Immolation de Lyco par le feu : sa famille rejette la thèse du suicide




Le jeune sénégalais mort au Maroc ce samedi dernier par immolation suscite interrogations et questions. Selon des membres de l’entourage du défunt (parents et anciens camarades), Amath Coly, 37 ans, ne présentait aucun signe suicidaire ou de folie avant son départ pour le royaume chérifien. D’où leur scepticisme à croire à une «quelconque thèse de  suicide par immolation brandie par la Police marocaine.

Ahmet Coly, âgé de 37 ans et résidant au Maroc se serait suicidé en s’immolant par le feu. Le drame a eu lieu dans son appartement à Salé, une ville non loin de Rabat, la capitale marocaine. Le compatriote séjournait au Royaume Chérifien depuis un an. Les raisons de son mobile sont inconnues. Rewmi Quotidien est allé faire un tour chez la famille du défunt Coly résidant au quartier Arafat de Rufisque. Tristesse et interrogations sont les sentiments les plus partagés, dans cette famille réputée très discrète et pieuse. Mais depuis l’annonce de la mort du membre de cette famille dans le royaume Chérifien ce samedi et largement relayée par de nombreux sites d’informations, la maison de feu Amath Coly ne désemplit pas de parents, voisins et simples curieux venus s’enquérir de la véracité de l’information. Et il nous revient de sources diverses et concordantes, effectivement Amath Coly aurait été trouvé la mort, complétement calciné dans sa chambre. Et d’après toujours nos interlocuteurs, le drame aurait eu lieu dans son appartement à Salé, une ville non loin de la capitale, Rabat. Pour l’heure, les raisons de son décès ne sont pas encore connues. Mais la police marocaine a ouvert une enquête pour tenter d’éclaircir les circonstances de sa mort.

Amath était pieux et sans antécédent de folie 

Cependant, des membres de la famille Coly interrogés par nos soins, déclarent : « rien, absolument rien, ne pourrait montrer ou justifier cette thèse du suicide, de surcroit de l’immolation par le feu de leur fils».

Selon toujours cette famille complètement éplorée et abattue par cette triste nouvelle, « Amath était un jeune très bien éduquée, pieux et sans antécédent de folie». Un garçon sans histoire qui était parti au Maroc, tenté l’aventure pour subvenir aux besoins de sa famille, après le départ de son père à la retraite. Pour Daouda Niang, un voisin et ami du défunt, «c’est seulement ce 22 juin dernier qu’il a eu des échanges par whatsapp avec Ahmed et il n’arrêtait pas de l’encourager, à tenir le coup (dina bakh !). Et pour ce jeune journaliste qui considérait Lyco (Coly), comme son ancien mentor à l’université de Dakar, le disparu «était un homme extrêmement équilibré et disponible». Se rappelant de ses premiers moments au campus universitaire, Daouda Niang remercie fortement Coly, pour lui avoir permis d’obtenir une chambre à l’université Dakar ».  Mieux, le défunt a également «encadré de nombreux autres Rufisquois ».

Son Bac S1, en poche, Coly fut le président des élèves et étudiants de Rufisque

Même son de cloche du coté de Badou Diack, un autre ancien étudiant Rufisquois et ancien président de l’AEER (association des Etudiants et Elèves ressortissant de Rufisque à Dakar. «Lyco avait la joie de vivre. C’était un homme disponible et engagé. Il m’avait succédé à la tète de l’association de l’AEER et il fut un travail remarquable pour tous les étudiants de Rufisque de l’époque. Il est titulaire d’un Bac S1 obtenu au Lycée Abdoulaye Sadji. Coly était membre du bureau exécutif de l’association de l’AEER », confie Badou Diack. Il ajoute : « son sérieux et son engagement avaient poussé le bureau exécutif à lui confier les Affaires sociales en chargé de l’hébergement, de la restauration et des bourses de ses membres. Et après le départ de Diack, c’est lui qui hérita des rênes de l’Association de 2009 à 2011 jusqu’à l’obtention de son Master avant d’aller faire une formation professionnelle. Mais pour Badou Diack, «Lyco était un homme intelligent qui tenait à sa réussite, à la vie. Par conséquent, je ne lui connais aucun penchant suicidaire. C’était un syndicaliste avéré, un homme fort mentalement et je ne vois dans ce bas monde, aucun événement ou motif valable qui l’aurait poussé à abréger sa vie. Lyco est un guerrier, un vrai guerrier», ressasse-t-il.

Selon toujours Badou Diack, Amath Coly, malgré son adresse Rufisquoise, a intégré le groupe estudiantin « Kekendo », qui signifie en diola : « l’homme courageux capable d’affronter toutes les situations, toutes les difficultés de la vie… »

« Lyco était membre de « Kekendo à l’Ucad »

Ce témoignage de Badou Diack et des anciens étudiants Rufisquois sont corroborés par ses amis du Kekendo et les étudiants d’origine Casamançaise. Selon l’un d’eux, Fadel Touré, « il est très difficile d’accepter la perte d’un proche surtout d’un jeune positif comme Amath». Poursuivant, Touré confirme qu’effectivement il était membre du Kekendo et qu’il s’était fait  remarqué par son courage et sa disponibilité.

« Rien ne montrait que c’était un homme fragile ou déséquilibré. Ses parents et amis doivent exiger toute la lumière et que la justice soit rendue à leur frère », tonne-t-il.

Ils tous sont persuadés que la thése du suicide est erronée et la seule chose qu’ils réclament est la manifestation de la vérité. Et, à ce titre les autorités consulaires et l’Etat du Sénégal sont interpellés.

Djiby GUISSE