Sud. Que se sont-ils dit exactement ? Eux seuls le savent. Toujours est-il que, encouragé par cet appel et par le feu vert donné par le président du club chinois, prêt à accepter les conditions barcelonaises, et par son directeur sportif Bruno Génésio, Cédric Bakambu quitte précipitamment ses coéquipiers pour se rendre à Barcelone et boucler un transfert qui le fait rêver.

Eric Abidal en a-t-il trop dit ? Ou le joueur s’est-il trop emballé ? Toujours est-il qu’à Barcelone, l’option Bakambu n’est validée ni par la direction du club ni par le staff technique. Et le club de préciser qu’il n’a jamais validé un tel transfert. Eric Abidal finit donc par contacter le joueur congolais alors qu’il fait escale à Hong Kong pour lui demander de rebrousser chemin, n’étant plus le bienvenu dans la capitale catalane… Un bien triste dénouement pour lui et un ratage de plus pour un Barça qui décidément connaît des déboires à répétition sur le marché des transferts…

Et Cédric Bakambu dans tout ça ? Il a préféré en rire, comme l’illustre cet échange savoureux avec le site spécialisé en transfert, Transfermarkt…