Pratique sportive chez les femmes: La hantise de la silhouette, du pépin physique et du fun




eunes filles et dames fréquentent de plus en plus les parcours sportifs et salles de gymnastique. Si, pour certaines, des raisons sanitaires expliquent cette pratique, d’autres y voient une manière de dégraisser et d’affiner leur silhouette.

Bien à l’aise sur une chaise posée au coin d’une salle de sport à Thiaroye, les yeux derrière des lunettes et coiffée d’un foulard noir, une dame semble bien occupée. Sur sa table est exposé tout un arsenal de nettoiement : deux seaux de couleur mauve, des bouteilles d’eau, des gels antiseptiques et des rouleaux de mouchoirs. La main à l’intérieur d’une petite sacoche noire, elle sort une pièce de 250 francs, monnaie qu’elle devait à un jeune homme, visage ruisselant de sueur, muscles saillants, maillot trempé. Sur un fond musical, des hommes s’épuisent sur un tapis glissant. Retranchés dans un coin, trois garçons, biceps secs et débordants, jaugent des poids de 15 à 25 kilos. Après cet exercice, ils travaillent les épaules sous une barre flexible.

À l’opposé, une femme, en tenue moulante qui met en évidence une silhouette bien affinée, est couchée sur un tapis vert travaillant les abdominaux avec les consignes du moniteur ; tantôt elle se met à dos tantôt à plat ventre. Coquette malgré la sueur qui dégouline, Marième fréquente les salles de fitness depuis quatre mois. Elle fait au minimum trois séances par semaine. «J’aime bien le sport. Après un petit footing à l’intérieur du camp militaire de Thiaroye, je travaille les abdominaux pour préserver ma santé et éviter que le ventre ne pousse», dit-elle, debout à la porte de la salle.

Vieillesse précoce

Astou Lam, qui approche la trentaine, porte un blouson. La tenue lui colle à la peau. Avec ses baskets, elle fait le tour du terrain de Basket du centre polyvalent de Thiaroye. Après quelques foulées légères, elle rejoint des copines déjà en séance de travail à l’intérieur de la salle de fitness. Au début, c’était juste un effet de mode, se plaisant à accompagner ses amies de temps en temps sans conviction. Au fil du temps, elle a chopé le virus, d’abord pour des «raisons sanitaires», ensuite pour le simple plaisir de le faire. Parmi les moniteurs de cette salle de sport, un monsieur en débardeur rouge et culotte noire, corde à la main. À l’en croire, les femmes s’attachent de plus en plus au sport. «On peut en accueillir entre neuf et dix par semaine. Nous avons même des abonnées alors qu’il y a quelques années c’était la chasse gardée des homme», renseigne-t-il.

«Je fais du sport pour dégraisser. Je me sentais trop lourde. Ainsi, j’ai décidé de faire quelques minutes de footing et de marche entre 17 heures et 18 heures», dit Binta Wagne, trouvée en train de suivre une partie de Basket après l’habituelle séance sportive. Elle est prête à «suer tous les soirs pour ne pas paraître grosse aux yeux des autres». L’autre «hantise», confie-t-elle, est le vieillissement précoce que redoute tant cette liane de 33 ans. Le sport est donc pour elle une fontaine de jouvence. «On mange mal. Il est conseillé de faire du sport régulièrement pour garder la forme, ne pas vieillir», ajoute Binta.

Une fontaine de jouvence

C’est pour ne plus souffrir des moqueries que Marianne Diouf s’est inscrite dans une salle de gymnastique. Pour aplatir un ventre proéminent, elle ne néglige jamais ses séances d’au moins 45 minutes. «Je ne veux plus être traitée d’obèse par des railleurs. Mon défi est de faire au moins quatre séances par semaine», assure-t-elle, d’un fou rire, attendant impatiemment une amie non loin du Cem Thiaroye 2. Habitant à Mbao, l’agent commercial de 32 ans, Adama Faye, est une habituée des salles de gymnastique pour son «bien-être physique et mental». «Cela fait plus d’une année que je fais du sport. Cela m’a permis de me sentir bien dans mon corps et dans ma tête. Au début, quand je voyais de jeunes femmes avec une belle silhouette sur Instagram, j’avais vraiment envie de leur ressembler. Ainsi, je me suis inscrite en salle car je n’aime pas courir seule. Actuellement, il y a autant de garçons que de filles», s’enthousiasme-t-elle.

Sylvie Diagne, bien sur ses jambes de quinquagénaire, est aussi férue de sport. Elle s’entretient depuis plus de 20 ans pour, sous le ton de la boutade, «rester aussi jeune que son mari qui pourrait être tentée d’aller voir ailleurs». D’ailleurs, elle n’aime pas s’accompagner de ce dernier à cause de la pléthore de filles sur la corniche. «J’ai l’impression qu’elles le font juste pour le fun et peut-être bien aussi pour attirer dans leurs filets les petits dragueurs. Parole d’une expérimentée !




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