Sur les traces de … Moussa Mbengue : Le double champion du monde ne pêche plus que pour le loisir




Champion du monde de pêche sportive en 2002 et en 2003 avec l’équipe du Sénégal, Moussa Mbengue se considère aujourd’hui comme «un jeune retraité». Pour avoir fait ses preuves sur toutes les mers du monde, ce Lébou du Plateau estime n’avoir plus rien à prouver. Alors, s’il prend le large, c’est par passion et pour son plaisir.

Comme tout élève, Moussa Mbengue a tâté différentes disciplines sportives en cours d’Eps à l’école Libération de Dakar. «Mais j’ai toujours été accro à la pêche», dit-il aujourd’hui. Très jeune donc, avec ses amis de la Cité Port, lui le Lébou de Kaye Findiw, au cœur du Plateau, ne ratait aucune occasion d’embarquer à bord de pirogues à côté de pêcheurs chevronnés. Auprès d’eux, il a appris «la patience et la croyance» (sic) qu’il considère comme les deux atouts principaux d’un pêcheur sportif. La pêche peut-elle d’ailleurs être sportive ? se sont souvent demandés des non-initiés. La réponse de Moussa Mbengue tombe nette, sous forme d’une … question : «si affronter, en station debout, un poisson de 300 à 500 kg avec un fil de 25 kg pendant 4 voire 8 heures, ce n’est pas du sport, c’est quoi alors un sport ?» En tout cas, il se dit prêt à refiler une canne et une moulinette à qui voudrait s’y coller pour voir s’il s’en sortira aussi bien que lui.

Car Moussa Mbengue a été deux fois champion du monde de pêche sportive, avec l’équipe du Sénégal en 2002 en Espagne et en 2003 à Dakar. Mordu de pêche, il dit avoir toujours œuvré à donner le meilleur de lui-même «et à être meilleur que les autres», comme dans tout ce qu’il entreprend. Et ne croyez surtout pas que la pêche sportive est un sport de riche. «Je ne suis pas né avec une cuillère d’argent ou d’or dans la bouche. Mon père possédait certes une voiture, mais il n’était pas millionnaire. Moi, j’ai juste eu la chance de tomber sur des passionnés comme Cyril Calendini et feu Abdoulaye Kébé (avec qui il a été double champion du monde en plus de Bertrand Vachette Ndlr) qui, voyant un réel potentiel en moi, m’ont aidé et tout appris», témoigne-t-il.

Champion du Sénégal plus de dix fois, Moussa Mbengue dit «avoir pêché dans toutes les mers du monde». Parce que dans le milieu plus ou moins fermé de la pêche sportive mondiale, tout le monde se connaît. «Donc on invite et l’on se fait inviter pour échanger et nous enrichir les uns les autres de nos différentes façons de faire», annonce-t-il. Ainsi, lors du championnat du monde de 2002 en Espagne, ce Lébou du Plateau et ses coéquipiers de l’équipe nationale, confrontés à une forme de pêche qu’ils ne connaissaient pas trop (la pêche au thon), avaient appris vite et bien afin de s’imposer. «La prise d’informations, c’est le nerf de la guerre en pêche sportive», se permet-il même de philosopher, à partir de sa propre expérience.

Un an plus tard, dans les eaux sénégalaises qu’il considère comme «La Mecque de l’espadon voilier», lui et ses compatriotes avaient fait valoir leur connaissance du milieu pour réussir la passe de deux. Moussa Mbengue qui compte à son actif «12 records du monde et plus de 50 records nationaux» se considère, à 49 ans, comme un «jeune retraité de la pêche sportive». Il estime n’avoir «plus rien à prouver» et pêche désormais pour son plaisir, pour le loisir. Sinon, juste pour honorer de sa présence quelques rendez-vous comme le championnat international de Douala au Cameroun qu’avec son complice Cyril Calendini, il a remporté deux ans de suite. Puisque la dernière grande compétition à laquelle il a pris part s’était déroulée à Lobito, en Angola, en mars-avril 2015 (24ème championnats du monde des Nations Big Game). Mais, s’empresse-t-il d’ajouter : «je pêcherai toute ma vie».

En fait, son travail dans l’hôtellerie lui prend beaucoup de temps et en plus, «la rareté du poisson dans les eaux sénégalaises» fait que ses sorties en mer sont de plus en plus rares. Mais, à chaque fois que possible, «une ou deux fois par an», il prend le large et surtout pour la bonne cause avec son acolyte, Cyril Calendini. Car si la pêche sportive privilégie la relâche des poissons capturés (pour participer à la préservation de la ressource halieutique), il arrive que les très grosses prises soient remontées. Essentiellement pour témoigner de la performance sportive, mais «jamais pour notre consommation personnelle», tient-il à souligner. Tout ce qui est ramené à terre est, en effet, offert à des orphelinats ou à des prisons.
Moussa Mbengue a donc ferraillé avec les espèces halieutiques les plus redoutables de toutes les mers du monde et avec bonheur pendant trente ans. Le gamin passionné de pêche a fait bien du chemin. Il est devenu un ténor de la pêche sportive. Sa «retraite» n’est une bonne nouvelle que pour les poissons…




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